Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Ce modeste mélodrame plein d'authenticité et de bons-sentiments parvient à ne jamais sombrer dans le pathos larme-larmes grâce aux prestations irréprochables Ricardo Darin et Javier Camara. Une justesse de jeu et un soucis de sincérité des émotions qui ont fait de Truman le chouchou de l'Académie des Goyas.
Un film sur le combat d'un homme pour se faire accepter de la grosse machine hollywoodienne avait de quoi laisser envisager une représentation corrosive de la place de l'artiste dans cette industrie formatée. Paradoxalement, c'est à un film parfaitement calibré dans le moule des dernières productions à succès que nous avons droit, soit l'exact opposé de ce que Dalton Trumbo aurait pu signer. Difficile de penser que ce soit là la meilleure façon de lui rendre hommage...
Alors qu'elle est, esthétiquement, moins obscure que les précédents films, cette troisième Enquête du Département V réussit paradoxalement de se montrer bien plus angoissant, grâce notamment à un suspense efficace et à un jeu plus émotif de Nikolaj Lie Kaas. Puisque les films suivants seront confiés à d'autres cinéastes, rien n'est dit que la franchise réussira à se maintenir à ce niveau, à moins de faire le choix d'explorer (enfin) un peu plus ses personnages principaux.
Sans convaincre, Krampus parvient quand même à intriguer. Il capte l'attention par son art du mélange, sacrifiant une famille de lourdingues aux foudres d'un démon sans âge, en quête d'âmes corrompues à punir.
En l'absence d'un récit linéaire, Kaili Blues est basé sur la pensée bouddhiste du temps et de la vacuité et sur la question de l'identité. Un plan-séquence de 40 minutes n'est qu'un seul exemple des expérimentations audacieuses sur le fond et la forme du cinéma dans ce premier film de Bi Gan.
Remake en live-action décevant du dessin animé de 1967, le film pâtit d'une écriture maladroite qui ne parvient pas à trouver sa voie et justifier l'existence de ce projet. Malgré tout la mise en scène a ses fulgurances et offre une vraie prouesse technique même si le tout manque légèrement d'âme. Globalement ça se suit grâce à un casting vocal au top mais ça s'oublie très vite.
Il est très appréciable qu'un festival en France puisse nous faire découvrir une cinématographie émergente, qui plus est lorsque celle ci à quelque chose à dire sur notre état du monde. Puisse cette belle découverte bengalie nous permettre d'en explorer d'autres, en espérant une meilleure exposition prochaine.
Marie et les naufragés, le nouveau film de Sébastien Betbeder nage entre deux eaux, mais ni la veine mélancolique ni la veine de la comédie ne l'emporte, et malgré quelques bonnes idées de narration, l'ensemble ne décolle hélas jamais vraiment. Espérons que ce ne sera qu'un incident de parcours dans la carrière prometteuse du cinéaste.
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.