Dans la Lettonie soviétique, une adolescente issue d’une famille russe de Vieux-Croyants découvre le basket comme une sortie possible hors de son isolement. Avec Ulya, Viesturs Kairišs imagine le chemin intérieur qui mène Ouliana Semionova vers elle-même.
Avec Hope, Na Hong-jin livre un blockbuster sud-coréen spectaculaire mêlant action, horreur et science-fiction, porté par une mise en scène virtuose malgré un scénario plus conventionnel.
"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
La Malédiction de la Dame Blanche fait peur. Non pas que le film soit terrifiant, plutôt qu'il démontre que le remplaçant de James Wan sur Conjuring 3 n'en possède pas le talent, livrant avec ce nouveau spin-off un titre horrifique certes efficace mais banal au possible.
El Reino de Rodrigo Sorogoyen, oeuvre qui roule à pleine vitesse sans jamais regarder dans le rétroviseur, place ses pions avec vertige et écrit les ressorts d’une partie d’échec politicienne qui n’a pas fini de nous clouer au siège. El Reino est donc un coup de force, un labyrinthe parfois difficile à suivre mais qui se sert du genre pour tacher de sang le mur d’une politique espagnole viciée et aux abois.
Si l'on retrouve avec délectation le couple Sabine Azéma/André Dussollier, le réalisateur Étienne Chatillez s'est, lui, entièrement perdu dans les méandres de la comédie française avec cette suite gentillette, paresseuse et littéralement sans fin.
Pour son nouveau film Blanche comme neige, une adaptation du conte des frères Grimm, et malgré une orchestration impeccable, Anne Fontaine souffre d’un scénario un peu trop léger qui aboutit sur un film pas suffisamment solide où les exploits érotiques de sa protagoniste tiennent lieu de point d’orgue.
Simetierre version 2019 est un ratage malheureux qui dépeint une horreur édulcorée et sans génie, dans un film qui échoue à réinventer l'histoire de King et à renouer avec sa formidable profondeur.
Ayant trouvé la bonne formule avec Aquaman, le tandem Warner/DC continue sur sa lancé avec Shazam!, un film de super-héros tout aussi banal mais qui parvient à amuser la galerie de par son aspect fun, ludique et efficace.
Voulant à tout prix rendre hommage à son cinéaste préféré, Jean-Pierre Melville, en faisant un film de résistance tout en créant une nouvelle mythologie SF, le réalisateur Rupert Wyatt s'est pris les pieds dans son ambition démesurée et livre avec Captive State un film manquant cruellement d'écriture.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.