"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.
Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.
Un écrin visuel enchanteur, rappelant par ses couleurs chatoyantes, l’omniprésence de la nature, l’univers du maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki, malheureusement l’adaptation version 2014 de la Belle et la Bête par Christophe Gans manque d'émotion, de fougue, de mystère, on ne voit jamais l'amour naître, transparaître entre la belle et la bête.
Dès les premières images, ce conte mélancolique au style fantasque et rêvé à la Gondry, rappelle forcement l’univers de Georges Méliès, présent dans cette galerie de personnages hauts en couleur. Bourré d’inventivité graphique, ce conte romantico-gothique nous embarque dans un voyage d’un autre temps
Twelve Years a Slave est une œuvre majeure d’une grande beauté esthétique, et d’une rare sensibilité émotionnelle, une déclaration prodigieuse à l’encontre du déni de la dignité humaine, une étude sur la résilience face à l'injustice la plus intolérable, et l'épopée plein d’espoir d'une liberté reconquise.
Ce RoboCop version 2014 n’est pas le désastre annoncé, certes, ce Reboot ne vaut pas son illustre modèle, la critique féroce de la société déshumanisée y était plus féroce moins aseptisé, mais Padilha apporte une touche d’émotion et un côté torturé au héros. A l’instar d’un I-Robot, le film pose la question « Qu’est-ce qui différencie les hommes des robots et les robots des hommes ? »
Après "Fighter" et "Happiness Therapy", le réalisateur américain David O. Russell film l’Amérique des années seventies avec ses décors délicieusement kitsch, sa musique vintage et une galerie de personnages interlopes.
Ce récit n’est pas qu’un édifiant réquisitoire à l'encontre d’un système bafouant le serment d’Hippocrate, il peint la métamorphose physique doublée d’une rédemption psychologique à travers une rencontre avec un transsexuel flamboyant, Rayan (Jared Leto) qui deviendra l’associé de Woodroof dans son combat épique face à ce système inique.
Réalisé par l'acteur-réalisateur britannique Kenneth Brannagh starifié depuis Thor en 2011, The Ryan Initiative n’est pas une bonne initiative. Même si les scénaristes ont su redonner un coup de jeune au personnage, en élaborant un contexte post 11 septembre où la menace vient de la manipulation des marchés financiers, il n’en reste pas moins que ce film est une déception
Un film sans étincelles, cette adaptation du mythe de Frankenstein souffre d’un manque cruel d’humour et d’originalité, la créature ressemble plutôt à une sorte de supers-héros sexy. Ne cherchez pas dans I, Frankenstein, l'oeuvre de Mary Shelley, les producteurs d’Underworld propose un film pop-corn genre fantastique
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.
Un escargot super-héros qui met deux semaines à sauver New York, des moutons grégaires militants ou encore une araignée dépressive parce que son costume de super-héros ne trompe personne : avec Bêtes comme nous, MO/CDM bâtit un bestiaire dont les pièges, souvent, relèvent des caractéristiques biologiques des protagonistes. Une idée simple, parfois exploitée jusqu’à l’usure, mais qui donne naissance à un recueil de gags souvent réjouissants.
Avant les flammes et les voitures incendiées, avant les débats télévisés et les certitudes assénées depuis les plateaux, il y avait une ville. Il y avait des habitants, des associations, des schémas existentiels souvent contrariés. Avec "Nanterre avant l’orage", Feurat Alani et Ulysse Gry remontent le cours des événements pour retrouver ce que l’actualité avait englouti : la vie elle-même.
« L’énergie n’est plus fournie désormais par des générateurs… mais par une usine marémotrice souterraine, une ferme solaire… et un champ d’éoliennes off shore. »