Cinéma

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Obsession – L’amour (terriblement) ouf

Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.

L’Homme qui voulut être roi, de John Huston (1975) : l’âge d’or de l’Empire britannique

Le film, qui vaudra au cinéaste un nouveau triomphe bien mérité, est un formidable récit d’aventures qui nous ramène au temps du Raj britannique, sans la couche de moraline invariablement appliquée de nos jours à l’histoire coloniale. Le casting en or est dominé par l’irrésistible duo Sean Connery-Michael Caine, les comédiens incarnant des hommes à la morale douteuse mais dont l’audace permet de réaliser leurs rêves les plus fous, dans une contrée de tous les possibles.

Soul de Pete Docter : être ici et maintenant

Soul est un très beau film. Un film qui flirte avec les petits plaisirs de la vie et qui glorifie une forme de quotidien, où la beauté et l’importance des choses ne sont pas forcément celles que l’on croit.

Les enfants du marais, de Jean Becker (1999) des souvenirs en chantier, une nature enchantée

La nature magnifiée est ici mentale, proche cousine de celle qu'on découvre en quittant nos villes aujourd'hui, heureuse de tendre la main aux contes de ces petits et grands enfants qu'on sera tous ravis d'inviter lors de nos futures promenades.

La Forêt d’émeraude, de John Boorman (1985) : la nature comme berceau originel

Dans cette œuvre de John Boorman de 1985, la nature déborde régulièrement de son cadre traditionnel (magnifique et dangereux à la fois) pour assumer une fonction mystique, attribuant des pouvoirs magiques à ceux qui la respectent… et exerçant une punition divine sur ceux qui l’ont profanée. A la fois fable écolo-mystique et fiction d’aventure aux penchants ethnologiques appuyés, La forêt d’émeraude (The Emerald Forest) ne fonctionne qu’à moitié mais a pour originalité de mettre en valeur ce que la nature révèle par-delà le tangible.

S’en remettre à la nature : dans Out of Africa, c’est l’Homme qui appartient à la nature, et non l’inverse

Adapté de La Ferme africaine, roman autobiographique publié en 1937 et écrit par Karen Blixen, Ouf of Africa (1985) nous conte dix-sept ans de vie en Afrique. Plus que d’être le simple récit de la vie de Karen Blixen, débarquant au Kenya en 1913 pour s'y marier, Out of Africa est l’histoire d’une vie qui s’inscrit dans la nature, au point d’en dépendre. Et pas n’importe quelle nature : la savane et la forêt africaines, aussi belles qu’indomptables.

Trois sublimes canailles, de John Ford

Il ne faut pas manquer la rencontre avec ces Trois sublimes canailles, dans un western qui conjugue tous les ingrédients du cinéma de John Ford : humour, humanité et grands espaces.

Le Nouveau Monde (2005), de Terrence Malick : Deus sive Natura

Un cycle sur la nature au cinéma ne pouvait pas faire l’économie d’un détour par la filmographie de Terrence Malick. Sur Le Mag du ciné, nous avons déjà beaucoup parlé de Malick, et même du Nouveau Monde. L’enjeu est donc, ici, de procéder à une approche plus précise concernant la place de la nature dans ce film, qui est un enjeu tant spatial que dramaturgique, et bien sûr spirituel.

Critique de Framing Britney Spears : ingérences judiciaires et misogynie envers la chanteuse

Pendant 1heure 15, le long-métrage décortique la carrière de la chanteuse, notamment les événements ayant conduit à sa mise sous tutelle en 2008, ainsi que la naissance et la portée du mouvement #FreeBritney. Relayé par les fans et diverses célébrités, le mouvement de soutien demande la fin de cette tutelle de douze ans durant laquelle Britney Spears a repris le contrôle de sa vie, au point de sortir quatre albums studio.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.