Un accident contraint Vicente à quitter le petit paradis pour gays qu'est "Maspalomas", aux îles Canaries, pour une maison de retraite médicalisée à San Sebastián. Ce retour à la "vie d'avant" va le confronter à son passé tout en questionnant son identité. Un film riche, sensible, souvent subtil, servi par une réalisation hélas un peu trop académique mais transcendée par la composition de son acteur principal, José Ramón Soroiz.
"Des Minions et des monstres" replonge dans le Hollywood des années folles, entre références à Chaplin, Keaton et "Chantons sous la pluie". Si Illumination livre une bonne surprise pour ce début d'été, le film peine à transformer ses idées en véritable souffle d'aventure, restant prisonnier d'un confort thématique déjà visible chez d'autres studios.
"Toy Story 5" déçoit malgré une belle animation. Woody trahit sa fin du quatrième opus, Buzz reste secondaire et c'est Jessie qui porte tout le poids émotionnel du film. Un scénario qui ne décolle jamais, des décors paresseux... Disney a-t-il fini par essorer sa propre saga ?
Les Braises de Thomas Kruithof, avec Virginie Efira, s’impose comme un film social français sur les gilets jaunes. Très sage et évitant la caricature, il laisse pourtant un goût d’ennui poli malgré une mise en scène sobre.
Dans une comédie satirique librement inspirée de l’affaire Banier-Bettencourt, Thierry Klifa orchestre un huis clos familial explosif entre une milliardaire fantasque, sa fille jalouse et un artiste excentrique. Porté par le duo flamboyant Isabelle Huppert et Laurent Laffite, le film mêle humour grinçant, secrets de famille et guerre d’héritage sur fond de collaboration et de rivalités intimes. Présenté hors compétition à Cannes 2025, ce thriller comique séduit par sa mise en scène cossue, ses dialogues ciselés et son regard acide sur les failles humaines derrière les fortunes.
Deux Procureurs : Sergei Loznitsa ausculte la mécanique du pouvoir dans un film aussi glacé qu’hypnotique. Le pouvoir, l’abus de pouvoir, l’absence de contre-pouvoir sont les thèmes brûlants évoqués sous couvert d’un retour sur la terreur stalinienne.
A travers l'histoire méconnue de la Grande Arche de la Défense, Stéphane Demoustier signe le portrait d'un artiste intransigeant qui soulève de passionnantes question sur la création et ses compromis. Derrière l’ambition de son projet, le film peine toutefois à trouver son souffle, oscillant entre caricatures et références appuyées, malgré quelques belles réussites de mise en scène.
Dan Trachtenberg revient avec "Predator : Badlands", plaçant le Predator au centre d’un vaste univers alien. Spectaculaire et visuellement ambitieux, le film explore la survie, la chasse et la quête de reconnaissance d’un héros légendaire, mêlant hommage à la saga, créatures inédites et dimension mythologique.
François Ozon relève le pari risqué d’adapter L’Étranger de Camus en préservant l’énigme de Meursault tout en actualisant le récit. Entre lumière écrasante, sensualité brute et dénonciation subtile du colonialisme, le film conjugue fidélité et réinvention. Servi par l’interprétation habitée de Benjamin Voisin, il s’impose comme l’une des œuvres les plus abouties du cinéaste.
Vue à hauteur de chien, la peur change d’odeur. Avec "Good Boy", Ben Leonberg signe un film de possession intime et organique, où la maladie, la solitude et l’attachement s’enlacent dans une maison vivante. Porté par le regard bouleversant d’un chien, ce huis clos entre horreur et tendresse explore la fidélité jusqu’à la mort.
"Yoroï", réalisé par David Tomaszewski et porté par Orelsan, bouscule les codes du film de super-héros. Entre introspection, comédie et drame, cette œuvre sincère mêle amour du Japon, réalisme poétique et scènes d’action maîtrisées. Un film surprenant, touchant et visuellement bluffant, où Orelsan affronte ses démons avec justesse et humanité.
Avec "L’Origine de l’humour", Mab remonte jusqu’à la préhistoire pour confier à un chasseur médiocre une mission divine : faire rire l’humanité. Une genèse joyeusement idiote, publiée chez Fluide Glacial, où le gag devient une affaire très sérieuse.
Avec ce troisième volume de l’arc Saiyan en édition Full Color, Dragon Ball atteint, mine de rien, l’un de ses sommets narratifs. Le duel entre Goku et Vegeta passera en effet à la postérité : explosion de puissance, nouvelles techniques de combat, tandis que les conséquences de cet affrontement bouleverseront durablement l’univers imaginé par Akira Toriyama.
Avec ce premier tome, Patrice Perna et Malo Kerfriden signent une bande dessinée historique tendue, qui raconte le triple effondrement d’un homme, d’un régime et d’un mythe.
Avec "Agnès la Chevaleresse", Damien Geffroy se délecte des mythes de l’heroic fantasy. Pièce après pièce, avec une jubilation fortement communicative, il imagine un récit entre satire des histoires chevaleresques, héroïne obstinée et vieux mentor plus porté sur la chopine que sur l’honneur. L’auteur livre aux éditions Fluide Glacial une aventure légère, drôle et souvent irrésistible.
À l'heure où Wall Street commence à façonner le monde moderne, un adolescent en fuite croise la route d'un vagabond qui lui apprend à regarder l'Amérique autrement. Avec "Baby Boxer Banker", premier volet de La Vie extraordinaire d'Arizona Joe, Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour signent un récit d'initiation où l'aventure se mêle à la filiation, la liberté et les promesses contradictoires du rêve américain.