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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

Paradaïze, où l’antichambre de l’enfer

« Tout ça, c’est la faute du gros, voilà ce qu’il allait leur dire. La faute de Franco Andrade et de son obsession pour madame Marián. Polo n’avait fait que lui obéir, suivre les ordres qu’il lui donnait. Cette femme le rendait complètement fou, Polo en avait été témoin, depuis plusieurs semaines le gars ne parlait que de se la faire, la posséder, d’une manière ou d’une autre ; il n’avait que ça à la bouche, il le répétait comme un disque rayé, le regard perdu et les yeux rougis par l’alcool, les doigts tout gras à cause du fromage en poudre que ce gros porc n’essuyait avec sa langue que lorsqu’il avait fini tout le paquet de chips, format familial. »

Whisky (ex Bidouille)

« Leçon du jour, mon gars… Si tu veux pouvoir profiter d’un des rares terrains vagues qui existent encore, ne laisse JAMAIS les artistes s’y installer !! Les artistes, c’est l’avant-garde de la bourgeoisie ! Ces types sont capables de sublimer n’importe quoi ! Du hangar miteux au bled paumé en passant par le pire coupe-gorge ! En deux temps, trois mouvements, tu te retrouves avec une armée de fêtards… de bars… de galeristes… d’agences immobilières… et de tout un tas de pigeons qui trouvent que l’endroit est pâââârfait pour se reproduire ! »

« L’Amourante » : quand l’amour devient élixir de jouvence

Avec "L’Amourante", Pierre Alexandrine propose aux éditions Glénat une bande dessinée singulière, articulée autour d'une variation subtile et féministe sur le mythe de l’amour éternel et du corps soumis au regard des autres.

« Squad », ou l’adolescence à crocs découverts

Dans "Squad", roman graphique signé Maggie Tokuda-Hall et Lisa Sterle, les adolescentes ne se contentent plus de rêver d’émancipation : elles la dévorent et la hurlent les nuits de pleine lune. Ce récit aux allures de teen drama fantastique prend rapidement une tournure bien plus profonde et dérangeante, dans un écrin graphique aussi acidulé que trompeur.

Glénat BD poches : sept récits au format de poche, sept mondes à emporter

On le sait, les déclinaisons de formats et d’éditions se multiplient, avec plus ou moins de succès. C’est précisément ce que propose Glénat avec sa collection « Glénat BD poches » : une ligne claire et dense, pensée pour élargir le lectorat sans sacrifier la qualité, pour remettre en lumière des œuvres fortes et offrir aux lecteurs des récits de fond dans un écrin de poche. Sept nouveaux albums sont à découvrir sans tarder.

« Cargo – Pavillon barbare » : croisière en eaux troubles

Un cargo bat pavillon d’un réalisme grinçant. Dans "Cargo – Pavillon barbare", Bruno Costès et Clément Belin s’aventurent sur les flots agités d’une fiction délibérément chaotique. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le voyage ne sera pas de tout repos. C'est à découvrir aux éditions Delcourt.

« Gotlib et la musique » : un album qui groove avec tendresse et irrévérence

Chez Gotlib, la musique n’était ni un accompagnement ni une simple influence : c’était un véritable carburant. Un tremplin vers l’absurde, un complice discret tapi dans les marges de ses planches. Le nouvel opus de la collection Les Jolis P’tits Cultes, sobrement intitulé "Gotlib et la musique", explore cette passion dévorante qui infusait ses cases d’une fantaisie mélodique souvent jubilatoire.

« Fuck ze tourists » : une satire grinçante et contemporaine du surtourisme

Dès les premières pages de ce nouvel opus de Fluide Glacial, signé Zidrou et illustré par Éric Maltaite, on ressent une volonté radicale de décrypter, voire de dénoncer, l’évolution du tourisme à l’ère du numérique et de l’excès. L’album s’inscrit dans la lignée des critiques acerbes des dérives de nos sociétés modernes, mêlant humour corrosif et observations sociales percutantes.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.