Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
Ma Vie avec John F. Donovan, c'est l'histoire de la construction de Dolan aussi bien en tant qu'artiste qu'en tant qu'homme. Certains défauts n'en feront pas son plus grand chef d’œuvre mais feront de ce film l'un des plus personnels du réalisateur, qui touche profondément par ce qu'il livre de lui.
« Chicken of the Dead » est un exercice graphique d'excellente facture : en dix minutes à peine, Julien David nous immerge dans l'envers cauchemardesque de l'industrie agroalimentaire. Dans le sillage de Bernard Lepique, patron sans scrupules, on découvre tour à tour un maire complaisant, des consommateurs ahuris et un capitalisme générateur de chaos - mais certainement pas d'états d'âme.
Dans son dernier film, Les Éternels, Jia ZhangKe reste vigilant par rapport à l’évolution de son pays et de son impact sur la trajectoire des hommes, en l’occurrence de celle d’une femme, Qiao, magnifiquement interprétée par la sienne, l’impeccable Zhao Tao.
Safy Nebbou a su capté une nouvelle fois avec bienveillance et tendresse le parcours d'une femme, après celui de Raphaël Personnaz dans les forêts de Sibérie, et porter au plus haut Juliette Binoche dans ce très réussi Celle que vous croyez.
Avec ce Dossier 64, le réalisateur Christoffer Boe clôt en beauté cette série de quatre adaptations des romans policiers du Danois Jussi Adler-Olsen, Les Enquêtes du Département V. Un final au rythme soutenu et constamment sous tension.
Pour son premier film, Josie Rourke offre avec Marie Stuart, Reine d'Écosse un film historique cinématographiquement léger, mais aux thématiques passionnantes, où deux reines deviennent comme les bastions du genre féminin tout entier et se battent pour s'affirmer en tant que tels dans un monde d'hommes sans grandeur.
Nous sommes en 1983 et la comédie familiale qui sort ce mercredi est si transgressive ! Pete (Mark Walhberg) et Ellie (Rose Byrne) rénovent des maisons et se voient pousser des envies de famille par la grâce d'une improbable succession de vannes lourdes : elle ne sait pas si elle veut des enfants, lui se trouve trop vieux pour en avoir. Alors, sacré blagueur, il lui propose d'en adopter un âgé déjà de cinq ans pour antidater sa déclaration de papa trentenaire. Un blanc, et hop ! Le film est lancé. Un prologue en guise de prévention très efficace : faites gaffe aux mauvais scripts sur la route, c'est hyper dangereux. Et ça dure presque deux heures. L'année ? Quoi l'année ?
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »