Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
Profitant d’une sublime bande originale punk et krautrock, How to talk to girls at parties s’avère être un mélange peroxydé entre la romance SF et le feel good movie musical. Un peu inégal, pas aussi transgressif qu'il aurait pu l'être, le film n'en reste pas moins une bluette punk qui magnifie la construction d'un soi par l'ouverture aux autres et l'envie de briser les frontières de nos certitudes.
Avec Sicilian Ghost Story, le duo italien Fabio Grassadonia et Antonio Piazza transcende un fait divers atroce ayant ébranlé l'Italie et le transforme en conte onirique mettant en avant un amour d'enfance pris au piège du terrible monde des adultes qui l'entoure.
Semblable à ses compatriotes roumains par le naturalisme très efficace de son très beau film Pororoca, pas un jour ne passe, Constantin Popescu s'en détache par le parti pris d'un film presque de genre. Critique.
Le Cercle littéraire de Guernesey est-il une adaptation fidèle du roman des amateurs d'épluchures de patates ? La réponse importe peu tant une chose est sûre, ce n'est pas un bon film, tout juste un divertissement bâclé mettant laborieusement en scène des enjeux sentimentaux joués d'avance et de bons gros sentiments. A voir cependant en salles dès le 13 juin 2018.
Critique du film Désobéissance, de Sebastián Lelio. Le film est rempli de qualités notamment dans la sobriété de sa mise en scène et son traitement de la liberté mais on s'attendait à mieux en voyant Rachel McAdams en épouse juive orthodoxe.
Pour un premier film, Ari Aster donne un grand coup de pied dans la fourmilière du cinéma horrifique. Hérédité s’inscrit dans cette nouvelle mouvance du cinéma de peur qui terrasse le spectateur autant par son ambiance anxiogène, aride et malaisante que par ses soubresauts d’épouvante épidermiques.
La mauvaise Réputation de la Norvégienne d'origine pakistanaise Iram Haq est un film émouvant et dense qui alerte sur des pratiques ancestrales très sexistes qui existent encore dans cette société qui a peur du qu'en dira-t-on par dessus tout.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.