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Son épouse de Michel Spinosa : la critique du film

Une belle année pour Charlotte Gainsbourg, actuellement à l’affiche de « Nymphomaniac » de Lars Von Trier et de « Jacky au royaume des filles«  de Riad Sattouf, l’actrice retrouve son compagnon Yvan Attal dans le 4eme long métrage de Michel Spinosa après « Emmène-moi », « La Parenthèse enchantée » et « Anna M », Son épouse, un drame mêlant spiritualité et fantastique, tourné en grande partie en Inde, le film raconte l’histoire de Joseph (Yvan Attal), inconsolable depuis la mort de sa femme Catherine (Charlotte Gainsbourg), ancienne toxicomane décédée dans des circonstances mystérieuses en Inde.

Michel Spinosa nous embarque dans un voyage au cœur de l’inde où s’entrecroisent les thèmes du deuil et de la possession. Lorsque Joseph se rend à Madras, il y rencontre Gracie (jouée par l’actrice indienne Janagi), une jeune Tamoule persuadée d’être possédée l’esprit vengeur de Catherine (appelé «pey»).

Son épouse est un film centré sur l’histoire d’amour entre Joseph et Catherine, sur leurs relations passionnelles au point de devenir destructrice. A travers les flash-backs sur la vie de Catherine, les zones d’ombres de sa relation compliquée avec Joseph se révèlent sous la lumière de cette Inde aux couleurs vives.

Son épouse est un film sur le cheminement du personnage interprété par Yvan Attal, qui va apprendre à faire son deuil traversant les différentes phases passant du regret au sentiment de culpabilité. Comme le dit si bien Jean Cocteau : « Le véritable tombeau des morts, c’est le cœur de vivants »…

Le cadre exotique de l’inde sert à décliner les affres de l’amour et les cassures amoureuses avec d’autant plus de forces que la rencontre avec une autre culture permet de rétablir la communication entre Catherine et Joseph. Que l’on croit où pas à la réincarnation, envoûtement, cela importe peu, la possession de Gracie par l’esprit de Catherine, permet au couple de prendre le chemin de la réconciliation, de se parler enfin, de révéler ses non-dits, ses secrets qui empoissent l’âme et l’empêchent d’avancer…

Son épouse de Michel Spinosa n’est pas un film avec ses clichés sur l’Inde et sa spiritualité, c’est le voyage d’un homme et d’une femme vers la réconciliation, vers le pardon, la séparation pour commencer à vivre. Un film troublant, magnifiquement interprété, Son épouse offre une issue, un chemin conduisant à la libération des chaines pour Gracie au sens propre et celles que l’on se met soi-même. En se sens la mystique de l’inde rejoint notre monde…

Synopsis : Gracie, jeune Tamoule vivant près de Madras, est victime de troubles du comportement depuis le jour de ses noces : le souvenir de son amie Catherine, disparue dans des circonstances mal élucidées, semble hanter la jeune fille. Joseph, le veuf, époux inconsolé de Catherine, décide de se rendre en Inde pour rencontrer Gracie et, peut-être, au cours de ce voyage, réparer ses erreurs. Car Joseph a beaucoup à se faire pardonner…

Fiche Technique : Son épouse

Réalisation : Michel Spinosa
Scénario : Agnès de Sacy, Michel Spinosa
Interprétation: Yvan Attal (Joseph de Rosa), Janagi (Gracie), Charlotte Gainsbourg (Catherine), Laguparan (Thomas), Mahesh (Anthony), Nirupama Nityanandan (Nandini), Janakiraman Jayakumar (Dr. Anand), Murugan Perasamy (Siluvai)…
Genre : comédie dramatique
Sortie : 12 mars 2014
Durée : 1h47
Directeur de la photographie : Rakesh Haridas
Décorateur : Rembon Balraj, Valérie Valéro
Costumes : Poornima Ramaswamy, Nathalie Raoul
Ingénieur du son : Pierre Mertens, Valérie Deloof, Thomas Gauder
Montage : Ewin Ryckaert
Musique : Sig
Producteur : Patrick Sobelman
Production : Ex Nihilo
Conseiller aux dialogues : S. Ramakrishnan
Distribution : Diaphana Distribution

Note : Ce film s’appuie sur un casting et des techniciens majoritairement indiens.

Monuments Men, de George Clooney : Critique du film

Monuments men est un film inspirée de fait réel, en effet il est basé sur le roman de Robert Edsel, qui narre l’histoire d’une brigade de 7 hommes, essentiellement des conservateurs de musées, des restaurateurs, des historiens américains et européens partis au front récupérer des œuvres d’arts pillés par les Nazis dans l’Europe de 1944, au lendemain du débarquement des Alliés.

«Une génération peut être décimée, ses maisons rasées, elle se relèvera. Mais détruire l’histoire des gens, détruire leurs œuvres, c’est nier qu’ils ont existé. C’est ce que veut Hitler. C’est pour cela qu’on se bat»

Une réflexion de base plus qu’intéressante, sur le rôle de l’art dans nos sociétés, surtout en temps de crises, et c’est Georges Cloney, l’une des figures emblématiques du cinéma hollywoodien qui s’attèle à la tache, nous conter les aventures de ses hommes prêts à risquer leurs vies afin de sauver une part du patrimoine de l’humanité. Un acteur connu pour ses engagements, un casting de choc et une histoire de base plus que passionnante, voilà de quoi rendre cela très alléchant…Monuments men utilise la guerre comme toile de fond, pour montrer l’importance de l’art, la passion de la culture, une noble cause, une quête…

Malheureusement Monuments Men échoue à mettre en image, cette ivresse de l’art, le long métrage n’arrive pas à donner vie aux œuvres d’arts pour en faire un personnage à part entière. Malgré les monologues appuyés prononcés d’une voix grave par Georges Cloney sur l’importance vitale de l’art pour l’humanité, l’objet de son amour reste inerte. Le film n’arrive pas à communiquer cette quête, il ne transmet pas cette émotion vivante, à la différence des seigneurs des anneaux, où l’anneau est rendu vivant, avec tout sa portée symbolique.

Pourtant il y avait de quoi faire, la destruction d’œuvre est la marque de toutes ses idéologies totalitaires cherchant à éliminer les preuves de l’existence de civilisation entière pour imposer leurs idéologies. Ce manque de profondeur d’un film oscillant entre plusieurs genres provoque la déception, l’approche est bien trop scolaire alors que le sujet est d’un grand intérêt. Certes, on retrouve dans ce film, l’esprit bon enfant de ses grands films classiques comme (La Grande Evasion ou Les Canons de Navarone) mais le rythme est trop décousu, l’action trop molle et surtout Monuments Men ne suscite aucune empathie pour les œuvres elles-mêmes, elles sont réduites à des paquets.

La traque, la course se réduit en une enquête sans suspense, sans énergie, George Clooney et son coscénariste Grant Heslov (Good Night and Good LuckThe Ides of March) n’ont pas su exploiter un casting pourtant talentueux, Cate Blanchett, Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, Jean Dujardin, que du beau monde… Reste les touches d’humour qui font mouche, et une réflexion sur l’importance de l’art, la place accorder à la place de l’art, après tout une civilisation sans art serait bien fade, sans couleurs…The Monuments Men est un divertissement au ton Léger, nourrie d’une réflexion sur l’art même si le film n’est pas à la hauteur de son ambition.

Synopsis : La plus grande chasse au trésor du XXe siècle est une histoire vraie. Monuments Men est inspiré de ce qui s’est réellement passé. En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

 Fiche technique : Monuments Men

Titre original : The Monuments Men
Scénario : George Clooney,Grant Heslov
D’après le livre de : Bret Witter,Robert M. Edsel
Réalisateur : George Clooney
Genre : Historique, guerre, aventure
Casting : George Clooney (Stokes), Matt Damon (Granger), John Goodman (Garfield), Bill Murray (Campbell), Jean Dujardin (Jean-Claude), Dimitri Leonidas (Epstein), Bob Balaban (Savitz), Cate Blanchett (Claire), Hugh Bonneville (Jeffries)…
Sortie en salles : 12 mars 2014
Nationalité : USA
Durée : 1h58
Budget : 70 millions $
Montage : Stephen Mirrione
Photographie : Phedon Papamichael
Musique : Alexandre Desplat

How I Live Now (Maintenant c’est ma vie) de Kevin Macdonald : Critique du film

How I Live Now, un road movie initiatique

Tout commence par l’arrivée de Daisy, (interprété par la jeune actrice de 19 ans, Saoirse Ronan que l’on a vu voir dans les âmes vagabondes et Hanna) une jeune adolescente, au look un brin gothique et quelque peu hautaine chez ses cousins anglais, qui vivent dans une grande maison désordonnée en pleine campagne. Peu à peu la vie de ses enfants livrés à eux-mêmes, dormant sous les étoiles, se nourrissant de chasse et de pêche et profitant pleinement de la campagne alentour dans le rire et la joie touche l’adolescente vulnérable, qui va aussi vivre ses premiers émois avec l’aîné de ses cousins, Eddie.

Un bonheur bucolique, une vie hippie, libre souligné par une magnifique photo, une parenthèse enchantée quand brusquement éclate la 3ème guerre mondiale. En effet une bombe nucléaire explose à Londres marquant le début d’un bouleversement pour ses enfants que des soldats vont séparer en les envoyant dans un camp. Daisy et Piper, sont emmenées dans un camp alors que les deux garçons, Isaac et Eddie, dans un autre, les filles se libèrent et jurent de tout faire pour retrouver les garçons.

A partir de ce moment, le ton du film change pour devenir très proche de celui des Fils de l’homme ou de La Route, les protagonistes deviennent les témoins de la troisième guerre mondiale dans une atmosphère réaliste, par petite touche, sans en rajouter cette catastrophe devient une partie intégrante du récit. C’est là que l’on se rend compte que le cinéaste Kevin Macdonald maitrise la construction des univers, l’angoisse, le caractère glaçant, lugubre est peint avec maestria. Les conséquences de l’horreur se traduisent pas des séquences comme celle du nuage de poussière, les comprimés qui doivent être utilisés pour désinfecter toute l’eau potable…Une immersion naturelle, sans montrer de grands combats, les sentiments provoqués chez le spectateur devant cette violence est d’autant plus angoissante, un réalisme d’une justesse incroyable qui prouve que l’on peut faire des films post-apocalyptiques sans avoir besoin d’en rajouter.

La guerre est filmée comme une ombre menaçante, d’images aux couleurs saturées, on passe dans la seconde moitié à des couleurs plus sombres…La vision du conteur Kevin Macdonald consiste à utiliser le cadre d’une monde post-apocalyptique, pour narrer un parcours initiatique, en articulant son film autour de la fragile Daisy Piper.

How I Live Now est récit filmé comme un road movie initiatique sur l’enfance/ l’adolescence d’une sombre poésie, sans concession, audacieux, même si de grosses zone d’ombres existent dans le scénario, notamment concernant les attaques soudaine, ce long métrage est une réflexion sur notre monde, une métaphore passée par l’amplificateur de la 3ème guerre mondiale.

Un beau film étrange, mélancolique porté par un casting délivrant une prestation plus que convaincante, une photographie léchée et une belle bande originale avec notamment des chansons du groupe de folk rock Fairport Convention, Daughter ou encore Natasha Kahnaka Bat For Lashes, une musique qui tel un écho enveloppe l’ambiance onirique et cruelle de ce film..

Synopsis : Daisy, une adolescente new-yorkaise, passe pour la première fois ses vacances chez ses cousins dans la campagne anglaise. Rires, jeux, premiers émois… Une parenthèse enchantée qui va brutalement se refermer quand éclate sur cette lande de rêve la Troisième Guerre Mondiale…Pour son onzième long métrage, Kevin McDonald, et après le succès du film Le Dernier Roi d’Ecosse adapte le roman  de Meg Rosoff, « How I Live Now », traduit en français par  « Maintenant c’est ma vie ».

Fiche technique : How I live Now

Titre français : Maintenant c’est ma vie
Titre original : How I Live Now
Réalisateur : Kevin Macdonald
Scénario : Jeremy Brock, Tony Grisoni
Casting : Saoirse Ronan: Daisy, George MacKay: Eddie, Tom Holland: Isaac, Anna Chancellor: Aunt Penn, Danny McEvoy: Joe, Jonathan Rugman: journaliste, Darren Morfitt: Sergent, Anna Chancellor: Tante Penn
Genre : Action, Drame, Science fiction
Durée : 1h46
Sortie en salle : 12 Mars 2014
Nationalité : Britannique
Musique : Jon Hopkins
Photographie : Franz Lustig
Montage : Jinx Godfrey
Décors : Jacqueline Abrahams

 

True Detective : Une musique grandiose pour une série phénoménale

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True Detective saison 1 : Chronique musicale d’une série phénomène

A l’origine du projet de la série True Detective, il y a un jeune écrivain Nic Pizzolatto (embauché par AMC pour écrire plusieurs épisodes de The Killing), auteur d’un recueil de nouvelles The Atlantic Monthly, Ghost-Birds et Between here and the yellow sea et d’un premier roman Galveston, encensé par la critique et distingué en France par le prix du meilleur roman étranger en 2011. Un écrivain talentueux, dans la lignée d’un James Ellroy, capable de créer de mettre en image non seulement une atmosphère mais aussi de dévoiler les ténèbres de l’âme des hommes dans ceux qu’elle a de plus violent.

True Detective est un véritable chef d’œuvre, lyrique, philosophique, et comme toute grande série digne de ce nom, la musique est toute aussi hallucinée que l’interprétation de Matthew McConaughey (fraîchement oscarisé pour son rôle dans Dallas Club Buyers) du détective Rust Cohle, alias « le percepteur ». Un inspecteur persuadé que « la conscience humaine est un écart tragique de la nature ». Face à lui, le génial Woody Harrelson incarne l’inspecteur Marty Hart, un père de famille en apparence, le modèle de l’américain moyen… Nos deux détectives tourmentés sont affectés sur une affaire de meurtre à caractère rituel. Une jeune prostituée est retrouvée dans un champ de cannes à sucres, mise en scène par le tueur nommé « The Yellow King » dans une position de prière et sur sa tête, une étrange couronne de bois de cerfs…
Réalisé par Cary Fukunaga s’ouvre sur un générique de toute beauté un titre du groupe The Handsome Family intitulé «Far From Any Road» (extrait de l’album Singing Bones)

C’est au musicien compositeur producteur T-Bone Burnett récompensé d’un Academy Award pour la meilleure chanson originale « The Weary Kind (Theme from Crazy Heart)» à qui revient la charge de superviser le choix musical sur la série True Detective. Une musique à la hauteur de la profondeur des caractères, évoquant un monde rempli de ténèbres avec ses chants funèbres, des ballades entêtantes, des musiques folks à l’état brut de John Lee Hooker, Blind Uncle Gaspard et CJ Johnson. Tout au long de cette première saison épique, dont le 8ème épisode, le final est diffusé ce soir sur HBO ce dimanche 9 mars 2014, la musique a été un de ses ingrédients remarquables accompagnant avec maestria nos deux détectives dans une Louisiane moite au rythme des bayous.Commençons par découvrir les pépites musicales du premier épisode.

Episode 1 The long bright dark

Young Men Dead – The Black Angels, un groupe dont des chansons ont été reprises pour la série Californication.

Episode 2Seeing Things

« Train Song » par Vashti Bunyan accompagne la scène ou Cohle et Hart découvre la fresque peinte dans l’église ou encore Steve Earle avec Meet Me InThe Alley.

Episode 3 The Locked Room

Does My Ring Burn Your Finger par Buddy Miller.

Episode 4Who Goes There

A History of Bad Men par Melvins diffusé lors de la scène ou Rust entre dans un bar de motards, du métal brut à plein volume hurle pendant que les voyous s’amusent dans une piscine, un son animal…Honey Bee (Let’s Fly to Mars) – Grinderman, la bande de Nick Cave éclate lors de la finale grandiose de l’épisode 4, un fabuleux plan de six minutes, certainement l’une des meilleures scènes jamais vu dans une série.

Episode 5 The Secret Fate of All Life

Clear Spot par Captain Beefheart, ce musicien est considéré comme l’un des plus grands musiciens de tous les temps, et sa chanson « Clear Spot » fonctionne parfaitement dans une scène où Rust Cohle passe au crible les photos de femmes assassinées pour son enquête. Bosnian Rainbows – Eli est une autre composition qui vaut la peine d’être écouté sur cet inoubliable épisode.

Episode 6 – Haunted Houses 

   

Kingdom of Heaven par The 13th Floor Elevators ou encore Cassandra Wilson – Sign of the Judgement qui clôture l’épisode 6 de True Detective. Signalons également la présence d’une vraie chanson d’amour loin des niaiseries habituelles interprétée par Father John Misty : Every Man Needs a Companion.

Episode 7 After You’ve Gone

Lors de la scène ou Maggie apparaît soudain dans le bar ou Rust travaille, on peut entendre Did she jump or was she pushed par Richard et Linda Thompson. Pour le final de l’épisode 7, quand la caméra surplombe un cimetière, la voix d’un chanteur au destin tragique, Townes Van Zandt, avec Lungs dont voici les paroles, une musique à découvrir…

Paroles : « Well, won’t you lend your lungs to me? Mine are collapsing Plant my feet and bitterly breathe Up the time that’s passing. Breath I’ll take and breath I’ll give Pray the day ain’t poison Stand among the ones that live In lonely indecision. Fingers walk the darkness down Mind is on the midnight. Gather up the gold you’ve found You fool, it’s only moonlight. If you try to take it home. Your hands will turn to butter. You better leave this dream alone. Try to find another. Salvation sat and crossed herself Called the devil partner Wisdom burned upon a shelf Who’ll kill the raging cancer. Seal the river at its mouth Take the water prisoner. Fill the sky with screams and cries Bathe in fiery answers Jesus was an only son And love his only concept. Strangers cry in foreign tongues And dirty up the doorstep And I for one, and you for two Ai’nt got the time for outside Just keep your injured looks to you We’ll tell the world we tried »

Une série qui sort des sentiers battus, comme sa musique, un choix qui devrait faire réfléchir les entreprises de l’Entertainment adepte d’une culture bas de gamme et d’uniformisation…La chronique musicale se termine sur le chapitre 8 Form and Void ce qui est bien sûr la façon dont le livre de la Genèse commence And the earth was without form, and void; and darkness was upon the face of the deep. Traduit en français par La terre était sans forme (ou chaos) et vide et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme, et l’Esprit de Dieu se mouvait (ou planait) sur la surface des eaux

True Detective, découvrez une vidéo de l’épisode 8 final, de la saison 1

La saison 2 ne verra ni les mêmes acteurs ni le même réalisateur, comme pour House of Cards, American Horror History afin de garder une qualité constante. Nic Pizzolatto est déjà entrain d’écrire le second opus, qui espérons le sera aussi bon que le premier même si la deuxième saison ne verra pas Matthew McConaughey et Woody Harrelson. Pour plus d’information sur le visuel,  le graphisme de la série vous pouvez consulter le site spécialisé Art of the Title

Broadchurch le final sur France 2 et Une saison 2 en route

Broadchurch le final sur France 2

Véritable succès dans le monde entier près de 9 millions de téléspectateurs en Grande-Bretagne, la série Broadchurch s’est achevée lundi soir sur France 2 après avoir captivé plus de 6,5 millions de téléspectateurs français pour son final. Une saison 2 a été déjà commandée par la chaîne anglaise ITV. Un synopsis en apparence simple : un enfant Danny Latimer est retrouvé mort au pied d’une falaise. Mais dès les premières minutes, on est happé par une ambiance digne d’un roman d’Agatha Christie ou encore de Sir Arthur Conan Doyle.

Créée par Chris Chibnall, (Torchwood), cette série britannique prouve une nouvelle fois la supériorité des anglais face aux américains, sans rebondissements sans queue ni tête toutes les minutes comme dans la série The Following, Broadchurch prend en compte les personnages, le point de vue des enquêteurs, de la famille de la victime, des riverains…

Une série aux dialogues finement écrits, porté par un casting crédible David Tennant (un des fameux Doctor Who) est vraiment excellent dans le rôle de l’inspecteur Alec Hardy, il forme un très bon duo avec Olivia Colman, l’officier locale, Ellie Miller. Un engouement qui s’explique, Broadchurch raconte une histoire plausible, réaliste avec de vraies émotions humaines et une intrigue réelle, les petits secrets se révèlent peu à peu dans ce comté de Dorset aux paysages bucoliques.

Il y a du « Twin Peaks » indiscutablement même si la véritable force de la série est le scénario révélant par petite touche les vies de ses personnages croisées dans cette petite ville côtière. Au final, un polar « atmosphérique » parfaitement maîtrisé, visuellement très beau et poétique avec un vrai dénouement qui répond aux questions que l’on se pose.

Synopsis : Une petite communauté se retrouve sous les projecteurs des médias après la mort d’un petit garçon. Deux enquêteurs sont chargés de résoudre cette affaire délicate, tout en essayant de garder la presse à distance et de préserver le tourisme. Face à un tel drame, les habitants commencent à s’épier les uns les autres, faisant remonter à la surface bien des secrets…

Une saison 2 en route

Pour information, une saison 2 est programmée avec l’actrice Olivia Colman dans le rôle de l’inspecteur Ellie Miller, par contre David Tennant, qui interprète son collègue Alec Hardy, pourrait ne pas être de la partie. « Je ne sais pas encore si je reviendrai dans la deuxième saison de Broadchurch » a confié le comédien à Entertainment weekly.

En effet la chaîne Fox prépare un remake américain, Gracepoint, avec David Tennant qui tiendra son propre rôle, Emmett Carver, (Breaking Bad ) va jouer le rôle du détective Ellie Miller.

 

300 : La Naissance d’un Empire de Noam Murro : Critique du film

300 : La Naissance d’un Empire, un Peplum maritime

We are Sparta ! : c’est la petite phrase qui nous est restée après avoir vu le film de de Zack Snyder, 300 sortit le 21 mars 2007 sur nos écrans, film qui révéla l’acteur l’acteur Gerard Butler. La suite de l’adaptation du roman graphique de Frank Miller, 300 : la naissance d’un Empire n’est ni une suite ni un prequel, l’action se passe en même temps que 300. Alors que 300 spartiates résistent à l’armée Perse aux Thermopyles,la résistance de l’armée athénienne dirigée par Thémistocle (Sullivan Stapleton) affronte Artemisia (Eva Green), la Générale suprême de la marine orientale.

Cette suite réalisée par Noam Murro (Smart People, une comédie avec Sarah Jessica Parker), introduit l’australien Sullivan Stapleton (vu dans Gangster Squad) dans le rôle du général Thémistocle. Bien que n’ayant pas la profondeur, les valeurs qui ont constitués l’intérêt du 300 originel, le film assure malgré tout le spectacle avec des scènes de violence glorieuse poétisée et nous embarquent sur les eaux tumultueuses pour des combats en mer entre flottes antiques.

Remplacer Snyder dans le siège du réalisateur, occupé ces derniers temps par un autre homme à cape n’est pas une tache aisée, on pouvait faire craindre le pire pour ce second opus. Pourtant 300 : La naissance d’un Empire film reste dans la même lignée, les mêmes codes, des giclées de sang à haute dose, et des ralentis trop souvent mis à contribution surtout si on n’aime pas ce genre d’effets.

Les scènes de combats sont assez spectaculaires, c’est brutal même si Noam Murro n’a pas le sens artistique philosophique du réalisateur des Watchmen. Il faut bien le dire, 300 était servi par un bon scénario et porté par un Léonidas exceptionnel, un spartiate au charisme intense. Stapleton par contre (Animal Kingdom, Strike Back) bien qu’excellent guerrier, téméraire, son jeu n’arrive pas à encore transmettre cet héroïsme, ni à faire oublier les fameux cries de guerre mythique de Léonidas, ce grain de folie qui faisait tout le charme du premier volet.

Malgré quelques scènes épiques de combats maritimes titanesques, la présence d’Éva Green incarnant une Artemisia ambiguë, fragile aussi redoutable que vénéneuse, une 3D est assez bien exploitée…300: Rise of an Empire aurait gagné à mettre un peu moins d’hémoglobine et autres éviscérations pour laisser un peu plus de place à la vision de la démocratie grecque. De plus il aurait peut être été plus approprié d’utiliser la technique d’incrustation permettant de restituer l’imagerie de la bande dessinée de Frank Miller.

Ce sidequel laisse une impression mitigée, il lui manque une âme, de la force émotionnelle, comme souvent dans les blockbusters américains, ceux qui tuent c’est la faiblesse du scénario que l’on tente de compenser en multipliant les effets spéciaux. Néanmoins, l’imagerie est plutôt belle, froide mais stylisée, les couleurs bleutés teintés de tons noirs tranche par au rapport au premier volet et son duo Or/Rouge et la bande son signé 3/3 Junkye XL est assez bien réussie.

En attendant la suite, 300 : la naissance d’un Empire reste un assez bon divertissement, si vous aimez les beaux muscles, les combats dantesques, les giclées de sang et Eva Green, c’est un film à voir pour se détendre et puis il y a une scène de sexe entre Artemisia et Themistokles plutôt comique au final.

Synopsis : En l’an 490 avant J.C., les troupes athéniennes doivent contrer les attaques de l’empire Perse. Une grande bataille se prépare. Non loin d’Athènes, à 42 km au nord, Marathon est l’un des derniers remparts protégeant la grande Athènes. Les Perses sont nombreux, beaucoup plus nombreux que les Athéniens, qui vont devoir faire appel aux Spartiates pour les aider.

Fiche technique : 300 : La naissance d’un Empire

Titre original : 300: Rise of an Empire
Réalisateur : Noam Murro
Scénaristes : Zack Snyder, Kurt Johnstad, basé sur le roman graphique de Frank Miller Xerxès
Casting : Sullivan Stapleton (Thémistocle), Eva Green (Artemisia), Lena Headey (Reine Gorgo), Hans Matheson (Aesyklos), Rodrigo Santoro (Xerxès), Callan Mulvey (Scyllias)…
Date de sortie en salles : 5 Mars 2014
Genre : Peplum, Action
Producteurs : Gianni Nunnari, Mark Canton, Zack Snyder, Bernie Goldman
Producteurs exécutifs : Thomas Tull, Frank Miller, Stephen Jones, Craig J. Flores, Jon Jashni
Directeur de la photographie : Simon Duggan
Budget : 65 millions de dollars
Musique : Junkie XL
Effets visuels : Richard Hollander, John ‘DJ’ Desjardin

Diplomatie de Volker Schlöndorff : Critique du film

Diplomatie de Volker Schlöndorff : Huis clos nocturne

Adapté de la pièce de théâtre éponyme, de Cyril Gély, réalisé par l’allemand Volker Schlöndorff, auteur du Tambour, Palme d’or en 1979 ex-æquo avec Apocalypse Now, de La mer à l’aube (2011) qui retraçait les derniers jours de Guy Mocquet, Volker Schlöndorff revient avec Diplomatie, présenté à la Berlinale 2014. Diplomatie narre le face à face de deux stratèges, un militaire face à civil, un huis clos qui se tint à Paris, dans une suite Von Choltitz dans l’hôtel Meurisse, la nuit du 24 au 25 août 1944. Dans le rôle du Von Choltitz on retrouve Niels Arestrup, ce dernier avait remporté le César du Meilleur acteur dans un second rôle pour « Quai d’Orsay », aux côtés d’André Dussollier dans le rôle du consul Raoul Nordling.

Lorsque le jeu d’échec commence entre le général Dietrich Von Choltiz et le consul suédois Raoul Nordling, ce dernier lui pose une question «Quel homme êtes-vous donc ?» Une question d’éthique intéressante, entre obéir à sa hiérarchie, suivre une idéologie au détriment de son honneur, de son propre pouvoir de choix. Une question posée à tous depuis l’aube des temps, obéir aveuglement aux ordres même si ces derniers ont pour conséquences plus de destructions que de créations où savoir dire non, refuser d’aller dans une direction et cela même si la conséquence pour soi même est d’être clouer au pilori.

Diplomatie est le genre de film bien plus profond qu’il n’y parait, l’utilisation de la guerre comme cadre permet de visualiser les conséquences de ses propres actes, de ses propres choix de manière bien plus dramatique, qu’un bureau dans une multinationale, une salle de bourse, où encore un bureau politique. Pourtant la question reste la même «Quel homme êtes-vous donc ?»

Un huis clos nocturne sous tension mené par deux monstres sacrés, le réalisateur du Tambour construit un véritable thriller psychologique où le choix des mots est déterminant. Une véritable partie d’échec, chaque pion est avancé dans un seul but, amener le général à prendre conscience de son pouvoir de choix en dépit des menaces et des peurs. Diplomatie est prenant grâce à un duo au somment, l’interprétation du général par Niels Arestrup est charismatique et Dussolier apporte au consul un ton calme, grave, une attitude subtile et élégante…

On assiste à un véritable duel, entre tacticiens aux verbes flamboyants, dans un décor magnifique, soulignons le travail des décorateurs à cette occasion, on se croirait vraiment en 1945, les détails comme ce vieux téléphone, les livres, les cartes plonge dans une ambiance 2nd Empire. Un film à voir, une interprétation brillante alliée aux plaisirs d’entendre des dialogues intelligents, un véritable hommage à la diplomatie quant elle sert un noble objectif…

Synopsis : La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d’Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d’une longue lignée de militaires prussiens, le général n’a jamais eu d’hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C’est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu’il gravit l’escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l’hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel … – sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l’ordre de destruction.

Fiche Technique : Diplomatie

Réalisation : Volker Schlöndorff
Scénario : Cyril Gely, Volker Schlöndorff
Interprétation : André Dussollier (consul Raoul Nordling), Niels Arestrup (Gén. Dietrich von Choltitz), Burghart Klaussner (Cpt. Ebernach), Robert Stadlober (Lt Bressensdorf), Charlie Nelson (le concierge), Jean-Marc Roulot (Jacques Lanvin), Stefan Wilkening (Cpl Mayer), Thomas Arnold (Lt Hegger)…
D’après : la pièce homonyme de : Cyril Gely
Genre : Historique, Drame
Nationalité : Français, allemand
Sortie en salle : 5 mars 2014
Durée : 1h24
Directeur de la photographie : Michel Amathieu
Décorateur : Jacques Rouxel
Costumes : Mirjam Muschel
Ingénieur du son : Philippe Garnier, André Zacher, Olivier Dô Hùu
Montage : Virginie Bruant
Musique : Jörg Lemberg
Producteur : Marc de Bayser, Frank Le Wita, Sidonie Dumas, Francis Boespflug
Production : Film Oblige, Gaumont
Distribution : Gaumont Distribution

Note : La réalité historique montre qu’en effet, Nordling et von Choltitz ont bien eu des contacts, mais qu’il n’y jamais eu de négociations nocturnes pour décider du sort de Paris mais un dialogue pour aboutir à un cessez-le-feu et cela plusieurs jours avant l’ordre d’Hitler. Quant à la décision du général de ne pas exécuter cet ordre, elle reste officiellement une décision personnelle. Une plaque commémorative rappelle qui fut Raoul Nordling (1881-1962), «citoyen d’honneur de Paris, représentant d’un pays neutre durant la seconde guerre mondiale. Ses relations avec le commandant du Gross Paris, Dietrich von Choltitz, comme ses liens avec la Résistance, lui ont permis, le 17 août 1944, d’obtenir la libération de 3 245 prisonniers politiques. Il a œuvré tout au long de l’insurrection parisienne afin de limiter les destructions dans la capitale (…) ».

Dans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney (Saving Mr Banks) : critique du film

Dans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney (Saving Mr Banks), le making of d’une conteuse

Qui ne connait pas Mary Poppins, cette légendaire nurse aux pouvoirs magiques…Un classique du  cinéma, sortie en 1964, avec la grande Julie Andrews dans le rôle phare, aux côtés de Dick Van Dyke et David Tomlinson en tant que Mr. Banks. En revanche, peu de gens connaissent l’étonnante histoire pour parvenir à monter cette œuvre mythique et c’est ce que nous propose dans l’Ombre de Mary, c’est de nous narrer les tractations ardues entre l’auteure de Mary Poppins et le père de Mickey Mouse. Dans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney (Saving Mr Banks) conte la genèse de Mary Poppins, les résistances et critiques de Pamela Travers, auteur de Mary Poppins. Bien sur le long métrage n’offre pas une représentation exacte des événements, toutefois il se base sur les souvenirs de l’auteur-compositeur Richard Shermann, également consultant sur le film.

Il s’agit aussi d’une première pour la Walt Disney Company qui met en scène Walt Disney en tant que personnage principal. Pour incarner cette icone de l’animation, le talentueux Tom Hanks est un choix allant de soi, même si physiquement les deux hommes ne se ressemblent pas. Pour devenir le Maître de l’animation Tom Hanks s’approprie les mimiques, intonations et tics allant jusqu’à refaire les présentations de la fameuse émission Disneyland. Pour autant, on ne verra jamais Walt Disney fumer, alors qu’il était un gros fumeur, il est d’ailleurs mort d’un cancer du poumon, une règle imposée par la Walt Disney compagny édictée en 2007, elle bannit la cigarette de toutes les productions de la firme.

Dans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney est avant tout une fiction romancée, le long métrage retrace les deux semaines de relations houleuses entre les deux conteurs d’histoires. Le but du film réalisé par John Lee Hancock est de narrer une fiction basée sur des faits réels, de raconter l’histoire de Pamela Lyndon Travers de son vrai nom Helen Lyndon Goff. Une femme qui adorait son père, et c’est à travers les flashbacks sous forme de retours en arrière que l’on comprend qu’en réalité, la célèbre nurse Mary Poppins est un personnage crée pour sauver ce père mort trop tôt.

Saving Mr. Banks renvoie l’auteur à son propre passé, un beau film, même si la réalité est enjolivée. Un long métrage porté par un casting en or, Emma Thompson est incroyable, elle est P. L. Travers, cette femme britannique pince sans rire, rigide laissant transparaître une fragilité, une blessure, des sentiments que l’actrice communique avec brio aux spectateurs. Sa présence est si impressionnante qu’elle éclipse presque ceux qu’ils lui donnent la réplique. Collin Farell, livre un excellente performance dans le rôle de ce père perdu trop tôt, Travers Goff, le père de Pamela L.Travers, un homme adorant ses enfants, s’enfonçant peu à peu dans la dépression et l’alcool, un passé effleuré à travers de magnifiques flashbacks…

Mention spéciale aux comédiens Paul Giamatti, il incarne Ralph, un personnage fictif, le seul à dérider P.L. Travers, Bradley Whitford interprête le co-scénariste Don DaGradi, Michelle Arthur est la jeune secrétaire Polly, et les frères Sherman sont interprétés par Jason Schwartzman et  B.J. Novak, compositeurs de plusieurs chansons mythiques comme Merlin l’Enchanteur, Le Livre de la Jungle, Les AristochatsDans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney est une petite friandise parsemée de moments émouvants, drôle, un divertissement au charme indéniable.

Synopsis : Lorsque les filles de Walt Disney le supplient d’adapter au cinéma leur livre préféré, Mary Poppins, celui-ci leur fait une promesse… qu’il mettra vingt ans à tenir ! Dans sa quête pour obtenir les droits d’adaptation du roman, Walt Disney va se heurter à l’auteure, Pamela Lyndon Travers, femme têtue et ferme qui n’a aucunement l’intention de laisser son héroïne se faire malmener par la machine hollywoodienne. Mais quand les ventes du livre commencent à se raréfier et que l’argent vient à manquer, elle accepte à contrecœur de se rendre à Los Angeles pour entendre ce que Disney a imaginé. Dans l’ombre de Mary est le récit de ces deux semaines en 1961 où Walt Disney va se démener pour convaincre la romancière, armé de ses story-boards et des chansons composées par les talentueux frères Sherman… Petit à petit, il va découvrir ce qui angoisse et hante tant l’auteure au point de la rendre si inflexible…

Fiche Technique : Dans l’Ombre de Mary, la promesse de Walt Disney

Titre original : Saving Mr Banks
Réalisateur : John Lee Hancock
Casting : Tom Hanks (Walt Disney), Emma Thompson (Pamela Travers), Paul Giamatti (Ralph), Colin Farrell (Travers Goff), Jason Schwartzman (Morton Sherman), Bradley Whitford (DaGradi), Annie Buckley (Ginty), Ruth Wilson (Margaret), B.J. Novak (Robert Sherman), Rachel Griffiths (Tante Ellie)
Scénaristes : Kelly Marcel et Sue Smith
Nationalité : Américain, britannique et australien
Sortie en salles : 5 mars 2014
Nationalité : USA
Durée : 2h05
Budget : 35 millions dollars

Note de la rédaction CSM 2.5/5

Critique Cinéma : La grande aventure Lego, un film inventif et fun

Critique du film La grande aventure Lego

Après avoir fait une nouvelle adaptation osée mais réussie de 21 Jump Street, Phil Lord et Chris Miller réalisent un film d’animation où tout un univers est consacré aux célèbres briques de construction, ces petits légos avec lesquels nous nous sommes amusés tous à un moment ou autre dans notre enfance.

« Everything is awesome »

Le héros est une figurine nommé Emmet (Chris Pratt) qui vit dans une dystopie conformiste tout sourire, où la population suit un manuel d’instruction, un monde genre Big Brother, reflet de notre société, avec un peuple endormi et obéissant grâce aux émissions de télévision: une pique satirique lancée aux entreprises marketing-médias du divertissement, tendance « on vous contrôle l’esprit ».

Notre petit légo respectueux des lois, Emmet touche une sorte de pierre qui fait de lui l’élu d’une prophétie qui annonce qu’il sera celui qui sauvera le monde de la menace d’une arme terrible, qu’un puissant mégalomane nommé Président Business (Lord Business en anglais) veut employer pour détruire le monde. Accompagné d’autres personnages devenus des résistants à ce régime, il lui faudra néanmoins être formé par les « maîtres constructeurs » qui peuvent construire des choses à leur guise et de la façon qu’ils veulent.

Lego the movie est un rêve de geek, un énorme coffre au trésor de la pop culture, sans parler d’une mise en scène qui donne l’impression de voir un film en stop motion (animation image par image), il faut dire que près de 15 millions de pièces ont été nécessaires afin de donner vie à cet univers tout en légos. Un film survitaminé, regorgeant d’une telle inventivité qu’il est capable de faire pâlir les derniers Pixar ou Dreamworks, un rythme endiablé, enchaînant les caméos, bourré d’humour et de références cinématographiques (Dune, Terminator,  Matrix, Batman, Inception, Seigneurs des anneaux, Star wars…) etc…

Un univers décalé, farfelu, fun. On pourrait d’ailleurs penser que le scénario est fait pour les enfants de 8 ans mais il n’est pas aussi basique que l’on s’imagine, tous les Maîtres Constructeurs sont des esprits créatifs, doués de spontanéité, une faculté honnie par le Président Business, alias Lord Business, obsédé par la mise en place d’un univers bâti selon ses propres codes. Une autre pique lancée à notre société rentrée dans l’ère de l’uniformisation des esprits et rejetant avec beaucoup de malice toutes les pièces non formatées. 

La grande aventure Lego : bande-annonce

La Grande Aventure Lego est un divertissement aussi bien pour les grands que pour les petits. Le rythme est totalement déjanté, ça défile à une vitesse folle. Une comédie burlesque démente, notamment la scène dans laquelle Batman, Gandalf, Dumbledore, Abraham Lincoln, Superman, Green Lantern, Wonder Woman et bien d’autres font littéralement une rave party dans les nuages…

Outre les nombreux rebondissements totalement inattendus, la plongée immersive dans les mondes Lego, le twist final, vous sortirez de la salle de cinéma en chantant l’hymne phare du film : « Everything is awesome ! Everything is cool when you’re part of the team »… » Enfin, au delà du fond commercial, le film délivre un message d’imagination et de créativité, un film familial bien mené et de qualité, dont la suite est annoncée officiellement pour 2017.

Synopsis : Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l’on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d’autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote. Mais le pauvre Emmet n’est absolument pas prêt à relever un tel défi !  

 Fiche technique : La Grande Aventure Lego

Titre original : The Lego Movie
Réalisation : Chris Miller, Phil Lord
Scénario : Dan Hageman, Kevin Hageman, Phil Lord, Chris Miller
Interprétation : Chris Pratt (Emmet), Will Arnett (Batman), Morgan Freeman (Vitruvius), Elizabeth Banks (Cool-Tag), Will Ferrell (Lord Business), Charlie Day (Benny), Channing Tatum (Superman), Jonah Hill (Green Lantern)
Sortie en salles : 19 février 2014
Durée : 1h40
Genre : Animation
Directeur de la photographie : Pablo Plaisted
Montage : David Burrows, Chris McKay
Musique : Mark Mothersbaugh
Budget :60 000 000 $
Producteur : Dan Lin, Roy Lee
Production : Animal Logic, Lin Pictures, Vertigo Entertainment, Warner Bros
Distribution : Warner Bros France

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson : critique du film

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The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson : Univers enchanteur pour un jeu de poupées russes

Le cinéaste dandy Wes Anderson (La Famille Tenenbaum, La Vie aquatique, Fantastic Mr. Fox …) nous replonge dans son univers coloré et burlesque, deux ans après le très esthétique Moonrise Kingdom. Récompensé par un Ours d’Argent lors du tout récent festival du film de Berlin, après en avoir fait l’ouverture, The Grand Budapest Hotel sort dans nos salles de cinéma en France. Un long métrage poétique et drôle dont le scénario s’inspire de Stefan Zweig pour créer un pays fictif d’Europe Central nommé Zubrowska.

L’histoire commence en 68, dans un hôtel désert. Le vieux propriétaire, Zero Moustafa F. incarné par Murray Abraham, raconte son histoire à un client, un écrivain incarné par Jude Law.

Il lui narre les aventures vécues par le concierge Gustave H. (magnifiquement incarné par Ralph Fiennes) et le groom débutant Zero Moustafa (Tony Revolori, « Zero » plus jeune), de ce grand palace alpin, The Grand Budapest Hotel, pendant l’entre-deux-guerres. Dans ce pays fictif de la Mitteleuropa, le concierge chic aux goûts prononcés pour un parfum capiteux « L’air de panache » et les anciennes ladies, apprend la mort de l’une de conquêtes l’extravagante Madame D. (Tilda Swinton). Suspectant une mort fort peu naturelle, Monsieur Gustave le concierge prestigieux à l’aide de son groom rebaptisé « Zero » se lance dans une recherche de la vérité. Théâtre d’une aventure d’héritage rocambolesque, l’hôtel aux couleurs acidulés semble construit pas un démiurge possédé par un esthétisme succulent.

Cette comédie noire façon whodunit, se déploie comme un jeu de poupées russes, construite en couches temporelles, comme une succession de récits enchâssés à la façon de Stefan Zweig qu’elle mentionne à la fin comme source d’inspiration, un procédé permettant de passer d’une époque à une autre grâce à l’utilisation de trois échelles de cadre, le standard, le panavision et le scope.

L’utilisation du format cinéma 1.37 met en valeur une image très graphique avec ses décors aux textures de carton pâte et aux couleurs pastel, avec des pointes de teintes rouge vif. Dans cet univers surréaliste au tempo très rapide, pointe pour la première fois des piques grinçantes et un rappel de l’histoire en arrière-plan avec les ZZ en lieu et place des SS qui s’apprêtent à prendre le pouvoir.

Néanmoins, The Grand Budapest Hotel est avant tout un voyage dans un monde de fantaisie burlesque avec des scènes d’une rare virtuosité et de grands moments d’humour comme la scène des 3 coups de poings. Un petit bijou à l’imagerie cartoonesque avec des stars à foison Willem Dafoe, Harvey Keitel, Bill Murray, Mathieu Amalric, Jeff Goldblum, Saoirse Ronan, Tom Wilkinson, Owen Wilson, Léa Seydoux, Adrien Brody pour n’en citer que quelques uns.

The Grand Budapest Hotel n’est pas juste garni d’une pléiade d’acteurs talentueux, c’est surtout une plongée dans un monde de merveilles, une pâtisserie kitsch composée d’ingrédients fantasques, à la fois sucrée et amère, avec au commande le magicien Wes Anderson, accompagné d’une partition qui swingue signée Desplat.

The Grand Budapest Hotel : Bande-annonce

Synopsis : Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au cœur de la vieille Europe en pleine mutation.

Fiche technique : The Grand Budapest Hotel

Titre original : The Grand Budapest Hotel
Nationalité : États-Unis
Réalisation : Wes Anderson
Scénario : Wes Anderson (avec la collaboration de Hugo Guinness)
Interprétation : Ralph Fiennes (M. Gustave), F. Murray Abraham (Moustafa Zero), Mathieu Amalric (Serge X.), Adrien Brody (Dmitri), Willem Dafoe (Jopling), Jeff Goldblum (Kovacs), Harvey Keitel (Ludwig), Jude Law (le jeune écrivain), Tony Revolori (Zero jeune), Bill Murray (M. Ivans), Edward Norton (Henckels), Saoirse Ronan (Agatha), Jason Schwartzman (M. Jean Jason), Léa Seydoux (Clotilde), Tilda Swinton (Madame D.), Tom Wilkinson (l’auteur), Owen Wilson (M. Chuck)…
Genre : Comédie, Drame
Sortie en salles : 26 février 2014
Durée : 1h40
Directeur de la photographie : Robert D. Yeoman
Décorateur : Josef Brandl
Costumes : Milena Canonero
Ingénieur du son : Pawel Wdowczak
Montage : Barney Pilling
Musique : Alexandre Desplat
Producteur : Jeremy Dawson, Scott Rudin, Steven M. Rales et Wes Anderson
Production : American Empirical Pictures
Distribution : Twentieth Century Fox France

Comme une Poupée, un court-métrage de Joseph Catté

Like a Doll – Comme une Poupée

Librement adapté de la pièce « Bataille Intime » de Roland Topor, « Comme une poupée » est un court-métrage mêlant horreur et fantastique, il met en scène la lutte sanglante d’une jeune femme contre une mystérieuse entité masculine. Entièrement auto-produit, ce court-métrage de bonne facture est réalisé par un Parisien d’origine et Montpelliérain d’adoption.

Joseph-Catte-realisateurJoseph Catté est un jeune réalisateur qui considère que l’image et la musique sont  deux ingrédients intimement liés, capables de véhiculer une émotion brute au spectateur. Influencé par des artistes aux univers variés comme Danny BoyleJames Gunn ou encore Emir Kusturica, il tente toujours de mettre l’accent sur l’aspect dynamique de son travail en s’appuyant sur une mise-en-scène et un montage vitaminé.

Attiré par l’aspect visuel des grandes productions américaines, il décide rapidement d’étudier les effets-spéciaux pour mettre un pied dans cette « usine à rêves ». En 2008, il intègre alors l’école ArtFX deMontpellier. Il y développe son regard, sa culture de l’image et se spécialise en compositing, atout non-négligeable dans son désir de cinéma live.

En 2012, Joseph Catté supervise le projet Get Wild !, court-métrage de fin d’études réalisé avec Valentin AstierOlivia Leonetti et Geoffrey Vattan. Ce clip de 4 minutes, racontant le voyage d’un employé de bureau jusque dans les folles années 60, lui permettra de créer des effets-visuels déjantés sur fond de surf-music et réunira plusieurs codes caractéristiques de son style : du rythme, des couleurs et des visuels impactants !

Aujourd’hui, Joseph est revenu en région parisienne où il travaille en tant que graphiste dans des entreprises d’effets-spéciaux, tout en développant plusieurs projets de clips et de courts-métrages. Depuis, Get Wild ! il a concouru dans plusieurs festivals et a même été acheté par Canal+. ,

L’article sur le parcours de Joseph Catté est inspiré par le site wegotalent.com

Fiche Technique : Comme une poupée

Réalisateur : Joseph Catté
Scénariste : Joseph Catté (d’après la pièce « Bataille Intime » de Roland Topor »)
Actrice : Pauline Helly
Assistants Tournage : Valentin Astier et Marine Avenel
Caméras : Canon 5DMkII et Canon 6D

Vous pouvez voir le court-métrage « Comme une Poupée » sur Vimeo https://vimeo.com/87455310 et allez sur la page Facebook : https://www.facebook.com/likeadollmovie de ce jeune réalisateur à suivre…

Non-Stop de Jaume Collet-Serra : Critique du film

Non-Stop de Jaume Collet-Serra, 146 passagers, 146 suspects

Après « Sans identité » Liam Neeson retrouve le réalisateur (EstherLa maison de l’horreur) Jaume Collet-Serra où il interprète le rôle d’un agent de Police de l’air, Bill Marks, un policier meurtri par le décès de sa fille, alcoolique, qui embarque à bord d’un long courrier bondé de passagers, 146 plus exactement. Durant le vol, il reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et qui assure pouvoir assassiner un passager toutes les 20 minutes si on ne lui verse pas 150 millions de dollars.

Le pitch est à priori simple mais il est plutôt bien exploité, Jaume Collet-Serra construit un thriller solide, multipliant les suspects et les rebondissements. Un jeu de piste où tout le monde est suspect jusqu’au denier moment. Non-Stop est habillement mis en scène, le huis clos est mis à profit, en jouant avec la perspective et les gros plans, le réalisateur injecte une ambiance de paranoïa palpable.

Malgré un scénario comportant quelques invraisemblables, Non-Stop est un thriller bien huilé, divertissant, à la hauteur des attentes des amateurs du genre. Mise à part la pauvreté des dialogues, la réalisation reste honnête pour ce genre de film d’action. A noter, l’utilisation ingénieuse des conversations SMS.

Non-Stop est porté par un casting à la hauteur, Liam Neeson livre une bonne prestation, il incarne parfaitement l’anti-héros fatigué, au passé trouble et Julianne Moore est toujours aussi charmante.

Synopsis : Alors qu’il est en plein vol, un Marshall reçoit des SMS d’un inconnu qui dit être à bord et vouloir assassiner un passager toutes les 20 minutes s’il ne reçoit pas 150 millions de dollars.

Fiche Technique : Non-Stop

Réalisation : Jaume Collet-Serra
Scénario: Ryan Engle, John W. Richardson, Chris Roach
Interprétation : Liam Neeson (Bill Marks), Julianne Moore (Jen Summers), Michelle Dockery (Nancy), Scoot McNairy (Tom Bowen), Nate Parker (Zach White), Corey Stoll (Austin), Lupita Nyong’o (Gwen), Omar Metwally (Dr. Fahim Nasir)…
Genre : Thriller
Sortie en salles : 26 mars 2014
Durée : 1h46
Directeur de la photographie : Flavio Martínez Labiano
Costumes : Catherine Marie Thomas
Montage : Jim May
Musique : John Ottman
Producteur : Joel Silver, Andrew Rona, Alex Heineman
Production : Universal Pictures, StudioCanal, Silver Pictures
Distribution : StudioCanal