Les Fous De Pilotes #2 : Diablero, Le Parfum, Plan cœur, …

Notre résolution pour 2019 ? Regarder encore plus de séries ! Au menu ce mois-ci, pour les amateurs de frissons, la rédaction s’est penchée sur le pilote de Diablero, une série horrifique à base de zombies, mais aussi sur deux séries policières : The ABC Murders, une réadaptation des enquêtes d’Hercule Poirot, et Le Parfum, hommage au roman allemand du même nom. Pour ceux qui préfèrent le drame et la psychologie, The Long Song relate les mémoires fictives d’une esclave, tandis que You porte à l’écran une romance obsessionnelle… Enfin, les amateurs de séries françaises pourront se poser devant la série médicale Hippocrate, ou encore devant la romcom Milleniale Plan Cœur. Une diversité de choix qui présage une année 2019 riche en promesses !

Plan cœur, un Sex and the City décontracté à la sauce Millennials

D’emblée, le ton sympathique et léger de la série est donné : le pilote nous montre une trentenaire un peu paumée mais attachante, qui peine à retrouver l’amour depuis sa dernière relation foireuse, et qui a une fâcheuse tendance à harceler son ex dès qu’elle est bourrée. Heureusement, elle peut compter sur ses deux meilleures amies pour surmonter cette épreuve et retrouver confiance en elle. Entre les galères du quotidien, les petits boulots mal payés, le retour chez les parents après un échec amoureux ou professionnel, la peur de l’engagement, les plans culs, les soirées entre potes et l’incertitude face à l’avenir, le pilote de Plan Cœur, sous ses airs libres et décontractés, dépeint avec humour le portrait fun d’une génération un peu larguée, qui ne sait pas trop comment appréhender la vie, tout simplement. L’épisode, qui reprend des codes très générationnels, s’appuie sur une forme d’interaction latente entre ses personnages et les spectateurs, très ciblés, assurément censés se reconnaître dans le trio de tête. En conclusion, Plan Cœur est une série faite par et pour le public auquel elle s’adresse, ce qui, d’un côté peut sembler clivant pour ceux à qui les codes de la narration ne parleront pas, mais qui de l’autre peut potentiellement rallier toute une frange de population. Le genre de série devant lesquelles on se pose sans prise de tête, seul ou entre amis.

Marushka Odabackian

3.5

Le Parfum, une réinterprétation ultra-glauque du roman de Süskind, transposée dans une Allemagne à la modernité sinistre

Dès les premières minutes, le pilote distille avec succès une impression de malaise et de gêne qui s’imprègne en nous pour ne plus jamais nous lâcher. Lumières blafardes, couleurs jaunes/verdâtres, paysages sinistrés : le décor est déprimant, voire glauque. A cela s’ajoute un univers très étrange et dérangeant, peuplé de personnages antipathiques, laids et potentiellement dangereux. On découvre successivement une nymphomane, un mari sadique qui bat sa femme, un gamin attardé, un proxénète vicieux, un parfumeur pervers, un dépressif édenté, des prostituées à l’hygiène douteuse et un cadavre lacéré. Les médecins légistes ne nous épargnent aucun détail (odeurs, sécrétions post-mortem et scatologie en prime), et la complaisance du pilote sème véritablement le malaise. Malgré tout, le postulat original nous tient en haleine, puisque l’idée de faire du roman de Süskind une série policière contemporaine suscite évidemment la curiosité, et que la relation curieuse, oppressante et malsaine que semblent entretenir les personnages entre eux pose question. Le mystère est bien installé, et l’identité très affirmée de la série a le mérite de ne faire aucun compromis : Le Parfum ne cherche pas à séduire ni à divertir, mais bien à nous faire peur, non pas dans son histoire, mais plutôt dans la façon dont elle est racontée. Une réussite formelle qui demande tout de même du courage et de la volonté : si certains risquent fort d’accrocher à cette atmosphère lourde, capiteuse et enivrante, d’autres seront rapidement écœurés et nauséeux !

Marushka Odabackian

3.5

The ABC Murders, un retour simple mais efficace

Principalement incarné par David Suchet et son impeccable moustache noire, Hercule Poirot revient sur le petit écran mais cette fois incarné par un John Malkovich grisonnant. Dans le pilote, ce nouveau Hercule Poirot, qui évolue dans le Londres d’entre deux guerres, tente de teindre son bouc, en vain, pour retrouver sa gloire d’antan. Tout l’intérêt de ce premier épisode repose sur ce personnage vieillissant qui peine à se détacher du passé, alors que le monde lui, est en plein changement. Le casting lui-même montre cette opposition, on y voit Rupert Grint (Ron dans Harry Potter), la jeune Freya Mavor (vu dans les dernières saisons de Skins) ou encore Eamon Farren (qui jouait le glaçant Richard Horne dans Twin Peaks : The Return, et qui promet d’incarner ici, un personnage tout aussi mauvais et violent). Avec ces nouveaux noms et cet Hercule Poirot vieilli, The ABC Murders souffle un vent nouveau sur les nombreux récits du personnage belge. Si le premier épisode s’avère parfois long et assez plat, les ralentis à la fois lugubres et hypnotisants ajoutent à l’atmosphère sombre de la série mais aussi à son mystère. The ABC Murders ne promet pas d’être révolutionnaire, mais pourrait s’avérer être une série efficace, narrant un récit glauque et mystérieux à déguster après les fêtes. Elle aura au moins le mérite d’insuffler un certain renouveau sur le personnage d’Hercule Poirot, et d’attiser la curiosité du spectateur avec des personnages secondaires convaincants.

Perrine Mallard

3

Hippocrate, Urgences à la française avec autant de qualités que de défauts

La force d’Hippocrate est dans le collectif, dans l’énergie créée par ces acteurs. Le rythme un peu plat donné à la série parfois peut faire fuir mais très vite, la vie et les liens de ces quatre internes donnent envie de continuer et d’en découvrir davantage. Les actions stagnent un peu à certains moments, si bien que l’on se demande quel est le but de tout cela, pourquoi faire un résultat si lent dans un décor où tout va toujours vite, l’hôpital. On ne trouve pas forcément de réponse à cette question mais l’on apprend à la contourner en s’attachant à d’autres aspects de la série. Ce n’est pas son rythme qui séduit, ni même son sujet à proprement parlé bien qu’il se développe de mieux en mieux mais la vie de l’hôpital, dans ce qu’elle a de plus personnelle et intime à travers quelques visages récurrents. A priori, Thomas Lilti ne réalise pas une série à couper le souffle mais a le mérite de diriger ses acteurs à la perfection et de creuser les personnages en les rendant très attachants, chacun à leur manière. Hippocrate vaut le détour au moins pour cette raison mais aussi parce que les séries françaises agréables à regarder sont assez rares.

https://www.youtube.com/watch?v=vLVDiqlzqFI

Gwennaëlle Masle

3.5

You, un pilote ambigu

Netflix fait renaître le Dan Humphrey de Gossip Girl dans un personnage qui se rapproche de celui qu’avait pris Naomi Watts dans Gypsy. L’obsession dont les deux personnages font preuve se ressemble fortement et c’est, de prime abord, ce qui convainc dans les deux cas. Dès le début de You, la voix off prend la place du personnage principal dans la série, très vite, elle devient lassante et fait perdre énormément d’intensité aux scènes. Évidemment, elle est nécessaire pour planter le décor, présenter les personnages aux spectateurs mais prend rapidement le pas sur les relations qui sont en train de se créer. Joe est froid, sans sentiment, sans débordement d’émotion et l’on assiste parfois stoïque à son parcours. Pourtant, l’envie d’en savoir plus et de connaître la suite de cette aventure se fait vite sentir car à l’instar de Mindhunter, les psychopathes ont toujours un côté qui attise la curiosité dans les séries. Quelle tournure va prendre cette relation malsaine dès les premiers instants, quel chemin va choisir de prendre Joe dans cette obsession ? Le décor est planté, reste à savoir s’il va maintenant tenir sur la longueur.

Gwennaëlle Masle

2

The Long Song : l’éternelle dialectique du maître et de l’esclave

Adapté du roman d’Andréa Levy, récipiendaire du prix Walter Scott en 2010, The Long Song retrace les mémoires fictives d’une jamaïcaine à l’aube de l’abolition de l’esclavage. Dès les premières secondes le ton gouailleur et ironique de Miss July donne à son récit une saveur douce-amère qui semble infuser l’ensemble de l’épisode. Revivant sa jeunesse au fil de ses écrits, la vieille femme porte sur son passé un regard à la fois nostalgique et désabusé et parvient à transmettre au spectateur sa tendresse pour la jeune fille qu’elle fût. Au sein d’un récit somme toute assez banal où l’horreur de l’esclavage, les relations de classes et les (inévitables) intrigues amoureuses demeurent classiques, la jeune Miss July est l’élément clef qui insuffle toute sa vie au récit. Si ce dernier n’a en effet rien de révolutionnaire il faut néanmoins lui accorder une certaine finesse dans la représentation des relations de pouvoirs complexes qui s’instaurent entre les esclaves et leurs maîtres : si la jeune Miss July est clairement exploitée par sa maîtresse (qui lui refuse même son identité d’origine en la renommant Marguerite), cette dernière est complètement dépendante de son esclave. Coupés des réalités, emmurés dans une société décadente, les maîtres sont en réalité terrifiés par la population qu’ils dominent et qui, elle-même, prend peu à peu conscience de son pouvoir. Reste à savoir si le récit développera cette perspective ou se complaira dans ses facilités narratives.

Clara Paumé

2.5

Diablero, une série mexicaine sur les zombies sans sauce pimentée

On avait fondé quelques espoirs après avoir vu le trailer de Diablero. À vrai dire, on s’attendait même à voir une version mexicaine d’Ash vs Evil Dead, avec un humour potache mais drôle, des personnages atypiques, un scénario prenant, des scènes d’action réussies et des mort-vivants convaincants. Le maquillage est plutôt voire même très réussi, le peu de scènes d’action aussi et … c’est tout. Le problème, dans Diablero, c’est que le plus convaincant dans ce pilote, c’est le jeu d’acteur des zombies et non des personnages principaux. Ces derniers ont le charisme d’une balle de beer-pong, avec un prêtre qui a l’air aussi chiant que le pape en rap contender et un chasseur de démons qui pourrait tenir une boutique RG-512 à Châtelet tellement il est cliché. On ne s’attache pas, mais alors pas du tout aux personnage et on les lâcherait volontiers. Le scénario est chiant et inintéressant et en prime, on nous sert des twists à deux balles pour justifier la motivation des protagonistes. Alors, en parlant de motivation, j’en connais qui vont en manquer pour continuer cette série, et c’est nous. Hasta luego!

Polis Massa

1.5

Festival

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Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

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