Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
"Free Love" raconte l'histoire vraie de Laurel et Stacie, celle de leur combat pour l'égalité ou peut-être plus simplement pour garder leur amour en héritage, symbolisé par une maison achetée ensemble. Une histoire un poil trop calibrée émotionnellement, mais portée par deux merveilleuses actrices : Ellen Page et Julianne Moore. A retrouver en salles le 10 février.
Malgré un contexte historique intéressant et une incroyable prestation de James Thiérrée dans le rôle de Footit, Chocolat ne parvient pas à convaincre. Omar Sy déçoit et n’est pas au meilleur de sa forme, et on regrettera un traitement trop laxiste du racisme et de la crainte de l’autre à cette l’époque. Toutefois les ambitions de Roschdy Zem en réalisant ce long-métrage ne sont pas à dénigrer.
Danny Boyle et le talentueux scénariste Aaron Sorkin s'associe pour revisiter trois moments clés de la vie de Steve Jobs dans un biopic habité par l'immense Michael Fassbender, sous une approche théâtrale forcément romancée mais diablement originale et immersive.
Intriguant, ce film l'est, tant par son sujet que par sa forme. Charlie Kaufman nous livre ici un film d'animation drôle et mélancolique en forme de parenthèse.
L'impossibilité de trancher, de n’être que le témoin impuissant d’une scène de famille dont on ignore le passif en détail, est terriblement déstabilisant. Là où la facilité aurait été de façonner, autour d’une situation clairement définie, un discours moralisateur sur le rejet de ce que l’on juge "anormal", Antoine Cuypers fait le choix de laisser les interprétations libres au public.
Stephen Herek revient au cinéma avec la Fabuleuse Gilly Hopkins, adaptation du roman éponyme. Dans le rôle titre, la lumineuse et talentueuse jeune Sophie Nélisse, mais le film est-il réellement à l'image de son personnage principal, fabuleux ?
Film animiste d'une grande douceur et d'une grande poésie, les délices de Tokyo, le nouveau film de Naomi Kawase souffre d'un surtexte qui écrase sa mise en scène et nuit à sa sobriété. Les recettes du bonheur selon Naomi Kawase...
S'emparant d'un sujet maintes fois rabâché, Mikhaël Hers aborde avec Ce sentiment de l'été la difficulté de surmonter le deuil et de trouver un nouveau sens à sa vie. Sans renouveler l'approche, le cinéaste le fait avec suffisamment de justesse et de poésie pour toucher le spectateur.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.