Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Une histoire de coup de foudre sur la vie gay et la question du sida, Théo et Hugo dans le même bateau est un récit en temps réel d'après le modèle de Varda...
Ben Stiller revient dans les salles obscures avec Zoolander 2, suite malade vidée du génie en puissance de l'acteur-réalisateur-scénariste. Au programme : un délire replié sur lui-même et une orgie de stars.
No home movie est le dernier film de Chantal Akerman. Cette œuvre posthume met en scène la mère de la réalisatrice, une vieille dame dont la vie a été marquée par la Shoah de manière indélébile. Le film est un florilège des échanges entre une mère et sa fille.
Malgré son pitch et son casting aguicheurs, le second film de Pierre Godeau n'arrive jamais à cerner ce qui faisait le sel de l'histoire vraie dont il est tiré, à savoir l’ambiguïté des sentiments, la vision romanesque d'une volonté d'émancipation sociale et le rapport de dominant/dominé entre les deux amants. Au lieu de ça, ce n'est que d'un adultère presque anecdotique, dont le contexte carcéral est trop rapidement écarté de la dramaturgie, dont nous sommes témoins.
On regrettera le manque d'audace de Lucien Jean-Baptiste dans Dieumerci !, qui ne fait qu'inscrire son nouveau long-métrage dans la continuité de ses précédents films.
Sans atteindre le pic émotionnel de son précédent film, Alabama Monroe, le belge Felix van Groeningen réussit son coup avec cet hommage à Soulwax et à la famille: Belgica, ou comment passer de la bluegrass à l'electro-rock sans passer par la case larmes...
Sous-représentés par un genre qui, qu'il se veuille pro ou anti-militariste, fait la part belle aux soldats, les ONG humanitaires sont ici observés via un scénario réaliste qui décrit la pénibilité de leur labeur. Et si c'était leur volonté et leur abnégation, davantage que l'accueil méfiant que leur font les civils locaux, qui faisaient d'eux les héros oubliés de la grande Histoire?
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.