Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.
Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Avec une Affaire de famille, Kore-Eda continue de tisser sa toile qui attrape aussi bien l’intime que la société japonaise en pleine mutation, où les hommes perdent des repères mais gardent l’essentiel : l’amour.
Doit-on tout embarquer le spectateur dans l'horreur des attentats ? Erik Poppe le fait avec Utoya 22 juillet et sa caméra embarquée alors que Netflix produit Un 22 juillet sur ce qui suit l'évènement.
La douce litanie qui consiste à dire que les films de super-héros se ressemblent tous, ou qu’ils oublient leurs fondamentaux au profit d’une spectacularité inféconde et numérisée, vient d’être mise à mal par ce nouveau Spider-Man : New Generation qui se révèle être une véritable bouffée d’air frais dans la sphère du genre. L'une des meilleures retranscriptions de l’univers Spider-Man et l’un des films les plus psychédéliques et colorés que l’on ait vu depuis Speed Racer des sœurs Wachowski.
The Happy Prince de et avec Rupert Everett est un drame tantôt drôle, tantôt émouvant et bouleversant sur le génial, mais conspué Oscar Wilde, peu avant sa mort. Plus qu'un biopic, l'occasion de redécouvrir un des plus grands auteurs et surtout la naissance d'un grand metteur en scène.
Le nouveau film de Kirill Serebrennikov qui a fait grand bruit à Cannes est un film très inventif sur une jeunesse soviétique dont on parle peu, celle du microcosme du rock des années 80. Alors que la bande annonce nous enivre, le propos du cinéaste est assez dilué dans ses propres fulgurances, et le film tourne parfois en rond.
En 2018, la ville de Salem est de nouveau la proie d'une chasse aux sorcières, sauf qu'aujourd'hui elles n'envoient plus des sortilèges mais des "nudes". Avec Assassination Nation, Sam Levinson attaque de manière frontale la bonne vieille morale américaine en racontant l'histoire de 4 amies prises dans la tourmente après un "leak" ayant touché l'entièreté de la ville. Un film peu subtil mais absolument électrisant.
Cassandro the exotico ! vous mettra KO par tant de tendresse et d'humanité contenues en son personnage. Immense catcheur mexicain, Cassandro a su s'imposer avec ses propres codes dans un milieu machiste. Le documentaire réalisé par Marie Losier sur sa belle personne, donne une envie folle de le rencontrer et d'entendre de vive voix toute cette force dont il fait preuve constamment pour remonter sur le ring et être lui même. Malgré les blessures, il rayonne.
Avec son allure de conte pop moderne et son caractère de série Z, suivant les errements d'un footballeur riche mais béat d'innocence, Diamantino fait plaisir à voir car il combat toute forme de cynisme, met sur un même piédestal toute forme de sexualité, et avec son caractère fauché, montre que le cinéma peut se jouer des genres avec roublardise et générosité.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.