A Lire

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

« Trombinoscope » de Prims : exploration de l’absurde

Les éditions Lapin ajoutent un nouvel album teinté d'humour à leur catalogue avec la parution de Trombinoscope, de l'auteur et dessinateur Prims. Laissant libre cours à son penchant pour l'ironie et l'absurde, ce dernier propose une collection de planches qui ne manque ni de sel ni de piment.

La naissance d’Arsène Lupin

Une série sur Netflix, un essai aux éditions LettMotif, des ventes boostées en librairie, c'est peu dire qu'Arsène Lupin a le vent en poupe depuis plusieurs mois. L'éditeur de bandes dessinées Bamboo ne fait pas exception, puisque le scénariste Jérôme Eho et le dessinateur Michaël Minerbe y publient La Jeunesse d'Arsène Lupin – Cagliostro.

« Réseaux et sentiments » : la quête de reconnaissance d’Elliot

Dans un écheveau complexe de relations et d'émotions, le second tome d'Elliot au collège, intitulé « Réseaux et sentiments », dresse un tableau doux-amer de l'adolescence contemporaine. Souffrant lui-même d'angoisse généralisée, Théo Grosjean continue de portraiturer avec poésie l'anxiété sociale, représentée par des créatures indissociables de ses jeunes personnages. À l'intersection des réseaux sociaux, des dynamiques relationnelles délicates et des craintes souvent irrationnelles, l'auteur et dessinateur échafaude une représentation polyphonique de la transition vers l'âge adulte.

« Joe » : les zones grises de l’humanité

Dans un monde devenu résiduel, scindé entre zones blanches, grises et noires, Yves Grevet et Maribel Conejero explorent les abîmes de l'humanité. Leur album Joe – Dans l'univers de Méto s'appuie sur les conséquences d'une troisième guerre mondiale uchronique pour narrer les mésaventures de Joe, un adolescent en quête de vérité sur la disparition de son amie Sarah, et bientôt soumis à des politiques brutales.

« Friday » : complot à rebours

Les éditions Glénat publient le second tome de Friday, d'Ed Brubaker et Marcos Martin.

« Les Exilés de Mosseheim » : catastrophes et complots

Dans un monde inondé d'actualités, d'événements politiques et de crises environnementales, où chaque catastrophe semble en éclipser une autre, le premier tome des Exilés de Mosseheim forme un tout presque complet, gangréné par le racisme, la corruption et l'incurie. Écrit par Sylvain Runberg et Olivier Truc, illustré avec talent par Julien Carette, l'album nous immerge dans un camp de réfugiés suédois, où les déplacés européens d'un accident nucléaire ayant eu lieu en France vivotent dans la promiscuité, l'absence de perspectives et le rejet de l'autre.

« Comme un oiseau dans un bocal » : sur les HPI et les préjugés qui les entourent

Les éditions Delcourt publient Comme un oiseau dans un bocal – Portraits de surdoués, de la scénariste et dessinatrice Lou Lubie. Comme elle l'avait précédemment fait avec le cyclothymie à l'occasion de Goupil ou face, cette dernière déconstruit une particularité neurologique et la met à portée de son lecteur, pour en démystifier les tenants et les aboutissants.

#AccidentMajeur… en France

« - La centrale va être inondée, c’est ça ? Vous n’avez qu’à la mettre à l’arrêt ! - Ce n’est pas si simple, monsieur. On n’arrête pas quatre réacteurs nucléaires comme on débranche un frigo. »

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.