Cinéma

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

« Spider-Man : Brand New Day » s’entoile encore trop dans le MCU, malgré d’excellentes qualités

"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.

L’affaire Bojarski de Jean-Paul Salomé : l’admiration du faux

Grâce à un récit orienté sur la vie personnelle du protagoniste, Jean-Paul Salomé adopte un point de vue original sur l'univers des faussaires de monnaie.

Une page après l’autre : l’école du silence

Premier long-métrage de Nick Cheuk, "Une page après l’autre" détourne le récit d’enquête pour ausculter la violence silencieuse de l’école hongkongaise. Entre pression scolaire, déni des adultes et traumatismes d’enfance, le film propose un regard sensible, parfois trop sage, mais profondément nécessaire.

Top Films 2025 : les meilleurs films selon la rédaction

En 2025, le cinéma a révélé une vitalité rare : entre gestes d’auteurs affirmés, récits intimes, propositions radicales et nouvelles voix, l’année compose un paysage foisonnant où mémoire, doute et réinvention se croisent sans cesse. À travers ce top, la rédaction du Mag du Ciné dresse un état des lieux du cinéma contemporain, entre œuvres marquantes, visions singulières et explorations formelles qui témoignent d’un art toujours en mouvement.

Amour Apocalypse : s’aimer à la fin du monde

Aimer quand tout semble s’effondrer. Voilà peut-être la devise la plus simple et la plus juste d’Amour Apocalypse. Sous ses airs de comédie romantique faussement légère, le sixième long-métrage d’Anne Émond déploie une œuvre étonnamment sensible, capable de faire cohabiter l’angoisse contemporaine et l’élan amoureux avec une sincérité désarmante. De Cannes à Cabourg, le film a fait circuler de bonnes ondes, laissant surtout l’envie d’y revenir, comme on retourne vers un lieu réconfortant.

Primate : on n’apprend pas à un singe à faire… peur

L'une des premières bonnes surprises de l'année nous vient – encore – du rayon horrifique. Et, sans se mentir, on n'attendait pas grand-chose d'un film d'horreur avec un singe tueur. Preuve que le film de genre n'a pas fini de nous surprendre, "Primate" se révèle être la parfaite série B dont on rêvait. Intense, méchante, sans concession et vraiment effrayante grâce à un singe particulièrement réaliste. On pardonnera donc les quelques facilités et personnages idiots pour se concentrer sur le cœur du film : la terreur et l'angoisse qu'il diffuse, en plus de mises à mort génialement sanglantes et pleines d'idées.

Father Mother Sister Brother : la famille dans tous ses états

Avec ces trois récits subtilement reliés entre eux, Jim Jarmusch évoque le rapport qu'entretiennent les adultes à leurs parents âgés. Les deux premières parties racontent l'éloignement que le temps a créé, suscitant un malaise. Lorsque les parents décèdent, ne reste qu'un poids, encombrant lui aussi. Un constat magistralement orchestré, entre ironie et gravité, et un authentique geste de cinéma. 

28 ans plus tard : le Temple des morts – l’horreur survit, la peur change de camp

Avec "Le Temple des morts", la saga initiée par "28 jours plus tard" poursuit sa mue en s’éloignant progressivement de la terreur pure pour explorer les fractures idéologiques laissées par l’effondrement. Entre héritage de Danny Boyle, retour des thématiques chères à Alex Garland et passage de relais à Nia DaCosta, ce nouvel épisode privilégie l’introspection et le regard porté sur les survivants, au risque d’atténuer la brutalité qui faisait la force originelle de la franchise. Une œuvre stimulante, parfois trop sage, mais toujours habitée par une ambition émotionnelle et politique rare dans le cinéma post-apocalyptique contemporain.

Greenland : Migration – quand la survie perd son urgence

La survie change d’échelle mais perd en intensité dans "Greenland : Migration". Entre ambitions post-apocalyptiques et road-trip mécanique, le film cherche à élargir son horizon sans jamais parvenir à lui donner du souffle. Mise en scène atone, personnages appauvris et émotion sous contrôle, cette suite avance, mais sans véritable urgence ni destination claire.

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« Les 4 Reliques du rock’n’roll » : les Zumbies remettent le rock sur pied

Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.

« La Désinformation » : comprendre pour mieux combattre

Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet. 

« Mudlarks » : l’enfance de Dickens

En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.

Le rayon invisible, sauf des initiés

« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules. - Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »

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« Je suis désolé, M. Robin-Dulieu, mais j’ai reçu l’ordre de ne plus vous laisser entrer au ministère. »