« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
Avec "Les Orphelins", le cinéma d’action français s’affirme entre tension dramatique et pur spectacle. Porté par un duo de flics que tout oppose, le film mêle castagne stylisée, émotions contenues et héritage du cinéma bis. Olivier Schneider signe un thriller rythmé, imparfait mais généreux, dans la lignée de "Balle Perdue" et des grands buddy movies des années 80.
Nouveau film de Joachim Trier, "Valeur sentimentale" explore avec une grâce mélancolique la valeur affective des vies, des liens et des temporalités perdues. Porté par les présences magnétiques de Renate Reinsve et Stellan Skarsgård, le film convoque un Bergman apaisé, en père réconcilié veillant sur cette fresque intimiste.
Dans une Grèce au bord de l'effondrement, Costas, jeune agent de sécurité dans un hôpital saturé, se retrouve pris entre dettes, chagrin et dilemmes moraux. "Sous tension" de Penny Panayotopoulou est un drame poignant sur le deuil, la corruption et la solidarité, où l’espoir surgit malgré la noirceur ambiante. Un regard sensible sur la résilience humaine face à la décomposition sociale.
Premier long-métrage de Michael Shanks, "Together" mêle horreur organique et drame conjugal dans une fable grotesque sur la fusion amoureuse. Porté par Dave Franco et Alison Brie, ce huis clos explore la dépendance affective, la perte d’identité et les tensions du couple avec une audace formelle aussi troublante que touchante.
"Karate Kid : Legends" tente de réunir les générations avec Jackie Chan et Ralph Macchio, mais se perd dans une formule sans surprise. L’absence de Dre, des personnages peu développés et une mise en scène maladroite sabotent toute émotion. Ce nouvel opus, calibré pour la nostalgie, peine à retrouver l’âme et la puissance inspirante des premiers films de la saga.
Avec "Évanouis", Zack Cregger confirme son talent dans un second film audacieux mêlant horreur, thriller et comédie noire. Une mise en scène maîtrisée, un scénario captivant et un univers unique font de ce long-métrage l’un des plus marquants de l’année. Entre frissons, satire sociale et virtuosité narrative, "Évanouis" s’impose comme un incontournable du cinéma de genre.
Gangs de Taïwan de Keff mêle néo-polar et drame romantique dans une île en sursis. Entre scènes de gangs déglingués et amours fragiles, le film explore la jeunesse taïwanaise tiraillée entre traditions et violence. Hommage visuel à Kitano et Wong Kar-wai, c'est un thriller politique brûlant, porté par un héros muet en quête de rédemption
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.