Critiques films

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Maspalomas : au Nord-Est d’Eden

Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz. 

Des Minons et des monstres : Banana Boulevard

"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.

La vénus d’argent choc et toc de Héléna Klotz

Héléna Klotz vise un film surprenant, crispant, elliptique et ambitieux moulé sur cette héroïne qui croit pouvoir s’affranchir du fait social et de sa captation par sa propre marginalité tendance, elle-même subjuguée par l’inanité aliénante des chiffres et de leur fausse valeur. Cette Vénus d'argent est bien le symptôme de notre ère du vide : allumeuse et narcissique, choc et toc.

Napoléon, le jour de gloire n’est pas arrivé..

On en espérait sans doute trop, après les deux derniers films de Ridley Scott. On aurait dû le voir venir, quand on a su que la version cinéma serait amputée de près d’un tiers de son contenu. Pourtant, difficile de s’attendre à une telle déception venant d'un aussi grand réalisateur. Oui, la version cinéma de Napoléon frôle bel et bien la catastrophe.

Mars Express : coexistence artificielle

Nombreux sont les festivaliers de la Croisette à l'avoir découvert sur un transat sur la plage. Plus nombreux encore sont ceux qui ont rempli les quelques sessions allouées à ce nouveau monument de l'animation au festival d'Annecy. À présent, l'Hexagone tout entier a la possibilité d'embarquer dans la folle aventure de Mars Express, une œuvre de science-fiction qui copine intimement avec le polar. Tout cela dans un enrobage graphique qui joue sur la nature artificielle des décors et des personnages, le premier long-métrage de Jérémy Périn, coécrit par Laurent Sarfati, trouve l'accord parfait pour ne pas soustraire une once de réflexion à cette excursion ludique et libératrice.

Le temps d’aimer : amour impossible pour très beau film

Il y a des œuvres qui nous emportent dès la première image pour ne plus nous lâcher jusqu’au générique de fin. Le temps d’aimer fait assurément partie de celles-là. Un beau film sur des sujets qui le sont beaucoup moins, à base d’amour impossible et de fuite en avant pour cacher ce que l’on est ce qu’on a fait. Sertie dans une belle reconstitution d’époque, cette fresque romanesque peut également compter sur un très beau duo de comédiens. Les passions du film nous emportent deux heures durant et nous touchent le cœur... C’est en effet le temps d’aimer.

Thanksgiving – Sauté de dinde(s) amusant et cousu de fil blanc

Un slasher inédit. Un contexte très américain mais doté d’une imagerie reconnaissable. Eli Roth (Hostel ou Cabin Fever) à la réalisation. Patrick Dempsey en tête d’affiche. On peut dire que la proposition était alléchante et promettait une série B sympathique, voire même peut-être un renouvellement de ce sous-genre. Eh bien ce ne sera malheureusement pas le cas. Thanksgiving est amusant grâce à ses meurtres bien gores, son entame complètement dingue et surprenante, et une bonne utilisation de l’imagerie de cette célébration. Mais pour le reste... entre intrigue cousue de fil blanc, dénouement ridicule, rythme saccadé et mise en scène anodine, c’est un slasher tout juste dans la moyenne du genre.

L’Abbé Pierre de Frédéric Tellier : un film miraculé ?

L'Abbé Pierre - Une vie de combats est un biopic émouvant à la mise en scène simpliste, porté par la vulnérabilité et la force de son protagoniste.

Les bleus des mères, Le blues des filles, oh my Little Blue Girl de Mona Achache

Marion à l’effigie de Carole L’actrice docile, visage-palette vierge et plastique revêt dans un silence imperturbable et un jeu insolite les restes et effigies de la panoplie de Carole Achache( ses chaussures, son gilet, son jean, son collier). La scène tient presque de la cérémonie mortuaire et sonde l’enjeu du film, son esthétique, son défi: faire de la vie avec la mort. Faire du bougé, du bouleversé avec des traces inertes et immobiles: papiers, carnets, photographies, voix. INCARNER. COMPTER SUR L'AUTRE. L'ACTRICE. LUI FAIRE CONFIANCE POUR VIVRE ET RESSENTIR MIEUX . S'asseoir et compter . Sit there count your fingers.

Testament : La satire du siècle ? Ou en tout cas d’une époque malade

Entre pamphlet et satire, le long-métrage risque de faire grincer les dents de la bien-pensance sans oublier d'être beau, sur le fond comme sur la forme, avec un zeste de tendresse et un script qui ne faiblit jamais. Un futur classique !

Newsletter

À ne pas manquer

« L’Origine de l’humour » : l’homme qui inventa la blague

Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.

« Les Saiyans (Tome 3) » : tour de force

Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.

« Mussolini – Avanti Popolo » : le Duce au bord du vide

Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.

« Agnès la Chevaleresse » : la fantasy à la langue bien pendue

Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : l’Amérique au carrefour des fortunes

À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.