Cinéma

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Obsession – L’amour (terriblement) ouf

Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.

Les Cloches des profondeurs (1993) de Werner Herzog : la foi dans tous ses états

Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.

OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire, de Nicolas Bedos : le grand malaise

Présenté en cérémonie de clôture de cette 74e édition du Festival de Cannes, le troisième volet des aventures d’OSS 117 était attendu au tournant. 12 ans après Rio ne répond plus, comment le héros le plus « détestablement français » a-t-il vieilli ? Une suite ratée enchaînant les moments de malaise, où le deuxième degré du personnage ne semble que la caution d'un message provocateur et réac bien plus premier degré.

True Mothers, de Naomi Kawase : une œuvre trop personnelle ?

Est-ce l’absence de recul par rapport à ce récit qui résonne intimement qui explique les faiblesses du film ? Maniériste et lacrymal à l’excès, True Mothers de Naomi Kawase prend le spectateur par la main et emprunte pendant plus de deux longues heures des chemins mélodramatiques usés. La sincérité et la sensibilité habituelles de la réalisatrice ont cette fois accouché d’une œuvre terriblement gentillette et fade.

Old : la (méchante) rechute de M. Night Shyamalan

Old est un nanar corsé. Tout y est foireux, et strictement rien ne fonctionne : scénario, mise en scène, photographie, décors, interprétation. Cerise sur le surströmming, on a beau se poser la question maintes fois en cours de projection, impossible de savoir s’il faut prendre ce film au sérieux ou s’il s’agit en réalité d’une expérimentation d’un apprenti cinéaste au lendemain d’une soirée très arrosée.

Digger : quand Georgis Grigorakis explore les cavités de la société grecque

Digger est un film plus complexe qu’il n’y paraît. Derrière son interprétation personnelle du fils prodigue, le cinéaste Georgis Grigorakis, évoque différentes problématiques sans manichéisme, dont la difficulté à trancher entre les méfaits d’un capitalisme effréné, et l’impossibilité de lui tourner complètement le dos, sous peine de sombrer dans la précarité.

Spirale : L’Héritage de Saw, de Darren Lynn Bousman : est-ce bien nécessaire ?

Réalisé par Darren Lynn Bousman, qui avait déjà signé plusieurs films de la saga Saw, Spirale : L'Héritage de Saw se veut un spin-off mais ne fait que répéter les pires échecs de la série. Rien, ici, ne donne envie de continuer sur la voie d'une saga qui aurait dû s'arrêter il y a bien longtemps.

A l’abordage : le film de Guillaume Brac enfin au cinéma

A l'abordage, réalisé par Guillaume Brac, a d'abord été diffusé en juin 2020 à l'occasion du Champs-Elysées Film Festival puis sur Arte au mois de mai. Finalement, il sort enfin en salles le 21 juillet. L'occasion de découvrir cette fresque de jeunesse et d'été sur grand écran.

Désigné coupable, de Kevin Macdonald : le rescapé de Guantánamo

Consacré à l’histoire réelle de Mohamedou Ould Slahi, ce Mauritanien longtemps accusé à tort d’être le recruteur des terroristes ayant perpétré les attentats du 11 septembre 2001 à New York, le nouveau film de Kevin Macdonald se révèle avant tout un réquisitoire contre la « zone grise » juridique que représente la base militaire américaine de Guantánamo. Porté par des comédiens convaincants et un sujet intéressant, ce film de bonne facture se voit quelque peu desservi par un traitement très classique et une mise en scène des plus convenues.

Bergman Island de Mia Hansen-Love : mélancolie créative

Mia Hansen-Love a présenté son septième long métrage, Bergman Island, lors du Festival de Cannes 2021. Elle y conte, à travers un montage en mouvement permanent, une histoire de mélancolie, de désir, de création, mais surtout une histoire de cinéma. Que ce soit à travers le fantôme de Bergman sans cesse convoqué ou par le destin heureux d'une réalisatrice un temps en panne d'inspiration, le cinéma est partout, il est la vie même. Son film est d'une extrême douceur au milieu de tous les monstres cannois et s'inscrit dans une filmoraphie marquée par la mélancolie et le mouvement. Une petite merveille baignée par la lumière de l'été.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

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