La naissance d’Arsène Lupin

Une série sur Netflix, un essai aux éditions LettMotif, des ventes boostées en librairie, c’est peu dire qu’Arsène Lupin a le vent en poupe depuis plusieurs mois. L’éditeur de bandes dessinées Bamboo ne fait pas exception, puisque le scénariste Jérôme Eho et le dessinateur Michaël Minerbe y publient La Jeunesse d’Arsène Lupin – Cagliostro.

Au centre des attentions : le trésor enfoui de l’Église, dont l’emplacement doit être révélé par un coffre à bijoux et quelques inscriptions latines. Les protagonistes : le jeune Raoul d’Andrésy, rebaptisé Arsène Lupin par Joséphine Balsamo, qu’il sauve de la noyade, sans se douter qu’il s’agit en fait de la comtesse Cagliostro, réputée dangereuse et immortelle ; mais aussi Beaumagnan, comploteur désireux de mettre la main sur une fortune qu’il espère faire sienne. C’est autour de ces éléments et personnages que va s’articuler le récit, échevelé, de Jérôme Eho et Michaël Minerbe.

Initialement, c’est-à-dire avant d’incarner Arsène sous l’emprise de la comtesse, Raoul était promis à Clarisse d’Étigues. Ses sentiments envers elle vont cependant s’évaporer quasi instantanément, tant la beauté vénéneuse de « Josie » l’ensorcèle. C’est de sa bouche, d’ailleurs, que lui est révélé le secret d’un trésor caché dans un rocher, convoité par de nombreuses personnes, pas toujours bien intentionnées. Les deux personnages, dont les relations demeurent ambiguës (à quel point se joue-t-elle de lui ?), vont s’allier dans une quête commune.

Leurs plans se voient toutefois contrariés par les agissements de Beaumagnan, obstiné. Ce dernier a enlevé une chanteuse susceptible de lui apporter de précieux indices quant à l’emplacement du trésor. Retenue captive dans une grotte, la jeune femme est torturée mais ne pipe mot. Par son intermédiaire, Jérôme Eho et Michaël Minerbe vont boucler les dynamiques interpersonnelles et faire intervenir, dans le dernier tiers de l’album, Clarisse.

Réussi sur le plan graphique, où Michaël Minerbe fait davantage valoir son talent sur les décors que sur les visages, La Jeunesse d’Arsène Lupin – Cagliostro est une lecture plaisante, bien rythmée, où règnent la cupidité et la duplicité. Un peu malgré lui, Raoul/Arsène Lupin se retrouve en quête d’un secret datant du Moyen Âge, qu’il parviendra à percer grâce à son intelligence supérieure. Mais ce qui importe, au-delà de cette course au trésor, ce sont les relations tissées avec deux femmes, et la nature humaine qui se révèle à la perspective d’une richesse inespérée.

Ainsi, dans l’ensemble, s’il manque certainement d’épaisseur, ce one-shot n’en demeure pas moins efficace et bien ficelé. La cohabitation du jeune Lupin et de l’immortelle Cagliostro vaut à elle seule que l’on s’attarde sur le travail de Jérôme Eho et Michaël Minerbe.

La Jeunesse d’Arsène Lupin – Cagliostro, Jérôme Eho et Michaël Minerbe
Bamboo, septembre 2023, 72 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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