Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

L’Année du Dragon, de Michael Cimino : Stanley White in black

Quatrième long métrage de Michael Cimino, le premier après le désastre financier de La Porte du Paradis, L'Année du dragon semble, a priori, suivre un chemin différent. Et pourtant, il est facile de retrouver dans ce "néo-noir" sombre et violent les caractéristiques majeures qui avaient assuré la réussite des films précédents de Cimino : rigueur technique, analyse sociale et intérêt porté à des personnages complexes et indéchiffrables.

Dersou Ouzala (1975), d’Akira Kurosawa : le chef-d’œuvre méconnu

Après une descente aux enfers entre 1965 et 1975, dans un contexte de transformation de l’industrie cinématographique nippone, Dersou Ouzala, une coproduction soviéto-japonaise, permit de relancer la carrière d'Akira Kurosawa. Le film poussa le metteur en scène à changer d’air et de méthodes en s’en allant tourner dans la taïga sibérienne, à plus de 60 ans. Ce récit humaniste, aujourd’hui quelque peu oublié, est une merveille tout à fait atypique dans le parcours du maître. Il mériterait pourtant de figurer non loin des grands classiques dont ce dernier nous gratifia.

Desert Hearts de Donna Deitch : rendre l’amour possible

Si Donna Deitch avait une sœur de cinéma contemporaine, ce serait Céline Sciamma. En effet, comme la réalisatrice de Portrait de la jeune file en feu, celle de Desert Hearts filme un amour interdit qu'elle rend possible. Un amour qui s'écrit sous nos yeux, un amour qui sera celui du souvenir ou de l'avenir, rien n'est déterminé à l'avance. Une première pour un film comme Desert Hearts, sorti en 1985.

La Fête à Henriette, de Julien Duvivier : la fête du cinéma !

La fête à Henriette c'est d'abord la fête du cinéma : des clins d'oeil aux films d'avant-guerre, des dialogues savoureux et un scénario malin écrit à quatre mains : Jeanson/Duvivier et leurs alter ego de fiction.

Beauté volée (Stealing Beauty) de Bernardo Bertolucci : la vraie vie, belle et impitoyable

Beauté volée (1996), c'est l'histoire d'une adolescente qui respire la jeunesse et la beauté (la jeune Liv Tyler très touchante) qui arrive en Toscane dans la résidence d'un artiste pour y passer l'été. Tout est prétexte à enchanter le spectateur avide d'art : les peintures sur les murs, les sculptures d'argile qui jalonnent le terrain, les décors italiens, jusqu'aux sujets de conversation... Et pourtant, derrière cette apparence de légèreté, la vie continue de se jouer, impitoyable.

Nosferatu, fantôme de la nuit, de Werner Herzog (1979) : une ode à l’amour, aux ténèbres et au pouvoir du mythe

A travers ce remake, Werner Herzog nous offre une véritable déclaration d’amour, non seulement au long-métrage muet de Murnau, mais aussi et surtout au romantisme allemand. Nosferatu n’est pas un film d’horreur. C’est une expérience à la fois poétique et émotionnelle d’une puissance prodigieuse, qui convoque par sa forme unique le tragique de l’amour et la splendeur de la mort.

Les Aventuriers du Lucky Lady : la sérénade à trois vue par Stanley Donen

En 1930, une chanteuse de cabaret et deux compagnons se lancent dans le transport illégal de l’alcool, du Mexique jusqu’en Californie, à bord d’un petit voilier, le Lucky Lady. Stanley Donen nous plonge dans l’Amérique de la Prohibition et signe une comédie d’aventures aux accents vaudevillesques sortie en 1975. Une œuvre méconnue pastichant le film de gangsters, portée par la pétillante Liza Minnelli, le séduisant Burt Reynolds et l’immense Gene Hackman.

L’Extravagant Mr. Deeds (1936) : Back to nature

Dans une mise en scène simple et élégante, Frank Capra démontre qu’il est l'un des plus grands conteurs d'Hollywood en magnifiant l'amour et les valeurs humaines. L'extravagant Mr Deeds, un chef-d'oeuvre d'humanisme.

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Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

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Montefiore : le carcan familial

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