Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Vous aimez les énigmes et l'herméneutique ? La question de la représentation artistique vous intéresse ? L'univers esthétique de Pierre Klossowski vous intrigue ? Ce film pour vous !
Sept ans après son dernier film de fiction, le grand cinéaste Wim Wenders revient avec Every thing will be fine, un mélo dans lequel le cinéaste s'affranchit des pièges inhérents au genre pour dresser un portrait sensible et complexe. Très beau film, avec James Franco, Charlotte Gainsbourg, Rachel McAdams et Marie-Josée Croze.
Il est fréquent qu'une catastrophe inspire le cinéma, il est plus rare qu'un film anticipe une catastrophe. Avec Contagion, Soderbergh avait déjà mis en scène les mécanismes à l’œuvre dans la pandémie de Covid-19. Mais la réalité réserve des surprises.
Pendant cette période de confinement, la rédaction du Magduciné vous conseille une petite liste de films à (re)voir. Allant du mythique buddy movie L'Arme fatale au film de guerre Croix de Fer de Sam Peckinpah, jusqu'à la tragédie grecque Les Promesses de l'ombre, vous avez de quoi de faire.
Regarder un documentaire intitulé « Hospital » lorsqu'on est confiné chez soi en pleine pandémie, voilà qui peut sembler légèrement masochiste. C'est pourtant un moment particulièrement adéquat pour réfléchir à ce qu'on attend de l'hôpital public et tenter de se représenter ce que vivent au jour le jour les femmes et les hommes qui y travaillent. Réalisé à Harlem en 1969 par Frederick Wiseman, « Hospital » continue de nous éclairer sur le sujet tout en constituant une leçon de cinéma documentaire.
Doté d’une mise en scène brillante, d’un rythme singulier qui fait ressentir toute la douleur intérieure de ses personnages, L’arnaqueur est moins un film sur le billard qu’une métaphore de la réussite et de l’échec aux Etats-Unis. Paul Newman et Piper Laurie sont magnifiques dans des rôles de marginaux malgré eux, à fleur de peau.
Western original, résolument tragique dans ses allures de drame profond et analytique, Le Gaucher est aussi une belle évocation du désordre et de l’absolutisme de la jeunesse, quelle que soit l’époque.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.