Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Œuvre singulière de Marcel Pagnol, "Cigalon" raconte l’histoire d’un cuisinier orgueilleux refusant de servir ses clients dans un petit village provençal. Portée par l’exubérance d’Alexandre Arnaudy, cette comédie restaurée en 4K mêle humour grinçant, joutes verbales et satire des travers humains. Un délice à (re)découvrir en salle.
Film de Noël méconnu de Marcel Pagnol, "Merlusse" explore la solitude et la bienveillance dans un internat marseillais vidé pour les fêtes. Entre huis clos intimiste, dialogues ciselés et chaleur humaine, Pagnol livre un hommage touchant aux figures éducatives de l’ombre. Restauré en 4K, ce récit sobre et profond mérite une nouvelle attention.
Dans le dernier volet de la trilogie d’Oslo, "Désir", Dag Johan Haugerud poursuit avec délice et subtile ironie sa réflexion passionnante sur les ambiguïtés du désir et de l’amour. Surtout ici, il explore avec délicatesse des hommes "post #MeToo" en quête d’eux-mêmes, refusant les étiquettes simplistes.
Avec Rêves, troisième opus d'une subtile Trilogie d'Oslo à l'atmosphère profondément bergmanienne, Dag Johan Haugerud signe une œuvre cérébrale et envoûtante où s'entrelacent, dans un même élan vital, l'éveil du désir amoureux et la pulsion d'écriture.
Après des années d’échecs et de tentatives ratées, Les 4 Fantastiques signent un retour inattendu dans un MCU en perte de vitesse. Porté par une direction artistique audacieuse et un ton plus sombre, "Premiers Pas" surprend par sa maturité, malgré des faiblesses scénaristiques et un antagoniste peu inspiré. Un film qui tente autre chose… sans totalement convaincre.
Dans un premier long métrage sensible et prenant Aux Jours qui viennent sur les violences intra-familiales, Nathalie Najem s'interroge sur les vies blessée et construit en vérité le portrait ambivalent d'un homme drogué, torturé, en manque de tout ( Bastien Bouillon), inapte à la vie.
Sélectionné à Cannes 2025, le premier long-métrage de Prïncia Car explore avec sensibilité et audace les relations affectives d’une jeunesse marseillaise désorientée, prise entre pulsions, patriarcat et quête de liberté. Carmen et Yasmine s’imposent peu à peu comme figures d’émancipation dans un récit féministe vibrant, porté par une mise en scène solaire, une bande originale marquante et une interprétation souvent improvisée.
Avec "Eddington", Ari Aster délaisse l’horreur pure pour une fresque politique audacieuse et clivante. Entre satire de l’Amérique trumpiste, tensions sociales, et chaos narratif, le film divise autant qu’il intrigue. Ambitieux mais inégal, ce long-métrage présenté à Cannes déstabilise par ses choix radicaux, tout en confirmant le talent de son réalisateur.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.