Critiques films

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Hokusai : un biopic atypique et fort

Hokusai appartient au mouvement artistique spécialiste de l'"Ukiyo-E". C'est un mouvement "vulgaire" (au sens d'art populaire). Défini comme "un monde de tous les jours saisi sur le vif", c'est un art qui se contente de saisir le Japon, son petit peuple, ses marginaux, ses courtisanes, dépouillé de tout ce qui était célèbre, bien vu ou bien né, dont la tradition chinoise. Considéré comme le maître de cet art, il siège avec ses contemporains et prédécesseurs: Hiroshige, Utamaro et Sharaku.

Fast & Furious X : Familia, je vous aime

PERSONNE ne pouvait apporter à la troupe ce que Louis Letterier amène dans sa trousse de secours : de l’amour. De l’amour pour le marcel en toutes circonstances, pour les méchants qui deviennent gentils et les gentils qui vivent pour toujours même quand ils sont morts, pour les gros et les petits boules en tanga qui lustrent en fish-eye la carrosserie des batmobiles fluos shootées au protoxyde d’azote. Et pour les barbecues, et pour la Corona. À la bouteille, évidemment.

Monsieur Constant : Tristan et Yseult ou l’héritage impossible

Monsieur Constant, d’Alan Simon, a le grand mérite de faire réapparaître sur le devant de la scène cinématographique Jean-Claude Drouot, devenu décidément trop rare à l’écran. Mais, malgré le talent des comédiens et la beauté des images, l’histoire, portée par des dialogues et un scénario maladroits, ne parvient pas à tenir ses promesses.

État limite : l’Hôpital Public, malade de ses choix

Troisième long-métrage de Nicolas Peduzzi, État limite (2023) rejoint le territoire français, et même péri-parisien, pour y suivre l’unique psychiatre de l’Hôpital Beaujon, à Clichy. Passionnant, mais aussi parfaitement dénonçant, puisqu’il suffit de montrer pour dénoncer la politique conduite autour des services publics, parmi lesquels l’Hôpital Public…

L’exorciste du Vatican: Russell Crowe en prêtre excentrique et sarcastique ? Pourquoi pas !

Nous avons beaucoup apprécié la première partie du film. Un clin d'oeil est fait au film l'Exorciste par la scène d'entrée du père Amorth. Il a une mallette et un chapeau noir comme le prêtre. Le décalage entre la situation et l'humour grinçant dont il fait preuve rendent tout de suite la séance moins angoissante. A-t-on déjà vu un exorciste faire des blagues à un démon ? Pour notre part, quasiment jamais, à moins que cela soit parodique. L'incipit du film est aussi dynamique que surprenant, après les premières scènes, c'est l'envie de comprendre qui est ce personnage haut en couleur qui s'installe. C'est aussi un petit rappel au père Amorth qui disait que les démons n'aimaient pas l'humour.

Jeanne du Barry, notre favorite ? Pas vraiment

Film d'ouverture au festival de Cannes, retour de Johnny Depp au cinéma dans un rôle entièrement joué en Français, Jeanne du Barry suscite la curiosité. Réalisé et co-écrit par Maïwenn, plus connue par le large public pour ses divers scandales que par sa filmographie (pourtant de belle qualité dans l'ensemble), le film sort dans un contexte particulier. Mais que vaut-il ? 

Le vrai du faux : le fil kafkaïen de l’autre moi !

Sur un argument ténu et cependant profondément romanesque: l’usurpation de son identité sur Facebook, Armel Hostiou part à Kinshasa en quête de son double...

Renfield : sous l’emprise du mal

Un monstre peut en cacher un autre. C'est en tout cas ce que Chris McKay et sa relecture horrifico-burlesque du comte Dracula défendent, à une époque où le narcissisme du prince des ténèbres fait l'objet d'une trajectoire émancipatrice pour Renfield, un assistant vampirisé par son maître.

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Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.

Les Naufragés du Lavalette : légende marine

« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

« Le Fantôme de l’opéra » : horreur en musique

Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.

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« Le Parfum des feuilles de thé » : reprendre racine

Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.