Edito : L’année cinéma & séries 2016 vue par un mec vraiment sympa !

Pour ce premier édito de l’année, afin de commencer celle-ci de façon positive, on a fait le choix logique de le confier au fou furieux de la bande. Celui qui n’aime rien, qui râle tout le temps, se gave de séries un peu nazes et met 0/5 à des blockbusters pleins aux as pour faire son intéressant. Et en plus, il trouve que l’année 2016 était nulle. Un chic type qu’on vous dit. 

Enfin ! Ça y est, la voilà ! L’année 2017 commence. Bonne année à tous donc. Bon ça c’est fait, que dire de plus ? Qu’on vous la souhaite longue et bonne ? Un peu daté comme blague non ? Santé mais pas des pieds ? Encore pire. Non en fait on ne va pas tenter la vanne foireuse de tonton, histoire de commencer cette série d’éditos mensuels sur des bases saines. On va faire classique, simple, léger pour commencer.

Mais avant d’entamer le sujet qui nous intéresse, regardons un peu en arrière : qu’était-ce que 2016 ? En terme d’image il s’entend, on n’est pas là pour parler choucroute (évidemment). Côté cinéma, s’il est tout à fait possible de trouver son compte, on ne peut nier que cette année aura été clivante pour beaucoup. Un palmarès cannois qui (une fois de plus) déçoit en choisissant d’introniser pour la deuxième fois un taulier du tapis rouge (Ken Loach avec Moi, Daniel Blake), quelques films qui n’arrivent pas à mettre d’accord comme Ma loute de Bruno Dumont, The Neon Demon de Nicolas Winding Refn, Elle de Paul Verhoeven ou, plus fascinant encore, Les 8 salopards (Tarantino) chef d’œuvre pour les uns, indécrottable navet pour les autres. 2016 était-elle l’année du débat cinématographique enflammé ? Pas vraiment ( ni celle de la reconnaissance des cannibales et des violeurs apparemment… qu’est-ce qu’on est méchant avec eux quand même).

Mais malgré ces quelques films toujours propices à une discussion brûlante, on ne peut s’empêcher d’observer cette année comme une fournée assez pauvre. Il y a quelques consensus étonnants (Zootopie ou Rogue one qui semblent avoir mis la majorité d’accord et le girl power au premier plan) mais, comme les années précédentes, les salles se sont gorgées de déclinaisons toujours plus clinquantes de franchises à succès. Marvel continue son plan bien rodé (au risque de créer une certaine lassitude) et on se demande où va DC/Warner avec ses histoires de super-héros bancales et montées à la truelle (Batman V Superman et Suicide Squad). Adaptation de marques à succès (Warcraft et Assassin’s Creed) succèdent à l’exhumation de madeleines oubliées (Jem et les hologrammes, Les Trolls) sur lesquelles s’enfilent des continuations de longs métrages dont tout le monde se fout (Insaisissables 2 qui se lance dans les soldes flottantes nous offrant deux Woody Harrelson sous xanax pour le prix d’un) etc. Et si Ma loute et La loi de la Jungle (Peretjatko) laissaient espérer un regain de folie dans la comédie française, c’était sans compter sur le retour des Tuche, A fond ou Les Visiteurs : la révolution. A côté de ce florilège d’humour facile et de pouet-pouet pompier, même La Tour 2 contrôle infernale passerait pour un bijou d’humour dada (sauvée par un Philippe Katerine délirant en Alan Rickman bedonnant… on se contente de peu parfois). Dans tout ce foutoir, même si l’on a pas vu tous les films, il semble difficile de déterminer un mouvement ou une force qui s’éveille. Que diront les générations futures en regardant l’année cinéma 2016 ? Où est le nouveau réalisateur que l’on attendait plus ? Le film générationnel qui fascine les ados ? L’œuvre qui porte un regard acide sur le monde d’aujourd’hui ? Nulle part.

Sinon il parait que le dernier Alex de la Igelsia (Mi gran noche) est sorti directement sur Netflix et que Sono Sion n’est toujours pas correctement distribué en France (on attend toujours ne serait-ce qu’une VHS de Tag sorti en 2015). Monde de merde qu’on vous dit.

L’année télévisée ne s’en porte pas mieux. Outre les séries déjà bien installées (Game of Thrones, The Walking Dead), difficile de trouver son bonheur dans le tout venant des nouveautés. Parmi celles qui ont tiré leur épingle du jeu nous pouvons citer Stranger Things (Netflix), dont l’envie de patine retro frôle le fétichisme malsain et Westworld (HBO) qui réadapte à sa sauce un film de 1973 (ça sent un peu la naphtaline mais bon). On ne compte plus les adaptations en longueur de classiques du cinéma (L’Exorciste, Ash vs Evil Dead qui piétine en saison 2). Côté mastodonte censé faire péter la caisse, Luke Cage (Netflix) semble être sorti dans l’indifférence générale (succès correct toutefois) et le duo Martin Scorsese/Mick Jagger s’est planté avec Vinyl (HBO)… Sinon, on pourrait toujours se reporter sur la CW qui blinde sa programmation de séries de super héros (Arrow, The Flash, Supergirl, Legend of Tomorrow, respire…) et risque bien d’écouler les réserves mondiales de cuir moulant. Et pendant ce temps là, American Horror Story se met au found footage quand même la saga Cloverfield est passée à autre chose (toujours dans le coup, Ryan, on croit en toi !).

Tout ça pour dire que 2016 fut beaucoup de choses et surtout une année particulièrement morbide pour le monde culturel (de Alan Rickman à Debbie Reynold en passant par la carrière de Will Smith et la street cred des dieux égyptiens), mais elle ne fut pas l’année du renouveau et de l’originalité. Espérons que 2017 soit plus surprenante si l’on passe outre cette nouvelle fournée de films de super-héros qui déboule (et qui commence sérieusement à nous gaver) ou le retour de franchises dont on se cogne un peu (au hasard XXX, Pirates des Caraïbes, Transformers et Underworld). C’est sur que côté grand spectacle que c’est un peu la tuile pour trouver du bon, du bio et du frais, mais, allez savoir, peut-être que Le roi Arthur : La légende d’Excalibur par Guy Ritchie ne sera pas si mal… Il faudra donc encore se rabattre sur le cinéma « d’auteur » pour trouver du fou, du nouveau, de l’original. Peut-être qu’un film cette année créera la surprise en offrant enfin aux spectateurs l’œuvre qui parle de leur époque avec les modes d’expression d’aujourd’hui ? A voir. L’année cinéma commence dès maintenant et la plus grosse attente de ce début d’année est donc La La Land de Damien Chazelle présenté comme… « une lettre d’amour au cinéma classique ».

Et merde…

Pourquoi tant de haine ? – La La Land (Damien Chazelle)

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Vincent B.
Vincent B.https://www.lemagducine.fr/
Intéressé par tout, mais surtout n’importe quoi. Grand amateur de fantastique et de Science fiction débridé. Spécialiste Normand expatrié à Lille de la vague Sushi Typhoon (le seul qui s'en vante en tout cas). Je pense très sérieusement que l’on ne peut pas juger qu’un film est bon si l’on en a jamais vu de vraiment mauvais.

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