Les 4 Fantastiques : Premiers Pas – un bon de géant pour le MCU ?

Après deux essais non transformés, Les 4 Fantastiques reviennent au cinéma. Si le monde se souvient encore des deux opus sortis en 2005 et 2007, l’humanité a préféré oublier le naufrage absolu de 2015. Saboté de toutes parts par les producteurs, le film de Josh Trank a laissé la famille de super-héros sur la touche pendant dix ans. Les faire revenir dans un MCU à moitié enterré n’augurait rien de bon. Jamais deux sans trois ? Pas vraiment. Les 4 Fantastiques : Premiers pas parviennent à surprendre, malgré les contraintes imposées par Marvel.

Secret Wars chez Marvel

À deux films d’Avengers : Infinity War, tout était prêt. Héros en place, gemmes soigneusement disposées. Un arc clair, tendu comme une ligne d’arrivée qu’on voyait venir depuis des années. Les Avengers entraient en scène avec cohérence, un par un. En 2018, le public exultait : dix ans de montée en puissance offraient enfin leur feu d’artifice. Aujourd’hui, nous voilà à deux films d’Avengers : Doomsday. Et encore, on nous annonce un Spider-Man 4 plus terre à terre.

Disons-le franchement : c’est ici que le dernier maillon vraiment crucial se pose. Mais rien ne va. Rien ne tient. Doom ? Personne n’en a entendu parler. Thanos, lui, planait déjà dès le premier Avengers, comme une ombre portée sur toute la saga. Doomsday ? Toujours en cours d’écriture, au beau milieu d’un tournage censé accoucher d’un film pour fin 2026. Et Kang, le méchant supposé régner sur l’arc du multivers ? Poutré par des fourmis. Voilà. Les 4 Fantastiques : Premiers pas sort donc dans un mélange d’inquiétude et d’enthousiasme. Nous sommes inquiets pour toutes les raisons du monde. On nous annonce Galactus en antagoniste principal, réveillant aussitôt les traumatismes laissés par Le Surfeur d’Argent, en 2007.

Mais surtout, le projet arrive après une longue procession de films et de séries tièdes, médiocres dans le pire des cas, à peine corrects dans le meilleur. Un soupir de soulagement s’échappe pourtant à l’annonce du départ de Jon Watts, réalisateur initial, remplacé par Matt Shakman, infiniment plus inspiré. Puis, de fil en aiguille, les bonnes nouvelles s’enchaînent : casting impeccable, direction artistique rétro-futuriste, univers parallèle… Le film commence à ressembler à un véritable OVNI dans son propre univers. Et à la sortie, tout va bien… ou presque.

Les 4 Fantastiques : Un nouvel Espoir

On s’attend à plein de choses en lançant un Marvel. La dose réglementaire d’effets visuels un peu moches, la vanne forcée toutes les 30 secondes, et les scènes d’action qui font le grand écart entre le spectaculaire et le gênant, selon que le réal sache où mettre sa caméra ou non. La formule, elle est là, bien grasse, bien rôdée, et surtout jamais remise en question. Alors forcément, quand un film prend le risque de faire autre chose — de ralentir, de s’intéresser à ses personnages plutôt qu’à la prochaine baston intergalactique — certains crient à la trahison. Les Éternels s’est pris ça en pleine tête. Mais ici, l’avantage, c’est que nos héros, on les connaît.

Et d’ailleurs, difficile de ne pas penser au Superman de James Gunn, sorti quelques semaines plus tôt. Deux nouveaux films qui zappent volontairement l’origin story. En 2025, tout le monde connaît Clark Kent. Tout le monde connaît Reed Richards ou Johnny Storm.
Dans un film comme dans l’autre, les protagonistes sont déjà en place et opérationnels. On apprécie d’entrée de jeu l’idée. D’autant que, pour une fois, l’histoire se concentre vraiment sur cette famille, plutôt que sur une avalanche de bastons qu’on a vu par centaines. Très vite, on comprend : Les 4 Fantastiques : Premiers pas ne joue pas la carte Marvel habituelle.

Le ton est plus grave, plus rugueux. Dix minutes peuvent passer sans qu’une seule vanne ne vienne désamorcer la tension. Et ça fait du bien. La direction artistique est léchée, et certains effets visuels ont même le luxe rare d’être vraiment saisissants. On repense alors au très sympathique Thunderbolts*, qui, lui aussi, avait laissé tomber le grand spectacle pour parler de choses plus lourdes — la dépression, l’abandon, les cicatrices invisibles. Une démarche qui pourrait se poursuivre jusqu’à Spider-Man : Brand New Day, avec un Peter plus seul que jamais. Et pour la première fois depuis longtemps, il y a une vraie tension, une vraie urgence dans ce qu’on nous raconte. Galactus débarque, immense, écrasant, presque abstrait dans sa toute-puissance. Il incarne des dilemmes moraux costauds, qu’on évacue parfois un peu vite à coups de « pouvoir de l’amitié », mais l’intention est là, et elle fait mouche. Ajoutez-y la superbe partition de Michael Giacchino, et on obtient un joli mélange !

La formule est un peu là quand même

Tout n’est pas parfait, loin de là. On commence déjà par se poser la question : quel est le vrai intérêt de ce film dans le MCU ? Spoiler : aucun, si ce n’est pour nous présenter la famille. L’avantage, c’est que sur tous les nouveaux Avengers qu’on nous a servis depuis Endgame, ce sont, de très loin, ceux qu’on a vraiment envie de retrouver l’année prochaine. On regrettera, en revanche, l’absence de personnages secondaires un tant soit peu intéressants. La Surfeuse d’Argent est présente, mais on nous ressert exactement le même schéma qu’en 2007. Quant à Galactus… c’est le grand méchant. Point.

En 2025, on en est encore à se coltiner des vilains qui rigolent en balançant des punchlines type : « Misérables vermines, je vais vous exterminer. » (vraie phrase du film). Et là où Les Éternels savait magnifier chaque affrontement — merci Chloé Zhao, qui offrait à chaque pouvoir une vraie présence visuelle — ici, c’est beaucoup plus terne. À part Johnny, il faut attendre l’ultime baston pour voir enfin nos héros déployer vraiment leurs capacités. Et le résultat… n’est pas à la hauteur. Cette famille soudée ne coopère quasiment jamais dans l’action. La complémentarité — pourtant évidente, pourtant promise — reste lettre morte. On ne demandait pas au film de jouer dans la même cour que Les Indestructibles, mais quand même. Et, à la fin, on est presque au même stade, si ce n’est qu’un bébé est officiellement de la partie et qu’il sera certainement essentiel à Avengers : Doomsday… si tant est que le studio n’ait pas changé d’avis d’ici là.

Les 4 Fantastiques : Premiers Pas – bande-annonce

Les 4 Fantastiques : Premiers Pas – fiche technique

Titre original : The Fantastic Four: First Steps
Réalisation : Matt Shakman
Scénario : Josh Friedman, Eric Pearson, Jeff Kaplan et Ian Springer, d’après une histoire d’Eric Pearson, Jeff Kaplan, Ian Springer et Kat Wood, d’après les Quatre Fantastiques créés par Stan Lee et Jack Kirby
Interprètes : Pedro Pascal, Vanessa Kirby, Joseph Quinn, Ebon Moss-Bachrach, Ralph Ineson, Julia Garner, Paul Walter Hauser, John Malkovich, Natasha Lyonne, Sarah Niles
Image : Jess Hall
Décors : Kasra Farahani
Costumes : Alexandra Byrne
Montage : Nona Khodai, Tim Roche
Musique : Michael Giacchino
Producteur : Kevin Feige
Coproducteur : Mitchell Bell
Production exécutive : Grant Curtis, Louis D’Esposito, Tim Lewis et Robert Kulzer
Société de production : Marvel Studio, 20th Century Studios
Pays de production :  États-Unis
Distribution France : Walt Disney Studios Motion Pictures
Durée : 1h55
Genre : Science-fiction, Fantastique, Action, Aventure
Date de sortie : 23 juillet 2025

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3.5

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Dimitri Redierhttps://www.lemagducine.fr/
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