Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
J'ai depuis longtemps une fascination pour la ville de Los Angeles, véritable terre de cinéma dont la représentation peut aller d'une simple comédie policière à un film jouant justement avec l’aspect cinématographique et artificiel de la ville afin d'en révéler les plus sordides secrets. En ce sens, outre les David Lynch, Michael Mann ou Paul Thomas Anderson viennent la base du patrimoine "Angeleno" (ou Los Angélienne mais c'est moche), le film noir. Et quoi de mieux que de parler de l'un des plus marquants d'entre eux, avec Bogie dedans en plus de ça.
Avant de découvrir Avatar 2 : la voie de l'eau, film attendu et fantasmé depuis une décennie, James Cameron nous fait revivre l'expérience Avatar dans une version restaurée 4k HFR (high frame rate), autorisant, grâce au logiciel TrueCut Motion Pixelworks, le montage en 48 images par seconde. Une véritable claque visuelle qui sublime l'univers de l'œuvre originale en contrastant les couleurs, en renforçant la fluidité des plans pour une immersion garantie. Un moyen tout aussi pertinent de tracer le chemin du deuxième volet, produit sur ce même format, qui sortira le 14 décembre 2022. Toujours indétrônable à la tête du box-office mondial, Avatar a marqué l'histoire du cinéma tant par sa prouesse technique que par son immense succès populaire. Le film de James Cameron, qui s'est rapidement frayé une place au panthéon des œuvres planétaires grâce à son récit mythique et son message écologique à dimension universelle, continue aujourd'hui de fasciner et d'inspirer.
Entre le western et le thriller, Un Homme est Passé est probablement le plus méconnu des chefs-d'œuvre de John Sturges. D'une efficacité redoutable de par son dispositif en huis-clos et sa mise en scène, le film est une charge intense à l'encontre d'une partie de l'Amérique, totalement éloignée de la réalité présente, et prisonnière de ses fantômes passés.
Pourquoi (re)découvrir un film à l'air aussi désuet ? Méthodique, sans concession et conduit avec une précision au scalpel, La Baie sanglante est un chef-d'oeuvre du cinéma en général et non seulement de genre car il parvient à le transcender ; le meurtre, le fun et le gore s'effacent lentement au profit d'un lyrisme macabre dont a du mal, des jours après, à percer le mystère.
Mystérieux, secret, contemplatif mais évidemment intrigant, le moins aimé des chefs-d'oeuvres d'Antonioni, Zabriskie Point a pu ressortir en version restaurée il y a quelques années et nous offrir à nouveau une expérience cinématographique parmi les plus ensorcelantes du cinéma contestataire de la fin des années 60.
Il y a des films dont l’origine est pour le moins surprenante, surtout quand on connaît la genèse de leur conception et, plus encore, la société de production qui leur a permis de voir le jour.
Richard Fleischer est un véritable réalisateur caméléon, et Terreur Aveugle confirme son aptitude à s'adapter à tous les genres. Véritable tour de force de mise en scène, le film est un thriller horrifique sous haute tension, dans lequel le spectateur comme la protagoniste, est mis à rude épreuve.
Après sa sortie initiale en 1993, « Un jour sans fin » s'est rapidement installé dans le patrimoine cinématographique et le paysage pop-culturel. Au-delà du concept de boucle temporelle, la comédie d'Harold Ramis doit ce statut à une exceptionnelle richesse thématique.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.