Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Pour un premier long métrage, Ceux qui travaillent d'Antoine Russbach est un film déjà maîtrisé, bourré d’intelligence sur le monde cynique d’une certaine forme de travail qui ne répond qu’aux exigences du libéralisme et qui ne se soucie pas de l’humain.
Durant son cycle sur l'enfance au cinéma, Le Magduciné a interrogé sa rédaction pour découvrir les secrets d'enfants de certains rédacteurs. Quels films les ont marqués et ont construit leur goût pour le septième art ? La rédaction se livre sur ses souvenirs d'enfance au cinéma à travers certains incontournables comme Wall-E, Batman, Blanche-Neige ou encore Harry Potter.
Peu de cinéastes ont constamment et amoureusement filmé l’enfance comme le japonais Hirokazu Kore-Eda. Retour sur son traitement empathique et sensible du sujet de l’enfance ancrée dans une cellule familiale qui est primordiale chez lui.
Le teenage-movie, ce genre souvent sous-estimé par la critique mais adulé par son fidèle public. Pas seulement destiné aux adolescents, le teen-movie marque la fin de l'enfance au cinéma et dépeint le passage à l'âge adulte. Retour sur l'évolution du genre, des films cultes aux plus récents.
Moment de cinéma jouissif et biberonné à l'âge d'or particulier de tous les genres qu'il brasse avec amusement et ingéniosité, Bacurau est un cri de résistance sociétal primordial qui n'en oublie pour autant jamais l'aspect spectaculaire.
Parmi les nombreux films mettant les enfants sur le devant de la scène, peu sont aussi marquants et éblouissants que Les Enfants de la crise de William A. Wellman, sorti en 1933. Et c’est toute l’histoire de la Grande Dépression qui se cristallise dans ce trio mémorable d’adolescents en perdition.
Pialat y tient : du réalisme certes, mais né d'un scénario écrit bien en amont, très documenté et criant de vérité. Pourtant, pour le cinéaste, il s'agissait presque du contraire de ce « cinéma-vérité » qui renversait les genres les uns après les autres en sortant des studios et des scripts de papa. Ainsi comme on reconnaît parfois les grandes décorations à ceux et celles qui les refusent, le film ne marche pas en salles. Trop cru, direct et franc du collier, il ne nie rien des obscurités de l'enfance quand on la bascule trop près des bords.
En ouverture du festival du film américain de Deauville, Un jour de pluie à New-York est un beau film de Woody Allen comme il n’en n’a plus réalisé sans doute depuis Blue Jasmine. Tourné dans la tourmente de ses démêlés judiciaires avec Amazon, le film est pourtant drôle et romantique à souhait.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.