Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Durant son cycle sur la représentation du mal au cinéma, LeMagduciné fait un petit détour en 1996 (sortie française) et s'arrête dans les contrées tumultueuses de Seven de David Fincher. Une oeuvre comprenant en son sein l'une des figures les plus terrifiantes vues au cinéma lors de ces 25 dernières années : John Doe.
Avec L’Adieu, Lulu Wang nous propose une douce comédie dramatique sur la famille et le deuil, qui en dépit de son très bon casting (excellentes Awkwafina et Zhao Shuzhen), ne trouve jamais le ressort suffisant pour faire surgir son émotion.
Même en n’ayant pas vu les autres adaptations de ce classique, on peut craindre la naphtaline et les petites maisons dans la prairie, rien qu’avec avec ce titre : Les Filles du Docteur March. Pourtant, la cinéaste américaine Greta Gerwig réussit la gageure de réaliser un film étonnamment moderne, en plus d’être beau.
La figure du pasteur dans La Nuit du chasseur (Charles Laughton, 1955) est une figure mythique parmi les représentations du mal au cinéma. Il est le mal absolu en apparence opposé à des enfants dont la pureté serait totale (pensons à la petite «perle »). Son analyse renforce cette idée, plaçant le film au panthéon du cinéma et entrainant pléthore d’études à son sujet. Proposons-en une de plus.
La traversée de la Mer Rouge, la mort qui vient faucher les premiers-nés d’Egypte, le Veau d’Or : autant de scènes qui ont laissé une trace indélébile dans l’histoire du 7ème art. Ultime film de Cecil B. DeMille, Les Dix Commandements est une œuvre majeure.
Dans le ventre de la Chine, des paysages de ruelles crasseuses, d'arrière salles où une superbe photo matérialise une dépression collective, la poésie, fille de l’abstraction, perle à travers une fine couche de nuages. La rencontre dans une gare des deux protagonistes, un soir de pluie, donne le ton d'un récit structurellement dépaysant, bien que nourri de polars occidentaux: Diao Yinan est lui aussi hanté d'obsessions, d'images et de gestes des films des années 40 et 50 qui nourrissent ce Lac aux oies sauvages d'atmosphères étalant sa mise en scène dans de grandes nappes aussi contemplatives qu'envoûtantes.
Avec son dernier film Play, co-écrit avec Max Boublil, Anthony Marciano nous invite, dans un kaléidoscope d’images qui sent bon la nostalgie, à faire un retour vers le passé et nous offrir une comédie romantique qui effleure avec passion le temps qui passe et les effluves libertaires de la jeunesse.
L'année 2019 s'achève bientôt et c'est l'heure pour la rédaction de donner sa liste des meilleurs films de cette année cinématographique ; une année 2019 qui aura eu son lot de surprises, de chocs visuels et d'éblouissement narratif. Alors qui sera le meilleur film 2019 selon notre rédaction? Bonne lecture à vous.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.