« RRR », blockbuster oscarisé de S.S. Rajamouli, débarque enfin sur les écrans français. Cette fresque indienne raconte l'amitié explosive entre deux résistants à la colonisation britannique, entre danses endiablées, action spectaculaire et démesure mythologique assumée, portée par deux acteurs habités. Une œuvre à chérir avec passion et amusement !
Présenté au Festival de Sundance et à Deauville en 2025, "Sur la route d'Omaha" suit un père et ses deux enfants contraints de quitter leur maison du jour au lendemain. Sans jamais céder au misérabilisme, Cole Webley signe un road movie d'une grande délicatesse, où chaque étape révèle ce qu'une famille tente encore de préserver lorsque tout semble lui échapper.
Adoré en mème depuis quarante ans, boudé en salle cet été, le nouveau "Les Maîtres de l'Univers" prouve qu'aimer un souvenir ne suffit pas à remplir un cinéma. Sorti en catimini en streaming sur Prime Video, le reboot de Travis Knight révèle la fracture entre ferveur nostalgique en ligne et indifférence bien réelle du public devant l'écran. Un nouvel échec pour Musclor et son épée magique.
Blida-Joinville, 1953. Frantz Fanon fait de l'hôpital psychiatrique un laboratoire de décolonisation. Zahzah filme cette révolution à hauteur d'homme : plans serrés sur des mains qui tremblent, silences chargés, rituels du café transformés en actes politiques. Un cinéma de la sobriété radicale, où la folie devient langage et l'asile, miroir craquelé du colonialisme.
Caleb Landry-Jones vole le film à Dracula, à Besson, et même à Bela Lugosi. C'est la réussite du film de Besson écrasé par ailleurs sous une musique intrusive et des effets tapageurs. La folie romantique du mythe, noyée sous les effets spéciaux, ressurgit quand il ose enfin lâcher prise.
Danny et Michael Philippou les jumeaux australiens de Talk To Me ( carton au box office)signe un second film ahurissant d’excès et de sang, une sorte de hors-piste sensoriel et fou, brutale et oppressante. L'incarnation post-moderne du livre Freudien Deuil et Mélancolie.
Dans le dernier volet de la trilogie d’Oslo, "Désir", Dag Johan Haugerud poursuit avec délice et subtile ironie sa réflexion passionnante sur les ambiguïtés du désir et de l’amour. Surtout ici, il explore avec délicatesse des hommes "post #MeToo" en quête d’eux-mêmes, refusant les étiquettes simplistes.
Avec Rêves, troisième opus d'une subtile Trilogie d'Oslo à l'atmosphère profondément bergmanienne, Dag Johan Haugerud signe une œuvre cérébrale et envoûtante où s'entrelacent, dans un même élan vital, l'éveil du désir amoureux et la pulsion d'écriture.
Après des années d’échecs et de tentatives ratées, Les 4 Fantastiques signent un retour inattendu dans un MCU en perte de vitesse. Porté par une direction artistique audacieuse et un ton plus sombre, "Premiers Pas" surprend par sa maturité, malgré des faiblesses scénaristiques et un antagoniste peu inspiré. Un film qui tente autre chose… sans totalement convaincre.
Dans un premier long métrage sensible et prenant Aux Jours qui viennent sur les violences intra-familiales, Nathalie Najem s'interroge sur les vies blessée et construit en vérité le portrait ambivalent d'un homme drogué, torturé, en manque de tout ( Bastien Bouillon), inapte à la vie.
Sélectionné à Cannes 2025, le premier long-métrage de Prïncia Car explore avec sensibilité et audace les relations affectives d’une jeunesse marseillaise désorientée, prise entre pulsions, patriarcat et quête de liberté. Carmen et Yasmine s’imposent peu à peu comme figures d’émancipation dans un récit féministe vibrant, porté par une mise en scène solaire, une bande originale marquante et une interprétation souvent improvisée.
À mi-chemin entre le making-of et l'album hommage, "Les Gendarmes : L'album du film" vient accompagner l'adaptation cinématographique de la célèbre série publiée aux éditions Bamboo. Au fil des pages, il raconte la production d'un long métrage, les dilemmes d'une adaptation, tout en revenant sur les nombreux métiers du cinéma.
Avec Nootilus, son nouveau label consacré aux classiques revisités, les éditions Bamboo ouvre le bal en s'attaquant à l'un des récits les plus fondateurs de la culture occidentale. Un pari ambitieux, tant L'Odyssée d'Homère irrigue encore aujourd'hui notre imaginaire collectif.
« - Dis-donc, tu vois qui c’est, Pierre Inféri ?
- Ben oui, vous m’en avez parlé hier. Juste avant de…
- Exactement, j’ai rendez-vous demain chez lui, à Enghien, pour déjeuner et faire la maquette de son prochain livre. Il est maniaque, il refuse d’envoyer quoi que ce soit par la poste. Si tu y allais à ma place ? Ça ferait bien dans ton rapport de stage, non ?
- Mais, euh… Vous disiez qu’il était… Euh…
- Répugnant. Oui
- … Qu’il passe son temps à essayer de vous tripoter… Et qu’il a…
- … six doigts à chaque main, oui. On a l’impression de se faire peloter par une mygale, c’est ignoble !
- Franchement, je préférerais pas…
- Je ne te laisse pas le choix, tu y vas, et, en échange, j’oublie que tu es tout le temps en retard.
- Hein, mais tout à l’heure, vous disiez… »
En adaptant "Naïs" de Marcel Pagnol, Éric Stoffel et David Ratte redonnent vie à l'un des textes les plus denses de l'écrivain provençal. Derrière une romance contrariée se dessine en effet une réflexion sur le sacrifice, la différence et l'amour possessif, portée par une galerie de personnages d'une remarquable justesse.
Après "L'Étreinte", Jim et Laurent Bonneau se retrouvent pour un nouveau récit habité. Un simple road trip entre amis y fait figure de révélateur. Une traversée des silences, des absences et des liens invisibles qui continuent d'unir les vivants aux disparus. Les Adieux ne durent jamais confirme la singularité d'un duo qui préfère les émotions diffuses aux effets spectaculaires.