Les films de septembre : Wedding Nightmare, Deux moi, Ça…

Le cinéma a repris sur les chapeaux de roue en septembre avec la sortie de plusieurs très grosses attentes : Ad Astra, Ça chapitre 2, Bacurau… Il y en avait pour tous les goûts dans les salles obscures et la rédaction a pris le temps de revenir sur certaines de ces sorties et de la grande ressortie du mois : Apocalypse Now Final Cut.

Wedding Nightmare, de Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett : une satire horrifique sur le mariage.

Bien que la nomination film d’horreur soit présente, il ne faut pas s’attendre ici à un énième blockbuster du genre préférant nous surprendre à coup de jump scares gratuits et autres phénomènes paranormaux (mention au Conjuring-verse). Avec Wedding Nightmare, attendez-vous à un divertissement du même genre que Get Out, Us et la saga American Nightmare, à savoir une satire allant droit au but. Une vision bien gore, acide et moqueuse du mariage, dévoilée sous une avalanche de violence jouissive et portée par une Samara Weaving (nièce du grand Hugo) des plus impliquées. Un divertissement indépendant qui saura divertir comme il se doit, à défaut de vraiment marquer les esprits de par son hésitation sur le ton à adopter. Jonglant entre le sérieux via une photographie léchée et du drame parfois pompeux, et un second degré à la fois surprenant et souvent grotesque, Wedding Nightmare peut paraître bien bancal dans son résultat final. Un fait qui se confirmera lors d’un climax grand guignolesque, laissant pour le coup le spectateur sur sa faim.

-Sebastien Decocq

Ça : Chapitre 2, d’Andrés Muschietti : une suite plus clownesque et édulcorée

La plus grosse attente de cette rentrée 2019 s’avère être une déception, n’ayons pas peur des mots ! Même si le premier film se montrait discutable du point de vue horrifique, nous ne pouvions nier ses qualités (casting aux petits oignons, Bill Skarsgård en Pennywise, son ambiance très Stranger Things, son efficacité certaine…) et son statut de meilleure adaptation de Stephen King depuis belle lurette. Sans parler, bien évidemment de sa rentabilité, qui en fait à ce jour le film d’horreur ayant le plus rapporté à travers le monde. Oui, Ça : Chapitre 2, nous l’attendions de pieds fermes ! Et si le charme opère toujours via ses personnages, son casting en béton (mention spéciale à Bill Hader) et quelques séquences réussies (dont une introduction des plus marquantes), nous ne pouvons pas dire que le résultat soit à la hauteur des attentes. Divertissant et efficace, certes, mais tellement édulcoré. En effet, cette suite donne l’impression d’avoir été faite à la va-vite, au point d’en être grotesque par moment. La faute revenant principalement à une surdose d’effets numériques de piètre qualité et à une photographie beaucoup moins maîtrisée, gâchant l’aspect horrifique de la plupart des scènes (la grand-mère, le lépreux, la statue…). Ajoutez à cela une narration bien plus mécanique que dans le précédent opus et une durée excessivement longue (2h49) qui étire le récit sans raison, et vous obtenez un blockbuster d’horreur avec moins de cachet et de prestige que son prédécesseur. Avec beaucoup d’idées, mais ne sachant pas comment les traiter comme il se doit au profit d’un spectacle parfois bien trop clownesque.

-Sebastien Decocq

Deux moi, de Cédric Klapisch : symétrie des âmes 

Au delà de la façon dont Klapisch se saisit des solitudes qui animent notre génération, Deux Moi offre surtout une grande dynamique dans laquelle le cinéaste inscrit la fusion de deux âmes qui se frôlent et se répondent sans se rencontrer. L’intelligence de l’écriture et le jeu de symétrie est simple mais pourtant très efficace. Non sans cliché ou sans facilité mais avec un charme qui finit par se dégager de cet ensemble moderne, lumineux où certaines scènes enfoncent le film (chez les psys) tandis que d’autres l’élèvent (chez l’épicier). Le film pétille autant que ses jeunes acteurs qui apportent leur jeunesse là où elle est nécessaire. Les comédies qui font passer de jolis moments.

-Gwennaëlle Masle

Apocalypse Now Final Cut, de Francis Ford Coppola

Apocalypse Now Final Cut : Depuis 40 ans, Apocalypse Now occupe une place de choix dans le cinéma américain : celui d’un totem que tout bon cinéaste ou cinéphile a découvert un jour quitte à s’en voir inspiré par la suite. Alors, quand l’artiste derrière sa conception, Francis Ford Coppola, décide de nous sortir une ultime version, sobrement intitulée Final Cut & remasterisée en 4K, l’émotion est forcément présente. Puisque à l’issue de ces 3h02 de projection, on en ressort lessivé, ébahi, transfiguré même par l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma et surtout ragaillardi par cette vision d’un auteur qui a su s’imposer et devenir une de celles définitives dès lors qu’on aborde le Vietnam au cinéma. Chef d’œuvre à voir et à revoir.

-Antoine Delassus

https://www.youtube.com/watch?v=VyNwha5hrAo

Bacurau, de Kleber Mendonça Filho : un cri du cœur d’une singularité vivifiante

Artiste brésilien connu pour son engagement social et sa manière de glisser du fantastique & un soupçon de thriller dans ses œuvres, Kleber Mendonça Filho n’a pas failli à sa réputation en présentant Bacurau au dernier Festival de Cannes. Dans cette histoire qui convoque les atours d’une dystopie et les codes du western, on y suit le quotidien précaire d’une bourgade perdue en plein désert (Bacurau donc) qui va se voir menacée par un régime politique corrompu qui l’assèche littéralement, des mercenaires américains prêts à en découdre et un climat difficile. De ce canevas très politique dont il se détache finalement en ne renseignant pas la temporalité, le cinéaste en tire une leçon de cohésion et de révolte, en montrant un village soudé face à des oppresseurs et qui va prendre le fusil pour se défendre. De quoi apposer sur l’oeuvre un petit parfum qu’on se le dise jubilatoire mais aussi très actuel, tout en le rendant incisif et sec, un peu à la manière d’un John Carpenter des 80’s. Bref, Bacurau c’est solide, original et surtout nécessaire par les temps qui courent.

-Antoine Delassus

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

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