A Lire

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

« Six-Gun Gorilla » : dystopie spatiale

"Six-Gun Gorilla" ressemble à une fusée dont les étages s'emboîteraient progressivement et en plein vol. Simon Spurrier y narre l'histoire de Bleu-3425, un jeune supplétif de l'armée envoyé sur une planète colonisée par les hommes. Dans ce Blister, au XXIIe siècle, des rebelles indépendantistes livrent une guerre impitoyable à des bataillons terriens...

J’assure : Jérôme Moucherot de la compagnie « L’Intrépide »

« Je suis content, on a bien réussi nos adieux ce matin… C’était particulièrement déchirant. »

« Powers » : crimes et déguisements

Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming nous traînent dans les bas-fonds d'un Chicago revisité. Flics, criminels et super-héros s'y côtoient sans qu'il soit toujours aisé de déterminer qui appartient à quelle catégorie...

« Powers » (T.02) : l’an des capés

Après un premier album en tous points réussis, Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming remettent le couvert : "Powers" renoue avec les dialogues parfaitement ciselés et les intrigues super-héroïques étonnantes.

« Quand la gauche essayait encore » : les nationalisations de 1981 et leur postérité

François Morin a été un acteur et observateur de premier plan des nationalisations mitterrandiennes de 1981. Il a d'abord intégré la Mission d'étude de Jacques Piette, puis le Sécrétariat d'État de Jean Le Garrec, chargé de l'extension du secteur public. Aux éditions Lux, l'économiste et essayiste français revient sur cet épisode emblématique de la présidence de François Mitterrand, les querelles sous-jacentes au sein de la gauche et la postérité d'une réforme qui aura finalement fait long feu.

Paracuellos/Dans les foyers de l’Assistance publique espagnole

« Les dimanches de visite, les enfants devaient mettre un blouson pour que les parents voient qu’ils étaient bien habillés. »

Le Soulier de Satin, de Paul Claudel : le désir et le salut

Le Soulier de Satin a tout pour rebuter : d'une dimension rare pour une pièce de théâtre (certaines représentations intégrales duraient une demi-journée), jugée complexe, la pièce pour dérouter par son apparent désordre. A la croisée du baroque et du modernisme, l'oeuvre offre pourtant une construction rigoureuse, l'action se déroulant autour du conflit entre désir et morale, avec le salut de l'âme en ligne de mire. Deux amants séparés, des enjeux politiques, l'exploration de l'Amérique, Le Soulier de Satin est un texte d'une ampleur exceptionnelle.

« Trashed » : les ordures pour indicateurs

Derf Backderf est un ancien éboueur devenu journaliste, puis auteur-dessinateur de BD. Trashed puise dans ses expériences personnelles pour raconter l'Amérique à travers les yeux des invisibles qui s'échinent à la garder présentable.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.