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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Ruridragon » : une chronique douce-amère de l’adolescence

Un matin comme les autres, Ruri Aoki, une lycéenne plutôt discrète, se réveille avec une paire de cornes sur le crâne. En guise d’explication, sa mère lui confie, avec un flegme un brin déconcertant, qu’elle tient cela de son père, un dragon. Ainsi débute Ruridragon, premier tome d’une série qui s’est rapidement taillé un joli succès au Japon, et qui arrive enfin en France aux éditions Glénat.

Rue des maléfices : chronique secrète d’une ville

« … Il y a Môssieur Mogniaud, actuellement professeur d’histoire dans une institution privée, dégommé du haut poste qu’il occupait à la Tour Pointue, service des Étrangers, pour ses peu gammées opignons. Il y a papa Bonnechose, avokâ-docteurendrouâ, ivrogne, cacochyme et rabougri, accompagné de deux ou trois rigolos souventes fois d’Henri Vergnolle, grand et gros lippu, architecte et chochialiste mais pour l’instant rangé des voitures pour l’unique raison qu’il n’y a plus de voitures, sauf celles de la Wehr-heim. »

D’or et d’oreillers, dans l’univers des contes

« - Sadima ! Prenez place. J’ai pensé que nous pourrions apprendre à nous connaître. - Oui milord. - Appelez-moi Adrian. - Bien milord - Sadima, je dois reconnaitre que nous ne sommes pas partis sur le meilleur pied. Je ne sais pas me comporter avec les gens. Préoccupé par ma situation, je ne vous ai pas suffisamment prêté attention. Je serai plus attentif dorénavant. Discutons un moment, voulez-vous ? - Si vous le souhaitez. Nous allons commencer par la météo. Après quoi nous évoquerons les patrons de robes, les sujets d’aquarelle… - Vous avez l’air de connaitre votre sujet. Je vous laisse diriger la conversation. - C’est pourtant le rôle de l’homme, milord. - Appelez-moi Adrian - Mais enfin ! Certainement pas. »

« Berserk – Édition Prestige » : un chef-d’œuvre en majuscule

Peu de mangas atteignent la densité, la noirceur et l’élégance tragique de "Berserk". Depuis sa création par Kentarō Miura en 1989, cette œuvre inclassable s’est imposée comme l’un des monuments du genre dark fantasy. Les éditions Glénat lui rendent aujourd’hui un hommage à sa hauteur, en publiant une somptueuse édition prestige en deux volumes massifs (près de 900 pages cumulées), qui couvre les débuts de la série jusqu’au chapitre 6 de "L’Âge d’or". Soit la première grande respiration du récit : des débuts ultra-violents du Guerrier noir à la constitution de la Troupe du Faucon. Des arcs fondateurs, imprimés ici sur grand format cartonné, avec pages couleur inédites et traduction entièrement revue. Un soin éditorial remarquable, à l’image de l’œuvre qu’il célèbre.

« Albert Kahn » : banquier des peuples et philanthrope du regard

Il arrive parfois qu’un destin discret traverse le vacarme de l’Histoire pour mieux éclairer notre propre présent. C’est à cet exercice subtil que se livre l’album graphique "Albert Kahn" (Glénat), qui met en scène la vie étonnante de ce banquier alsacien — juif, humaniste, célibataire, sans descendance — dont l’ambition ne fut jamais d’accumuler pour lui-même, mais d’ouvrir des fenêtres sur le monde pour les autres.

« BRZRKR Bloodlines » (Tome 2) : voyage sanglant à travers les siècles

Si l’éternité est un fardeau, Unute, l'immortel imaginé par Keanu Reeves, nous rappelle qu’elle est aussi un prétexte inépuisable à l’aventure. Dans ce second volume de "BRZRKR Bloodlines", les auteurs nous invitent une fois encore à feuilleter les pages sanguinolentes du passé de ce personnage fascinant. Après un premier spin-off prometteur mais quelque peu inégal, ce nouvel opus affiche une ambition plus affirmée, tant sur le plan narratif que graphique.

« Le Dernier vol de Dan Cooper » : l’éternelle énigme d’un pirate du ciel

Les éditions Glénat publient "Le Dernier vol de Dan Cooper", de Jean-Luc Cornette et Renaud Garreta. Un exercice d'imagination convaincant, qui donne une matérialité à Dan Cooper après son célèbre "casse aérien".

« Emma » : Jane Austen, ou l’art de la comédie sociale

Parmi les grands romans de Jane Austen, on trouve en bonne place "Emma", publié en 1815. Moins sombre que Mansfield Park, moins romantique qu'Orgueil et Préjugés, ce texte, aujourd'hui adapté en roman graphique, se déploie telle une brillante comédie de mœurs, un tableau délicatement ironique de la société anglaise du début du XIXe siècle. Avec Emma, la romancière britannique atteint un équilibre subtil entre légèreté narrative et profondeur psychologique. Elle livre surtout un portrait de femme aussi agaçante qu’attachante, au cœur d’un monde régi par les conventions, les mondanités, le rang et l’argent.

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Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.