"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Une jeune femme est embauchée dans un palace saoudien du XVIe arrondissement de Paris. Sa mission : servir la favorite du prince. Les deux femmes, auxquelles s’ajoute le majordome de la demeure, vont s’apprivoiser, réunis par leur condition de captifs volontaires. Un premier long-métrage réussi signé Hélène Rosselet-Ruiz.
Après dix ans de gestation, le nouveau Gregg Araki porté par Olivia Wilde et Cooper Hoffman, "I Want Your Sex" débarque enfin en salles. Entre fantasme de muse, rapport de domination et lettre d'amour pop et acidulée à la Gen Z, le cinéaste de 66 ans flirte avec son époque sans jamais vraiment la bouleverser.
La vie et la mort sont intimement liées à l’adolescence. On s’égare et on se retrouve, tout ça dans le même mouvement que Nos Cérémonies entretient avec une grande sensibilité. Il s’agit autant d’arguments établissant le portrait d’une jeunesse traumatisée que d’une véritable ode à la fraternité et dans toutes ses nuances.
Burning Days d'Emin Alper gratte le pouvoir turc là où ça fait mal, dans le cadre d’un beau film intelligemment mis en scène, qui se déroule dans une Anatolie toujours aussi majestueuse.
Beau is afraid : Hallucinant, halluciné et hallucinatoire, le nouveau film d’Aster ne convainc pas vraiment - et surtout autant que les précédents - même si la première partie s’avère dingue et jubilatoire et que son sens de l’esthétisme est à son paroxysme. Cependant, à trop jouer sur la psychanalyse et se vouloir hermétique, il en devient trop clivant et oublie son public.
La plus belle pour aller danser est le premier film réalisé par Victoria Bedos. Son héroïne, Marie-Luce, est-elle la petite sœur de Paula (La Famille Bélier, 2014) ou de Laure (Tomboy, 2011) ? Un savant mélange entre émancipation adolescente et quête d'identité, autour de personnages hauts en couleurs. Plongée dans un monde qui paraît hostile, Marie-Luce apprend à en chercher la bienveillance à tout prix, à ne plus se cacher, en résumé à trouver sa place dans le monde et à l'assumer. Un programme que Victoria Bedos décline avec humour, douceur et légèreté.
Les Âmes perdues, de Stéphane Malterre et Garance Le Caisne, est un documentaire saisissant sur les disparus de Syrie sous le régime de Bachar al-Hassad. Et une superbe tentative pour faire en sorte que, le pire ayant eu lieu, ces « âmes » ne soient, malgré tout, pas totalement « perdues ».
La Tunisie appartient plus que jamais à la jeunesse. Amel et les fauves en dépeint le souffle de liberté qui en découle, mais également ses contradictions en croisant intimement les regards de deux générations qui s'éloignent de plus en plus.
La foi n’est pas nécessairement religieuse lorsque l’on porte sa famille dans son cœur. Le Jeune Imam brosse un portrait plein de nuances et d’amour à travers une rupture mère-fils, que Kim Chapiron et Ladj Ly agrémentent de leur sensibilité.
Avec La Dernière Reine, Adila Bendimerad et Damien Ounouri nous emportent dans un souffle épique et salutaire vers une forme de reconquête de la fierté algérienne. En situant l’action en 1516, ils renouent avec le passé historico-mythique d’une Algérie bien antérieure à la colonisation française, et partent à la découverte d’une figure riche et fascinante, la reine Zaphira.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »