Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Gentleman Jim : la stratégie du météore

Troisième des sept films de Walsh avec Errol Flynn, Gentleman Jim est un condensé de spectaculaire et d’euphorie. Le cinéma hollywoodien à son meilleur !

3h10 pour Yuma : Les Hommes des hautes peines

Explorant superbement les possibilités du western, bousculant ses codes tout en distillant surprise et émotion, 3h10 pour Yuma nous rappelle combien le talent de Delmer Daves était immense. Un classique intemporel !

Le Roi des rois, de Nicholas Ray : l’Évangile vu par la politique

Le Roi des rois : le titre est déjà tout un programme. Il annonce que la vie du Christ nous sera racontée selon un point de vue pour le moins original : celui de la politique. Dans un registre qui ne lui est pas familier, le grand réalisateur Nicholas Ray signe un film aussi beau qu'intelligent.

Le Soleil, d’Aleksandr Sokourov : la chute d’un astre

Après Moloch (consacré à Hitler) et Taurus (Staline), le réalisateur russe Aleksandr Sokourov réalise, avec le Soleil, un film sur Hiro-Hito et, en filigrane, une réflexion subtile sur le pouvoir et le rapport entre le dirigeant, son pays et son peuple.

Les Carrefours de la ville (City Streets) de Rouben Mamoulian

Dans Les Carrefours de la ville (City Streets), classique du film noir teinté de romantisme hollywoodien réalisé par Rouben Mamoulian en 1931, le jeune Gary Cooper s’affirme sous les traits d’un élégant cow-boy au cœur tendre, rôle façonnant déjà la virilité gracieuse du séducteur et la silhouette imposante du héros américain qu’il incarnera à l’écran jusqu'à la fin des années 1950. À ses côtés, Sylvia Sidney est étincelante en complice ingénue. Une œuvre caractéristique de l'âge d'or de la turbulence qui, de par ses apports techniques et esthétiques, appartient à l'histoire du cinéma.

Tiempo de morir, d’Arturo Ripstein : Ô sombre héros

S'il n'était qu'un western mexicain à découvrir ce serait celui-là. Téquila et sombréros seront de rigueur pour aborder cette sombre histoire de vengeance sous le soleil implacable du Mexique. Arriba arriba !

Les Aristochats, de Wolfgang Reitherman : le jazz comme famille

À l'instar des 101 Dalmatiens ou de La Belle et le Clochard, Les Aristochats est un classique éternel où chansons jazzy, dessins crayonneux et personnages mémorables se mélangent pour offrir un spectacle drôle et élégant, à l'arrière-plan social bien moins démodé qu'on pourrait le croire.

Opening Night : mémoire du théâtre, théâtre de la mémoire

« Myrtle -Je ne suis pas moi-même. Je l’ai été mais je ne le suis plus. Maurice -Mais qu’est ce que tu attends de moi[…]? […]-Je suis Superman! Je suis Superman !Myrtle- Tu es si étrange ! Et tu me fais sentir veille. Maurice -Je suis si fort, tu ne peux même pas savoir ! Je suis...Superman !Nous ne sommes pas nous-mêmes.[…] » ( Opening Night, Gena Rowlands et John Cassavetes, 1977)

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.