Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.
Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.
Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.
« Je m’appelle Jean-Pascal, j’ai 38 ans et je suis en colère. Je suis en colère parce que la situation des noirs dans ce pays, elle est catastrophique. C’est pour ça que j’ai décidé d’organiser le 27 Avril prochain une grosse marche de protestation noire, place de la république. » C’est par cette déclaration que débute le film Tout simplement Noir, de Jean-Pascal Zadi et John Wax. Retour sur une sortie ciné des plus attendues et faisant écho à l’actualité.
Le jeune cinéaste israëlien, Yaron Shani captive notre attention avec ce diptyque, Chained et Beloved, qui évoque selon des points de vue différents, masculin et féminin, une relation qui est sur le point de s’éteindre. Deux films complémentaires qui forment un tout empli de sensibilité, malgré quelques longueurs.
Il y a autre chose, et peut-être plus encore, derrière cette chasse, qui nous rappelle ici qu'elle est aussi le symbole d'un public qu'un artiste prendrait plaisir à singer, pourchassé par une épuisante quête de sens. A l'image d'autres grands secrets comme ceux d'Under The Silver Lake (David Robert Mitchell, 2018), de GTA V ou de la terre plate, on n'oublie en effet tout ce que nous raconte le cinéaste avec ce merveilleux plan de fin : qu'il n'y a qu'un pas entre l'ascension et la chute.
La Nuit venue est un beau film sur un Paris périphérique, aussi noctambule que désert. Frédéric Farrucci puise dans la nuit tout un éventail de visions, allant autant vers le sensoriel que vers le social et la mue des quartiers en sourdine.
Felicita de Bruno Merle est un pari risqué au premier abord. 13 ans après Héros, souvent présenté comme un bide, le réalisateur revient sur les écrans. Il propose une comédie enlevée, souvent bancale, avec trois formidables acteurs et beaucoup de poésie. A découvrir en salles dès le 15 juillet 2020.
Été 85 a tout de la promesse trahie. Certains espéraient découvrir un Call Me By Your Name à la française, d’autres un thriller maritime aux allures de Plein Soleil. Le nouveau film de François Ozon n’a jamais prétendu être l’un ou l’autre, cherchant sa propre voie au carrefour d’une romance estivale onirique et d’un drame policier plus terre-à-terre. Le problème, c’est qu’Été 85 n’est pas très harmonieux par son mélange des genres, par son style, ses tonalités, et sonne assez faux dans sa globalité.
Premier film d'une maîtrise imparable, Lucky Strike ne transcende pourtant jamais son genre mais parvient quand même à s'imposer comme un malin plaisir.
On pense inévitablement à Hirokazu Kore-eda en regardant Les Meilleures Intentions, premier film de la cinéaste argentine Ana Garcia Blaya, fortement teinté d'autobiographie. Une chronique familiale tendre et émouvante au rythme de la musique, dans l'Argentine des années 90. Dans nos salles le 15 juillet.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.