Jack et la mécanique du cœur : Critique du film

Jack et la mécanique du cœur : Féerie et Noirceur d’un tableau animé poétique et esthétique

Sortie en 2007, Jack et la mécanique du cœur est l’adaptation du roman onirique de Mathias Malzieu, et contient des chansons interprétées par le groupe Dionysos et par Olivia Ruiz. Grace au soutien de Luc Besson et de sa femme Virginie Silla, 7 ans plus tard, en collaboration avec Stéphane Berla, Mathias Malzieu, porte à l’écran, ce film d’animation français au graphisme Tim Burtonesque.

Dès les premières images, ce conte mélancolique au style fantasque et rêvé à la Gondry, rappelle forcement l’univers de Georges Méliès, présent dans cette galerie de personnages hauts en couleur. Bourré d’inventivité graphique, ce conte romantico-gothique nous embarque dans un voyage d’un autre temps, à l’instar du voyage initiatique de notre héros Jack, qui tel un Don Quichotte se lance dans une quête amoureuse qui le mènera d’Edimbourg à l’Andalousie en passant par Paris, dans l’espoir de retrouver Miss Acacia (Olivia Ruiz), une petite chanteuse de rue.

Comme ce héros la cadence de nos aiguilles s’accélère face à cet univers baroque où les locomotives s’envolent vers la lune, les larmes deviennent des flocons de neiges, les trains sont semblables à un accordéon etc…Un film poétique où se mêlent magie et romantisme, livré dans un bien bel écrin visuel, une pure merveille pour les yeux, notamment, les voyages avec l’effet papier, la séquence du train fantôme, surtout pendant le concert avec des squelettes du groupe Dionysos.

Un univers enivrant à la fois désuet et fragile avec des personnages au teint couleur poupée de cire, poupée de porcelaine…Jack et la mécanique du cœur est un film sombre, décalé, envoûtant, drôle, qui malgré quelques défauts évidents (décalage avec les chansons et quelques dialogues maladroits) transporte le spectateur dans un tableau animé porté par une magie poétique. Un conte d’une noirceur féerique, déjanté, d’une élégance inouïe avec les voix somptueuses d’Olivia Ruiz, Grand Corps Malade, Jean Rochefort et Bashung. Un petit bijou d’animation française, plein d’émotions à savourer…

Synopsis : Edimbourg en 1874, Jack, enfant abandonné par sa mère naît le jour le plus froid du monde et son cœur en reste gelé. Pour le maintenir en vie, une femme médecin, le Dr Madeleine (c’était le pseudonyme de Jean Valjean, dans Les Misérables) lui greffe une horloge mécanique qu’il doit remonter. Celle-ci est tellement fragile qu’elle lui impose quelques contraintes :

Premièrement, ne touche pas à tes aiguilles. Deuxièmement, maîtrise ta colère. Troisièmement, ne te laisse jamais, au grand jamais, tomber amoureux.

Car alors, pour toujours à l’horloge de ton cœur, la grande aiguille des heures transpercera ta peau, tes os imploseront, et la mécanique de ton cœur sera brisée à nouveau. Jack a beau vouloir suivre les recommandations, c’est le coup de foudre quand il rencontre Miss Acacias, une jolie chanteuse de rue. A ses risques et périls, il va tout tenter pour retrouver et conquérir sa belle. Ses aventures l’entraînent des Lochs écossais à Paris, où il rencontre la facétieux Georges Méliès, jusqu’à l’Andalousie, où il va affronter Joe, son rival en amour.

Bande-annonce : Jack et la mécanique du cœur – « Jack & Joe »

Fiche Technique : Jack et la mécanique du cœur

Titre original : Jack et la mécanique du cœur
Date de sortie : 5 février 2014
Réalisateur : Stéphane Berla et Mathias Malzieu
Scénariste : Mathias Malzieu
Interprètes : Olivia Ruiz : Miss Acacia, Grand Corps Malade : Joe, Mathias Malzieu : Jack, Marie Vincent : Docteur Madeleine, Rossy de Palma : Luna, Arthur H : Arthur, Jean Rochefort : Georges Méliès, Babet : Anna, Cali : l’Homme Trompette, Dani : Brigitte
Durée du film : 1 h 34
Montage : Soline Guyonneau
Musique : Dionysos
Personnages : Nicoletta Ceccoli
Producteur : Virginie Besson-Silla pour EuropaCorp
Distributeur : EuropaCorp Distribution

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