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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Albertine a disparu » : silence rural

Paru chez Glénat, "Albertine a disparu" est un roman graphique d'une grande justesse, entre chronique villageoise et polar feutré, nourri d’un fait divers bien réel. Scénarisé par deux journalistes – François Vignolle, ex-directeur de la rédaction de RTL et fin connaisseur des arcanes judiciaires, et Vincent Guerrier, rédacteur en chef d’un hebdomadaire normand – le récit tire sa force de ce double ancrage : une fidélité au réel et une capacité à en tirer une fiction ciselée, pudique et saisissante.

« Ancolie », ou la sorcière de l’apathie moderne

Salomé Lahoche publie aux éditions Glénat un roman graphique intitulé "Ancolie", du nom de son héroïne hallucinée, irrévérencieuse et furieusement borderline. En 128 pages, elle s’empare de la figure millénaire de la sorcière pour la propulser au XXIᵉ siècle, non pas pour la réenchanter, mais pour la confronter à l’absurde, à l’épuisement moral et à la décomposition lente d’un monde sans horizon.

« Dred Scott » : enquête sur les fantômes d’une Amérique fracturée

1893, New York. Dans le vacarme d’une ville en pleine mutation, un jeune Afro-Américain, orphelin et marqué au fer rouge, tente de s’extirper du magma social. Dred Scott hérite ici du rôle de témoin actif, d’enquêteur par accident et d’archéologue malgré lui d’une mémoire collective encore croupissante. Un polar historique ? Un western urbain ? Un récit d’initiation aux allures de confession ? Tout cela à la fois, avec une ambition sincère, mais pas toujours bien calibrée.

« Mise en scène et coordination de l’intimité » : une révolution silencieuse

Il arrive qu’un livre, sans hausser la voix, parvienne à déplacer des lignes jusque-là figées. "Mise en scène et coordination de l’intimité" de Rachel Zekri (Armand Colin) appartient à cette catégorie d’ouvrages discrets mais nécessaires, ceux qui ouvrent des chemins concrets, balisés, pour mieux transformer nos pratiques et nos représentations.

« La Vallée du vivant » : chronique douce-amère d’un éveil écologique

À mi-chemin entre le roman graphique et le documentaire illustré, "La Vallée du vivant" s’avance comme un conte initiatique enraciné dans une France bien réelle : celle de la Drôme, et plus précisément cette Biovallée que d’aucuns considèrent comme un laboratoire à ciel ouvert pour une écologie incarnée. Un récit qui se veut à la fois introspectif et collectif, personnel et universel. 

La Petite Bonne de Bérénice Pichat : au cœur d’une mise en scène romanesque implacable

La Petite Bonne est le quatrième roman de Bérénice Pichat, celui qui l'a révélée au grand public. Un passage par l'émission "La grande librairie" en pleine rentrée littéraire 2024, une parution promise au Livre de Poche, voilà le petit succès du livre qui vient de recevoir le Prix des libraires 2025.  Bérénice Pichat livre un roman polyphonique, entre prose et vers libres. Elle raconte l'après-guerre, les gueules cassées, l'invisibilité. Une rencontre aussi. Le tout dans un (presque) huis-clos sur deux jours décisifs et tragiques, emprunts de musique et de reconnaissance.

Plus loin qu’ailleurs, envers et contre tout

« Pensée du jour : un aveugle peut entendre que quelqu’un est beau, mais comment lui décrire une couleur ? »

Escale à haut risque à Porto Rico

« Ah ! J’ai oublié… Nous avons aussi les aveux de votre femme concernant son agression à coups de cendrier envers notre ami commun… Il nous les a donnés pour faire bon poids bonne mesure… Vous voyez que vous avez tout à gagner en coopérant avec nous… »

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.