Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.
Joli film que ce Any Day Now, chronique d'une famille iranienne qui repart à zéro en Finlande. Un film autobiographique résolument positif qui s'appuie sur des personnages attachants et sur des paysages scandinaves magnifiques.
Un thème qui sent le soufre, un artiste qui ose montrer un univers que d’autres n’ont jamais montré, un scénario complexe et ambigu, et une star non voulue : les ingrédients du film culte sont réunis. Avec le temps, le formidable et inclassable Cruising a fini par imposer ses qualités. Le film méritait amplement cette nouvelle édition truffée de suppléments passionnants, signée ESC.
Déjà confortablement installé à Hollywood, où il a gravi les échelons jusqu'à devenir l'un des monteurs les plus éminents de son temps – il a notamment travaillé pour la RKO Pictures sur les films d'Orson Welles, dont Citizen Kane –, Robert Wise réalise, deux années avant son fameux West Side Story, un film noir sublimé par l'utilisation du grand angle, la présence au générique du chanteur et acteur noir Harry Belafonte, et comportant une réflexion d'avant-garde sur le racisme.
Largement inspiré de faits authentiques, le film est une attaque en règle contre les méthodes policières brutales employées par les Britanniques dans leur lutte contre l’IRA. Loin de l’âpreté et du réalisme kitchen sink de ses débuts, Ken Loach y associe avec un talent fou la critique sociopolitique avec une fiction haletante. On retrouve avec bonheur ce film quelque peu oublié dans une nouvelle édition plus que recommandable signée Rimini.
Au pays des apparats, celui a qui de l'eau de beauté ultime est roi : Beauty Water, un film d'animation horrifique sud-coréen à découvrir en Blu-ray chez Spectrum Films.
Marqué par la fin du romantisme attaché à l’épopée de l’Ouest célébrée par une myriade de classiques du septième art, L’Homme de la loi s’inspire du western spaghetti pour façonner un héros pour le moins ambigu – interprété par rien moins que la légende Burt Lancaster. Respect de l’authenticité historique mais détournement complet des conventions de style : voici le résumé de ce film passionnant signé du Britannique Michael Winner, qui méritait amplement d’être redécouvert.
À (re)découvrir en Blu-ray chez Spectrum Films : Man on the Brink, deuxième long métrage d'Alex Cheung qui signe à nouveau l'un des films matriciels de la nouvelle vague Hongkongaise.
"Post Mortem" réunit le médecin légiste belge Philippe Boxho et le dessinateur Pierre Alary dans une bande dessinée documentaire qui s'emploie à vulgariser un métier sur lequel circulent bon nombre de fantasmes. Le résultat est une œuvre à part, traversée par l'idée que la mort ne constitue pas tout à fait une fin.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.