BD Mangas

« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Calle Malaga » : seul avec ses démons

Avec "Calle Malaga", Mark Eacersall et James Blondel livrent un récit introspectif et taciturne, aux teintes mélancoliques, qui explore les méandres psychologiques d'une cavale, sur fond d'atmosphère méditerranéenne. L'intrigue, sobre et taiseuse, se déploie autour d'un homme solitaire, Saïd, réfugié dans une résidence presque déserte sise dans une station balnéaire espagnole. Armure dressée contre un passé menaçant, cet isolement est bousculé par l'apparition d'un voisin dont l'enthousiasme chaleureux contraste nettement avec l’attitude froide et distante du protagoniste.

« Histoires de sororité » : des femmes unies pour l’émancipation

Dans son ouvrage "Histoires de sororité", publié aux éditions Glénat, Caroline Cohen Ring explore les récits méconnus et inspirants de femmes qui, à travers les siècles, ont favorisé l’émancipation collective par la solidarité et le partage.

« Chère maman » : une emprise maternelle toxique

Dans "Chère maman", Sophie Adriansen et Mlle Caroline s’attaquent à un sujet délicat et douloureusement universel : l'emprise toxique d'une mère sur sa fille. Ce roman graphique, publié aux éditions Glénat, décortique les mécanismes insidieux d'une relation empoisonnée, et les conséquences psychologiques durables qu’elle entraîne.

L’Enfer : vraie BD pour film fantôme

« - Mais qu’est-ce qui se passe ? Le petit est malade ? - Non non, penses-tu… Je passais… Comme ça… - Tu ne devais pas venir en ville, pourtant. - Ils m’ont téléphoné du crédit hôtelier. - Le crédit hôtelier ? Ce n’est pas par ici… Où est la voiture ? - Euh, place Jeanne d’Arc. - A la station des cars ? Ce n’est pas possible. Tu me suis ? - Ah, parce que j’aurais des raisons de te suivre ? - Non, mais si tu continues, je pourrais bien t’en donner ! Tu commences à m’embêter, tu sais ! »

« L’Âge de déraison » : se réinventer

Avec son titre à la fois ironique et évocateur, "L’Âge de déraison", de Dounia Georgeon au scénario et Pascal M. au dessin, interroge avec subtilité et sensibilité le regard que nous portons sur le vieillissement, la liberté retrouvée et la réinvention de soi à l’aube du grand âge. Parue chez Steinkis, cette bande dessinée s'inscrit parfaitement dans une époque où l’âge ne doit plus être synonyme de renoncement mais au contraire, de renaissance.

« Regards » : le nôtre, empêché ou intérieur, et celui des autres

Avec "Regards", publié aux éditions Glénat, J. Personne échafaude une œuvre singulière, d'une grande audace graphique, et qui, à travers le destin de Luc, jeune aspirant réalisateur, brutalement plongé dans l’obscurité après un accident de voiture, propose une réflexion autour de la cécité. Ce roman graphique interroge la résilience humaine, les limites de nos ambitions et notre rapport à la société lorsqu'elle se détourne ou s'apitoie.

« Catmask Boy » : chronique d’une enfance héroïque au cœur du chaos hongkongais

Avec "Catmask Boy", Linus Liu livre une immersion rafraîchissante et trépidante dans le Hong Kong bouillonnant des années 1970. Ce premier ouvrage, auréolé dans le cadre du programme de soutien à la bande dessinée de Hong Kong, traduit avec talent la vitalité artistique d’un auteur émergent, qui choisit de nous inscrire dans le sillage d'un enfant téméraire.

« #LesMémés » : retour en farce(s)

"#Les Mémés : Punks à chien", cinquième opus des aventures désopilantes signées Sylvain Frécon, paraît chez Fluide Glacial. L'album marque un retour aussi jubilatoire que décapant des désormais incontournables Lucette, Huguette et Paulette. Véritables punkettes octogénaires, ces anti-héroïnes à la dérision corrosive et au verbe acéré n'ont rien perdu de leur mordant, bien au contraire.

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Montefiore : le carcan familial

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.