Non dépourvu de plans géniaux – notamment son duel final – et illuminé par le magnétisme de Lee Van Cleef, le film est néanmoins écrasé par le modèle leonien, dont tous les codes sont scrupuleusement respectés. Les suppléments sont généreux et sympathiques… mais eux aussi très imparfaits.
Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Développée à partir d’une (fausse) légende sami, ce peuple autochtone du nord de la Scandinavie également appelé lapon, Le renne blanc est une œuvre simple mais visuellement expressive, qui exploite parfaitement un décor naturel assez original compte tenu du genre dans laquelle elle s’inscrit. Les curieux seront en outre récompensés par des suppléments qui apportent une réelle plus-value à l’objet filmique.
Retour sur l'une des oeuvres essentielles de la Nouvelle Vague hongkongaise, Cops and Robbers d'Alex Cheung, à (re)découvrir dans une édition Blu-ray signée Spectrum Films.
Honeyland est un diamant brut, rugueux, parfois austère mais d’une sincérité totale. Un documentaire contemplatif et immersif, laissant la parole aux seules images pour conter la vie d'une apicultrice vivant seule avec sa mère dans les montagnes macédoniennes. Une œuvre émouvante et magnifique, à découvrir absolument en DVD/Blu-Ray aux éditions KMBO.
Retour sur The Longest Nite, l'un des fleurons du fameux studio Milkyway Images à redécouvrir en HD dans une édition Blu-ray discutable signée Spectrum Films.
Que vous connaissiez ou non le Seijun Suzuki de la première période, celle de la Marque du tueur, qui inspira Tarantino et Jarmush, venez découvrir avec la Trilogie Taisho un autre aspect de son œuvre, plus onirique mais tout aussi esthétique et audacieuse.
LCJ Éditions propose en blu-ray le Divorce de Waris Hussein, sorti en 1973. Richard Burton et Elizabeth Taylor y interprètent un couple sur le point d'imploser.
Cette édition du Professeur par Pathé est un vrai événement. Elle permet en effet de sortir d’un oubli relatif non seulement ce film remarquable, mais aussi son metteur en scène Valerio Zurlini, ainsi qu’une des meilleures prestations d’Alain Delon dans une décennie 1970 pourtant riche en œuvres essentielles. Le professeur (La prima notte de quiete) est une œuvre crépusculaire et profonde, dans laquelle le héros tragique, qui semble avoir définitivement baissé les bras, retrouve goût à la vie malgré l’impossibilité de ses rêves. Quel plaisir de découvrir aujourd’hui le montage plus long de Zurlini de ce joyau italien méconnu !
Yalda, la nuit du pardon est un film dramatique réalisé par Massoud Bakshi. Sorti en salles en 2019, il est à redécouvrir en DVD depuis janvier. Il nous fait part de l'histoire tragique de Maryam Komijani, jeune femme condamnée à mort pour le meurtre de son mari, en Iran. La seule personne pouvant lui sauver la vie est Mona Zia, fille unique de son défunt mari. Ce pardon éventuel aura lieu pendant une émission de télé-réalité en direct, diffusée le soir de la fête iranienne de Yalda (solstice d'hiver).
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.
À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.
Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?
Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.