Envie de chaos libidinal pendant douze heures dans une Amérique sous couvre-feu sentimental ? Le nouveau Will Gluck (Easy A, Tout sauf toi) propose plutôt un téléfilm sagement filmé, où même Monica Barbaro et Callum Turner peinent à faire des étincelles.
"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.
Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Ken Loach et son scénariste Paul Laverty continuent de dresser le portrait de la société britannique en racontant l'histoire des Turner, famille pauvre de Newcastle dont le père fait le « choix » de travailler pour une plate-forme de livraison afin de parvenir à joindre les deux bouts. Si le scénario est démonstratif et insistant, Sorry We Missed You n'en révèle moins efficacement les conséquences destructrices d'une ubérisation dont la modernité apparente cache encore trop souvent la réalité des travailleurs qui la subissent.
Les Chasses du Comte Zaroff ou l'un des tout premiers films d'aventures doublé d'un fantastique travail sur la photographie. Un joyau des années 30 fortement marqué par le cinéma expressionniste.
Premier chef-d'œuvre signé Mankiewicz, L'Aventure de Mme Muir mélange l’ironie subtile et le romanesque désenchanté afin de magnifier la rêverie mélancolique. Un film précieux et inclassable.
Avec Au Bout du monde, Kiyoshi Kurosawa renoue avec une forme plus classique de son cinéma, un cinéma délicat dont la peur est toujours au centre de son dispositif. Cette fois-ci, les fantômes rongent la protagoniste de l’intérieur .
Alice et le maire de Nicolas Pariser est un très beau film, qui par sa qualité à observer les détails de la vie politique, arrive à faire se télescoper deux notions : celle de la pensée et celle du mouvement.
Alejandra Marquez Abella réalise avec la bonne réputation un film plutôt subtil, faussement dépassionné, mais vibrant au contraire d’un maelström de sentiments violents d’orgueil et de condescendance, d’une conscience de classe que le temps n’a pas diminuée d’un iota dans un Mexique arc-bouté sur ses valeurs archaïques
Sur le papier, difficile de rester insensible à la proposition de Queens qui troque les gangsters habillés en costume 3 pièces de Scorsese pour les charmes d'une Jennifer Lopez grimée en matriarche/strip-teaseuse qui va réussir à écumer les poches des cols blancs de Wall Street, le tout dans un divertissent solide et bien troussé.
Le film préféré est le fétiche ultime, le souvenir inoxydable, le bonheur inattaquable. Comment écrire sur toute autre oeuvre sans avoir laissé une trace de notre amour pour celui-ci ? Retour vagabond sur le poème blessé qu'est Boy Meets Girl, de Leos Carax.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »