Critiques films

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

Last Stop : Yuma County – Cinglant !

Dans "Last Stop : Yuma County", Francis Galluppi filme le calme avant la tempête dans une ambiance sèche, décalée, entre humour noir et drame latent.

Frantz Fanon : Chroniques Calmes et fidèles d’une révolution psychiatrique

Blida-Joinville, 1953. Frantz Fanon fait de l'hôpital psychiatrique un laboratoire de décolonisation. Zahzah filme cette révolution à hauteur d'homme : plans serrés sur des mains qui tremblent, silences chargés, rituels du café transformés en actes politiques. Un cinéma de la sobriété radicale, où la folie devient langage et l'asile, miroir craquelé du colonialisme.

Dracula selon Besson : entre tape-à-l’œil et étincelles de l’âme

Caleb Landry-Jones vole le film à Dracula, à Besson, et même à Bela Lugosi. C'est la réussite du film de Besson écrasé par ailleurs sous une musique intrusive et des effets tapageurs. La folie romantique du mythe, noyée sous les effets spéciaux, ressurgit quand il ose enfin lâcher prise.

Substitution Bring Her Back : Sacrifice Sanglant

Danny et Michael Philippou les jumeaux australiens de Talk To Me ( carton au box office)signe un second film ahurissant d’excès et de sang, une sorte de hors-piste sensoriel et fou, brutale et oppressante. L'incarnation post-moderne du livre Freudien Deuil et Mélancolie. 

La Trilogie d’Oslo – Désir : Des hommes regardés droit au coeur !

Dans le dernier volet de la trilogie d’Oslo, "Désir", Dag Johan Haugerud poursuit avec délice et subtile ironie sa réflexion passionnante sur les ambiguïtés du désir et de l’amour. Surtout ici, il explore avec délicatesse des hommes "post #MeToo" en quête d’eux-mêmes, refusant les étiquettes simplistes.

La Trilogie d’Oslo : Rêves d’écrivaine, Rêves de désirs ou Rêves d’être désirée

Avec Rêves, troisième opus d'une subtile Trilogie d'Oslo à l'atmosphère profondément bergmanienne, Dag Johan Haugerud signe une œuvre cérébrale et envoûtante où s'entrelacent, dans un même élan vital, l'éveil du désir amoureux et la pulsion d'écriture.

Les 4 Fantastiques : Premiers Pas – un bon de géant pour le MCU ?

Après des années d’échecs et de tentatives ratées, Les 4 Fantastiques signent un retour inattendu dans un MCU en perte de vitesse. Porté par une direction artistique audacieuse et un ton plus sombre, "Premiers Pas" surprend par sa maturité, malgré des faiblesses scénaristiques et un antagoniste peu inspiré. Un film qui tente autre chose… sans totalement convaincre.

Aux jours qui viennent : Scansions de la vie sous emprise

Dans un premier long métrage sensible et prenant Aux Jours qui viennent sur les violences intra-familiales, Nathalie Najem s'interroge sur les vies blessée et construit en vérité le portrait ambivalent d'un homme drogué, torturé, en manque de tout ( Bastien Bouillon), inapte à la vie.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.

L’affaire Arnolfini : enquête sur un tableau de Van Eyck

« Johannes de Eyck fuit hic 1434… » « La phrase est doublement ambiguë. Elle ne dit pas que le tableau date de 1434, mais que la scène qu’il représente a eu lieu cette année-là. Et elle se garde bien de nous informer si, de cette scène, Van Eyck fut le témoin ou le protagoniste. Elle place le tableau sous le signe du double sens. »

Les oranges amères, une image bien choisie

« A l’origine, nous étions des êtres doubles : chaque humain était constitué de deux personnes, unies en un seul corps gigantesque. Notre force et nos capacités étaient d’autant plus grandes et notre pouvoir était tel que nous cherchâmes à rivaliser avec les dieux… »

La femme au portrait, meurtre sur le tournage du film

« VOUS AVEZ BIEN CONSCIENCE QU’ON NE PEUT RIEN TOURNER SANS CE SATANE TABLEAU ? »