Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
La force du film, et ce sur quoi repose une grande partie de la promotion, c'est bien sûr le casting. Un trio de haute volée qui se montre à la hauteur de sa réputation. Nicole Kidman porte une grande partie du film sur ses épaules...
Le film Leviathan, de Zviaguintsev montre les dérives de cet état totalitaire, ce monstre qui s’enorgueillit et s’enivre de sa propre puissance. S’appuyant sur un scénario solidement construit, visiblement bien documenté, le réalisateur nous livre une belle histoire métaphorique mais bien ancrée dans le réel.
Après le succès rencontré avec La Couleur des Sentiments, son second long-métrage en tant que réalisateur, Tate Taylor s'attaque ici à un projet autrement plus délicat à mettre en place, un biopic sur l'un des plus grands artistes du vingtième siècle, le Parrain de la Soul, James Brown en personne.
Yves Saint Laurent (YSL), personne réelle, devient à ce titre un personnage Bonnelien, plein d’une pulsion destructrice. C’est ça la force principal de ce Biopic anticlassique, avoir fait du Bonello avec un être et des faits réels. « Saint Laurent » se démarque ainsi dès les premières minutes....
C’est certain, on va reprocher à Paul Haggis d’avoir réalisé un film identique à celui qui lui avait rapporté l’Oscar du meilleur film en 2006 : Collision. Il faut le reconnaître, ce reproche est fondé, tant Puzzle reprend le canevas de Collision...
Une toile de fond, un univers capital que cette ville du péché. Cette Babylon émanant le vice, la violence et le stupre, est le lieu de pérégrinations de flic, qu’ils soient ripoux ou intègres, tueurs, hommes d’églises, sénateurs, strip-teaseuse...
A travers ses portraits et ses destins, Ben Drew dresse un constat effrayant de la jeunesse anglaise, des rapports hommes/femmes et de la société en générale, régit par l'argent et la violence, ou l'être humain est considéré comme une marchandise.
Qui a dit que la littérature YA, ou Young Adult, se limitait aux dystopies façon Hunger Games ou aux bluettes fantastiques du niveau de Twilight ? Avec Si je reste, le romancier Gayle Forman propose des thèmes plus sombres et plus matures que ce qui est d'habitude proposé aux adolescents.
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.