Analyses

« Soudain », un chemin patient vers l’intime

L'amitié entre une directrice française d'EHPAD et une metteuse en scène japonaise. De cet argument simple, Ryusuke Hamaguchi tire un film épuré et pourtant foisonnant, aussi sensible que politique, sans jamais forcer le trait si ce n'est dans quelques redondances. Analyse.

L’Être aimé : l’autre « Abandon »

Prenant le point de départ du Valeur sentimentale de Joachim Trier, l'histoire d'un cinéaste qui tente de renouer avec sa fille par l'intermédiaire d'un projet cinématographique, Rodrigo Sorogoyen propose une tout autre approche. L'intensité de sa mise en scène raconte le poids d'un passé qui vient perturber le tournage. Un abandon qui hante ce père comme sa fille. Analyse, en cinq scènes fortes.

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Dumbo, Le Roi Lion, Aladdin.. : Que cachent les remakes de Disney?

Depuis 2010, la firme aux grandes oreilles s’attelle à un immense chantier : reproduire ses classiques en prises de vue réelles pour les sortir au cinéma. A travers l'exploitation de la nostalgie des spectateurs, Disney semble avoir trouvé le bon filon. Pourtant, derrière ces nouvelles versions du Roi Lion ou d'Aladdin semblent se terrer des considérations plus importantes. Capitalisme culturel, lobbying et histoires de copyright, qu'est-ce qui se cache derrière la nouvelle stratégie de Disney ?

De La Soif du Mal director’s cut à The Other Side of the Wind : Orson Welles sans Orson Welles

À l'occasion de la redécouverte de La Soif du Mal director's cut à l'Arras Film Festival 2018 et de la sortie de The Other Side of the Wind sur Netflix, retour sur ces travaux d'Orson Welles respectivement remontés et menés à terme sans Orson Welles, bien après son décès en 1985. Des films d'Orson Welles sans Orson Welles ? Ou des œuvres portées par un procédé plus litigieux que salvateur ?

Twin Peaks The Return, l’affirmation du renouveau

Twin Peaks revient avec du vomi, un arbre qui parle, un gamin qui tire dans la rue, l'explosion d'une bombe atomique et des embouteillages. Vous prendrez bien une part de cherry pie ?

Pourquoi Les Filles du soleil est un des films les plus importants de 2018 ?

S'il y a quelque chose de viscéral qui se dégage de Les filles du Soleil d'Eva Husson, c'est parce que le film traite de sujets graves avec une grande mélancolie. Mais hormis l'exercice esthétique très réussi, le film se place comme une production majeure de cette année dans ce qu'il dit de la force des femmes.

After my death : corps et adolescence, frères de cinéma ?

Souvent associés au cinéma, corps et adolescences deviennent presque incompatibles dans le très désabusé After my death. Venu tout droit de Corée du Sud, pays marqué par de nombreux suicide, ce film a le mérite de nous questionner sur la capacité du cinéma à sans cesse réinventer le corps à l'adolescence, sans jamais le figer. After my death sera en salles le 21 novembre 2018.

Les couronnes perlées du cinéma : Zombie Strippers, quand la nécrophilie rencontre Ionesco

Considéré comme un vulgaire nanar par le grand public, Zombie Strippers se révèle être une adaptation de Ionesco dans un écrin de film d'exploitation Grindhouse.

Le cas The Room

Alors que The Disaster Artist arrive dans nos salles de cinéma le 7 mars 2018, retour sur le légendaire film avec lequel tout à commencé : The Room de Tommy Wiseau.

Eyes Wide Shut, film culte des complotistes ?

En 1999 sortait le film "culte malgré lui" des complotistes : Eyes Wide Shut

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.