Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Crimson Peak, nouveau film du maestro Guillermo Del Toro, est un conte gothique au visuel irréprochable, mais qui se voit gâcher par un scénario classique.
Un film excessif, sur-dramatisé où le lieu hydrique est comme un monstre. "Les Rois du monde", c'est ça, mais c'est aussi des rois déchus incarnés par Eric Cantona et Sergi Lopez qui tournent tels des animaux autour d'une "reine" incarnée avec force par Céline Sallette.
Enragés est un polar noir de Éric Hennezo, remake du film Rabid Dogs de Mario Bava avec Lambert Wilson, Guillaume Gouix, Virginie Ledoyen et Franck Gastambide et présenté en Séance spéciale du Cinéma de la plage à Cannes Classics
Boomerang est un long-métrage banal sans réel intérêt, similaire à 1000 autres films déjà produits dans l'histoire du cinéma mondial. N'aurait-il pas mieux fallu se détacher légèrement afin d'en faire une œuvre plus palpitante ?
"Je voulais faire un film qui soit une expérience sensorielle, entièrement du point de vue d'un seul personnage". Cette promesse Alice Winocour a du mal à la tenir jusqu'au bout avec "Maryland", présenté cette année à Cannes et porté par l'excellent Matthias Schoenaerts.
Eli Roth fait une parenthèse avec ses habituels films gores, pour offrir un thriller érotique. Malheureusement il échoue à offrir une oeuvre sulfureuse et prenante par manque de finesse et de rigueur. Il offre néanmoins un rôle à contre emploi à Keanu Reeves, qui même si il ne se montre pas toujours convaincant, lui permet d'explorer un autre registre où il arrive, in fine, à trouver sa place.
Fou d'amour est le nouveau film du français Philippe Ramos. Viscéral et jubilatoire, le film sait aussi s'installer dans une ascèse quasi-bressonienne, ou au contraire dans la tragédie la plus tourmentée. Tout ça dans un même film? Découvrez vite comment...
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.