Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.
Miss est un film parfois déstabilisant tant il met à mal les idées reçues sur la féminité ou plutôt la manière de la vivre. Le concours de Miss France est au cœur des préoccupations d'Alex alors même qu'être femme n'est pas encore chez lui un désir totalement avoué, mais plutôt une façon d'être plus fort. Un regard à la croisée des identités porté par une très belle interprétation mais perdu sur le chemin balisé de la comédie à la française.
Après avoir fait forte impression en 2016 avec Dernier train pour Busan, le réalisateur sud-coréen Sang-ho Yeon replonge dans son univers zombiesque avec Peninsula. Une fausse suite qui souffrira de la comparaison avec son aîné malgré un spectacle souvent inventif et généreux.
Albert Dupontel est toujours égal à lui-même, toujours sur le fil de l’indignation au regard d’une société qu’il déteste de plus en plus. Son nouveau film Adieu les cons reste dans cette veine critique, mais ne parvient pas à convaincre totalement, tant les stéréotypes, inhabituels à son cinéma, sont présents.
Parmi les nombreux films qui parlent du cinéma lui-même, Huit et demi de Federico Fellini, sorti en 1963, est un immanquable : un regard quasi autobiographique sur les affres de la création. Retour, dans le cadre de notre cycle dédiés aux films qui parlent du Septième Art, sur l'œuvre la plus intime du cinéaste italien.
Dans la filmographie longue comme le bras de Woody Allen, aux accents souvent autobiographiques, trois films nous semblent néanmoins traiter du cinéma et du métier de metteur en scène de manière nettement plus frontale. Trois longs-métrages, trois époques, trois styles bien différents. Mais plusieurs traits communs : le génie facétieux, l’humour irrésistible et la sensibilité romantique du maître new-yorkais.
Cédric Jimenez revient en fin d'année avec BAC Nord, un thriller musclé mais au scénario qui manque d'épaisseur et qui compense par son trio d'acteurs charismatiques.
Réalisé en 2006 par Tarsem, The Fall est avant tout un film sur le cinéma, qui nous conte la double histoire du cascadeur Roy et de la petite Alexandria, tous deux hospitalisés suite à une chute. A travers cette histoire, Tarsem nous montre la fonction première du cinéma comme œuvre d'art totale (au même titre que l'opéra) : raconter au spectateur une histoire à la rencontre de différents médias, images, théâtre, musique, photographie, etc.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.