Gérardmer 2026 : Veuf éploré, Stoners anthropophages, Pissenlits survivalistes et French Dreamer envieux
Gérardmer 2026 : les vertiges de la maternité et le poids des origines, en toutes langues, allemande, anglaise et indonésienne
Marty Supreme, Coutures, Kiss of the Spider Woman : du ping-pong synthétique à l’orgue sous les paillettes
Rémy Fiers·Critiques filmsPillion : Bad (BDSM) RomanceMettre en images une romance gay avec en option le milieu du sadomasochisme et du bondage est un pari très risqué. Il faut à tout prix éviter d'être dans le jugement et surtout contourner toute forme de voyeurisme ou de graveleux. Harry Lighton s'en sort avec les honneurs en se jouant de la plupart des obstacles inhérents à un tel postulat, à une séquence trop crue et trop longue près. "Pillion" se révèle pourtant aussi touchant et parfois cocasse que son contexte est particulier et réservé à un public averti.
Beatrice Delesalle·Critiques filmsMarty Supreme de Josh Safdie : quand la frénésie devient principeAvec Marty Supreme, Josh Safdie poursuit l’énergie frénétique qui a fait la signature des Safdie, porté par une performance impressionnante de Timothée Chalamet. Virtuose, tendu, saturé de musique et de mouvement, le film impressionne par sa maîtrise formelle. Reste à savoir si cette démonstration spectaculaire parvient à ouvrir une véritable brèche émotionnelle.
Jérémy Chommanivong·Critiques filmsWoman and Child : au pays des mensongesAprès le succès critique de "Leïla et ses frères" à Cannes en 2022, le cinéaste iranien Saeed Roustaee revient avec "Woman and Child", un drame social poignant sur le deuil maternel et le patriarcat. Porté par la performance magistrale de Parinaz Izadyar, ce quatrième long-métrage explore les fractures d'une société iranienne tiraillée entre mensonge social et quête de justice. Une œuvre sous contrainte qui, malgré la censure, affirme la puissance d'un cinéma de résistance.
Joseph Leonard·Critiques filmsLes dimanches : À quoi rêvent les jeunes filles ?Ainara, 17 ans, annonce un jour à ses proches qu’elle envisage sérieusement la vocation religieuse. Dans cette famille de la petite bourgeoisie espagnole, l’annonce est comme une trouée de mystère et d’incongruité, occasionnant toutes les réactions : inquiétude, dépit, respect apparent, révolte. "Les dimanches", réalisé par Alauda Ruiz de Azúa et récompensé de la Coquille d’or au Festival du cinéma de San Sebastián, prend tout le monde à revers, croyants et incroyants, dans cette histoire de jeune fille amoureuse du Christ, nous signifiant ainsi, qu’au-delà des idéologies, des chapelles, reste à la fin, l’intériorité sacrée des personnes, contre laquelle on ne peut rien, contre laquelle on ne doit rien.
Violette Villard·Critiques filmsLe Rêve américain : Candide au pays du NBA"Le Rêve américain" d’Anthony Marciano est un drôle de film sans être d’ailleurs un film franchement drôle. Drôle dans son projet de réunir deux des acteurs contemporains les plus populaires, Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, tout en jouant la carte de la tonalité modeste, neutre, presque atone. S’il est un trait saillant de l’aventure inspirée de l’histoire vraie de ces deux jeunes passionnés de basket devenus agents stars du monde de la NBA, c’est cela : une absence de panache, de brio et un jeu très retenu des deux protagonistes, Quenard et Zadi. Comme si Marciano avait passé son temps à leur demander de jouer au rabais ou de ravaler leur intensité.
Bruno Arbaud·Critiques filmsRental Family : Quand la réalité se joue de la fictionAvec Rental Family, Hikari s’empare du phénomène singulier des agences de location familiales, apparues au Japon dans les années 1980, pour en faire le cadre d’une comédie dramatique délicate. Le film suit Philipp, un acteur américain isolé à Tokyo, interprété avec finesse par Brendan Fraser. Engagé malgré lui pour jouer des rôles de proches — père, mari, journaliste — il découvre, au fil de deux missions marquantes, combien ces relations factices réveillent chez lui une sensibilité enfouie. À travers ces rencontres, notamment avec une fillette en quête d’un père et un vieux réalisateur en manque d’affection, Hikari explore la solitude, le besoin de lien et l’impossibilité de tricher avec les émotions. Porté par une mise en scène subtile, un jeu de couleurs évocateur et un regard tendre sur la culture japonaise, Rental Family devient un récit touchant où fiction et réalité se confondent pour mieux révéler l’humanité des personnages.
Violette Villard·Critiques filmsUrchin : le paumé de la terreHéritier du "Naked" fiévreux de Mike Leigh, Harris Dickinson signe avec "Urchin" un premier film hérissé comme son titre. Porté par un Franck Diliane électrique, ce récit à rebrousse-poil refuse toute rédemption facile pour filmer l’entropie d’un homme qui ne peut pas devenir un produit du Capital. Une claque tendue, d’une rudesse empathique.
Jérémy Chommanivong·Critiques filmsHurlevent : Le vent sans la tempêtePour la Saint-Valentin, Emerald Fennell offre un anti-cadeau : une passion destructrice filmée comme un cauchemar charnel où le sang remplace les roses. Son "Hurlevent" mise tout sur la provocation visuelle — sang, désir, textures organiques — mais dilue la violence morale du roman. La stylisation excessive s’oppose à la profondeur émotionnelle, débouchant ainsi sur une adaptation qui fascine autant qu'elle frustre.
Ariane Laure·Critiques filmsAucun autre choix : la guerre de l’emploiRetrouver un poste n'est pas toujours une chose aisée, d'autant plus dans le milieu ouvrier, où la machine remplace progressivement la main de l'homme. Pour survivre dans ce monde capitaliste en déclin, un père de famille licencié ne trouve qu'une seule solution : éliminer, un par un, ses concurrents potentiels. L’histoire est connue. Tirée du roman "Le Couperet" de Donald Westlake, déjà adapté en 2005 par Costa-Gavras, elle se marie volontiers à tous les genres et toutes les langues. "Aucun autre choix", la version de Park Chan-Wook, compose une satire sociale acerbe mêlant violence, humour noir et grotesque. Un mélange des genres bien rodé, qui manque malheureusement de sel.
Rémy Fiers·Critiques filmsSend Help : SOS collègue en détresse"Send Help" marque le retour de Sam Raimi à la série B avec un film de survie mêlant humour noir, gore et tension sur une île déserte. Porté par Rachel McAdams et Dylan O’Brien, ce duel cruel explore les rapports de force et offre un divertissement sanglant et jubilatoire.
Violette Villard·Critiques filmsÀ pied d’œuvre : à flanc de sujetAvec une justesse mélancolique et une élégance sobre, "À pied d’œuvre" de Valérie Donzelli, adaptation du récit de Franck Courtès, explore ces moments de fragilité humaine où la vie semble authentique, mais échoue à capturer le vertige et la violence d’une vie dévouée à l’écriture.
Thierry Dossogne·Critiques filmsNuremberg, de James Vanderbilt : l’Histoire est-elle trop grande pour le cinéma ?Bien servi par un casting solide, une production impressionnante et une confrontation entre deux personnages qui fait tout le sel de son film, James Vanderbilt s’embourbe en revanche de manière coupable dans son évocation de l’Histoire avec un H majuscule.
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