Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
La France n'est plus le pays sage et démocratique qu'elle fut jadis. En 2019, les Champs-Élysées redeviennent théâtre de violences dignes de la révolution française. Un documentaire qui retrace cette montée et cette légitimation de la violence au cours des manifestations entre gilets jaunes et forces de l'ordre qui ont eu lieu en 2019.
Si la zombie apocalypse constitue une catégorie particulière de représentation de la fin du monde, ce n’est pas tant à cause du phénomène à l’origine de la résurrection des morts – expliquée de diverses manières dans les nombreuses fictions se réclamant du genre – mais par le miroir hideux qu’il tend à nous autres, êtres humains.
Utilisant un matériau mythologique pour Ondine, son dernier film, l’Allemand Christian Petzold raconte sur fond d’eau le récit d’une passion amoureuse complexe, métaphorique, ainsi que son amour pour sa ville, Berlin. Une direction double qui amène la distraction et affaiblit les propos d’un métrage pourtant remarquable.
Adapté d'un roman de Michael Crichton, Le Mystère Andromède est un thriller scientifique minimaliste. Ici, les héros sont des scientifiques ordinaires enfermés dans un laboratoire secret et qui tentent de stopper une apocalypse qui ne mesure que quelques microns.
L’apocalypse ne va pas forcément de pair avec l’idée de fin du monde dans le fracas et les cris. L’Œuf de l’ange de Mamoru Oshii, sous forme de parabole biblique, propose au contraire une errance silencieuse et mélancolique où l’apocalypse est comme une coquille d’œuf qui se brise : elle rime avec la perte d’une intériorité que l’on n’a pas su protéger.
Enola Holmes est une adolescente qui vit dans un immense manoir dans la campagne anglaise. Elevée seule par sa mère dans une éducation qu'on ne peut qualifier de traditionnelle, elle n'a pas vu ses grands frères, bien plus âgés, depuis des années. Et quels frères ! Le cadet n'est autre que le très célèbre Sherlock Holmes, tandis que l'ainé est le moins connu mais plus sévère Mycroft.
Le jour de ses 16 ans, Enola se réveille pour constater que sa mère a disparu. Mycroft prenant en charge son éducation entreprend de l'envoyer en pensionnat pour jeunes filles. C'est sans compter sur l'envie de liberté d'Enola, qui s'enfuit, pour mener sa propre vie, mais surtout pour retrouver sa mère !.. En chemin, elle rencontrera un jeune Lord aussi épris de liberté qu'elle mais pas aussi débrouillard.
L’apocalypse chez Chris Marker, qu’elle soit tangible ou imaginaire, se finit par une mort certaine. Dans un monde, notamment Paris, dissout par une attaque nucléaire qui a rendu toute vie terrestre impossible à cause de la trop haute radioactivité dans l’air, l’humanité est devenue comme une souris dans une cage.
Dans le cadre de notre cycle consacré à l'Apocalypse au cinéma, retour sur le très sous-estimé Prédicitons, d'Alex Proyas, avec Nicolas Cage et Rose Byrne, un film qui se base sur l'imaginaire de la fin de l'humanité issu des textes bibliques.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.