"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
La Chambre Bleue commence comme dans un Godard :
-"Julien, tu m'aimes ?
- Dis Julien, tu... ?"
C'est Esther qui pose ces questions à Julien, son amant, qu’elle connait depuis l’adolescence, tous deux poursuivent dans une chambre d’hôtel aux couleurs ocre et azur, un amour adultérin, fou et passionnel.
Jouissif, spectaculaire, esthétique, Godzilla est filmé du point de vue des hommes au sol, ce qui permet d’adopter le regard des humains de voir leurs sidérations face à la réalisation dans l'univers physique de leurs cauchemars.
Last days of Summer nous offre une magnifique fable à fleur de peau dans la petite ville provinciale de Shelburne Falls dans le Massachussets. Au fil de l’histoire l’ambiance oppressante, l’atmosphère morose fait place à la lumière...
Un blockbuster plutôt bien fait avec des duels, des cascades, un méchant charismatique comme on aimerait en voir plus souvent chez Marvel et le légendaire humour de l’homme araignée.
Bâtie sur un postulat bateau et de personnages stéréotypés, voici une comédie française convenue mais rafraîchissante signée par Eric Lavaine, jusque là auteur de grosses farces potaches. Serait-ce le début d'une nouvelle carrière plus assagie, faite de feel-good movies légèrs?
La force de States of Grace réside dans ce portrait d’ados blessés, désabusés criants leurs détresses comme le fait Marcus dans un rap empreint de rage.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.