Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
Film incompris et donc largement sous-estimé, L'Exorciste 2 : L'Hérétique est une oeuvre intelligente sur la rédemption. Usant de symboles (la nuée de criquets, l'Afrique) et s'éloignant nettement du film original de Friedkin, le cinéaste britannique John Boorman signe un film dense, qui peut paraître déroutant.
Que vous ayez lu ou non le chef d’œuvre de Steinbeck, embarquez sur les routes de l'Oklahoma en compagnie de Tom Joad et de sa famille. Une plongée magnifiquement mise en scène par John Ford dans la misère des années 30.
Singulièrement néoréaliste, Le Sel de la terre (1954) pousse le cinéma engagé à son meilleur, en mêlant lutte des classes, conflit racial et avancées féministes.
L'enfance d'Ivan repose sur une opposition entre rêves et réalités, opposition qui permet de mettre en évidence les potentiels de l'enfance gâchés par la Guerre. Dans un contexte de cinéma du Dégel, et quelques années après Quand passent les cigognes, rarement la guerre n'avait été présentée dans le cinéma soviétique comme une telle catastrophe, aussi bien pour des individus que pour tout un peuple.
Encensé par Sartre et Cocteau, Un chant d'amour est le court métrage de Jean Genet, le révolté de la scène littéraire française. Une œuvre poétique rare et précieuse.
Avec quatre millions d’entrées au cinéma en 1975, Peur sur la ville est un des grands succès du cinéma français de sa décennie. Aujourd’hui encore, lorsque l’on mentionne la carrière de Jean-Paul Belmondo, de nombreuses images issues du film viennent en tête. Le film d’Henri Verneuil est une date importante dans le cinéma policier français.
Regain, sorti en 1937 et réalisé par le célèbre Marcel Pagnol, est l’adaptation du roman éponyme de Jean Giono, publié quelques sept années plus tôt. C’est l’histoire d’un retour de la vie en terre désolée, et en âmes désespérées. Une adaptation d’une fidélité admirable pour un drame romantique bouleversant, à découvrir au plus vite.
La scène de la piscine, celle de la guerre des gangs chinois ou du singe assistant réalisateur...autant de moments cultes à retrouver dans ce chef d’œuvre qu'est l'Opérateur.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.